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22 Jun 15:36

Quack1 : Pourquoi écrire en Markdown ?

by Quack1

Depuis quelques temps, je parle beaucoup de Markdown, de l'utilisation que j'en ai et des outils que j'utilise, mais jamais des raisons de cette utilisation. Je vais essayer de lister ici les quelques raisons qui me font utiliser Markdown au quotidien, et quelques pistes si vous voulez vous y mettre ! :)

J'ai d'abord choisi d'écrire en Markdown, un peu par obligation. Quand j'ai migré le blog sur Pelican il y a presque un an, je me suis retrouvé à écrire tous mes billets en Markdown1. Et c'est petit à petit que je me suis mis à ne trouver que — ou presque — des avantages au Markdown.

D'abord, il est super léger, et ne nécessite qu'un simple éditeur de texte. Les fichiers sont écrits en simple texte, en donc ne nécessite pas d'installer un quelconque logiciel supplémentaire sur son ordinateur (pas besoin de Microsoft Office, de LibreOffice, ou iWorks). À ma connaissance, tous les OS d'aujourd'hui disposent, en natif après l'installation, d'un éditeur de texte. Donc on peut écrite en Markdown sur tous les OS, sans rien installer. Même Windows a le Bloc-Notes !

L'avantage d'utiliser Markdown, c'est de posséder une syntaxe claire et légère pour définir la mise en forme. Par exemple, pour écrire une portion de texte en gras, il suffit de l'entourer de deux symboles * ou de deux _. Exemple : J'aime **beaucoup** les Kinder devient « J'aime beaucoup les Kinder ». Pour mettre du texte en italique, il suffit d'un seul de ces symboles (_bonjour_ devient « bonjour »).

On peut aussi écrire des listes en commençant les lignes par des tirets, faire des citations, des liens hypertextes, etc...

L'avantage d'une syntaxe aussi légère est — à mon avis — double :

  • Le fichier Markdown est lisible tel quel. En quelques minutes, vous êtes déjà habitué à comprendre que du texte entouré de deux étoiles est important, car en gras, que les lignes débutant par des tirets forment une liste, etc... Si vous ne me croyez pas, reprenez la capture d'écran du bloc-notes Windows un peu plus haut. Le texte est parfaitement lisible, même sans mise en forme2.
  • Ensuite, on peut écrire du Markdown, avec de la mise en forme, n'importe où. Vous êtes devant un ordi, ouvrez un éditeur de texte. En voiture, dans le bus, le métro, sans PC, pas de souci ! Envoyez vous un sms, un mail, créez une note dans Evernote ou autre, et vous n'aurez à faire qu'un copier-coller une fois rentré chez vous pour retrouver votre texte, parfaitement mis en forme3.

Je trouve qu'un des principaux avantages du Markdown est justement ici : ne pas avoir à se soucier de la forme. Combien de fois est ce que vous avez fini des rapports ou des présentations parce que vous avez passé 80% du temps à mettre en forme trois phrases, pour vous rendre compte, après coup, que vous devez tout refaire parce que le contenu est trop grand/large/différent ? Avec Markdown, vous pouvez vous contrefoutre de la forme. Le plus important c'est ce que vous dites, c'est le contenu. Le reste, c'est du pipeau pour se donner un genre parce qu'on sort un document tout beau tout propre. Alors qu'au final, la forme, on s'en branle un peu, le plus important c'est ce qu'on met dedans.

Pour la petite histoire, j'ai des collègues qui pensent que, si vous leur passez un Word ou un PowerPoint « de travail » avec du texte noir sur fond blanc, c'est un travail baclé que vous avez fait à l'arrache. Juste parce qu'il n'y a pas de mise en forme.

Le meilleur contre-exemple, c'est quand même les scénarios. Les mecs écrivent des histoires de malades, dépensent des millions de dollars pour tourner des supers films avec des caméras 4K (TK), et au final le script est juste écrit en Courier New et sans mise en forme de malade4.

Pour ma part, quand je veux générer des PDF ou des ODT un peu classes, j'utilise pandoc et des feuilles de style, propres au format de destination. Je ne vais pas faire de tuto (enfin, pas tout de suite), mais ce site est pas trop mal pour débuter.

Enfin, je ne peux pas finir ce — long — post sans parler des inconvénients de Markdown. Perso, je n'en ai pas vu des masses. Si tant est qu'on ait un éditeur de texte qui le supporte, la lecture d'un source .md est super simple, l'écriture aussi.

Générer des PDF ou autres, c'est un peu plus tendu pour les non connaisseurs, mais je des outils intègrent déjà ce genre de fonctionnalités (comme Uberwriter par exemple).

Enfin, Markdown ne gère pas encore tout ce qu'on peut avoir envie de faire dans un document texte. Pour taper du texte « simple » (j'entends par là, du texte avec mise en avant (gras, italique, souligné), listes à puces ou numérotées, titres, liens, images, ...), c'est royal, mais quand on arrive sur des bibliographies ou des trucs un peu plus exotiques, c'est — à ma connaissance — pas géré nativement par Markdown5.

En conclusion : utilisez Markdown, c'est bon, ça mord pas, et ça fait de la place sur les disques !

Quelques liens que j'ai vu passer récemment chez urbanbike :


  1. En même temps, j'avais un peu choisi Pelican pour ça aussi :p 

  2. Et aujourd'hui, de nombreux éditeurs de texte (comme Sublime-Text) supportent le Markdown et mettent automatiquement le texte en forme. Voir ici par exemple. 

  3. Chose parfaitement impossible avec Microsoft Office ou Libre Office, pour lesquels il faut refaire la mise en forme par la suite. 

  4. Et, ici aussi, comme pour le Markdown, on regarde juste la mise en forme brute du texte : majuscules, minuscules, indentation du texte, et pas s'il est écrit en jaune, corps 16, souligné en rouge ;) 

  5. Mais on peut, dans du Markdown, intégrer du code Html, ou du LaTeX aussi je crois. Je n'ai jamais essayé ça, si vous l'avez fait, je veux bien un retour d'xp :p 

  6. L'appli est écrite en Html5, et reste stockée en cache dans votre navigateur, donc vous pourrez même l'utiliser hors-ligne. 

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Articles similaires

16 Mar 10:44

Better Responsive Images With the picture Element

by Aurelio De Rosa

This article will introduce you to <picture>, a new proposed element created to try and solve the problem of serving the version of content images which better suits the device currently visiting a web page.


Why Do We Need a New Element?

Responsive Web Design (RWD) has taken web developers and designers by storm, changing the way they approach the development of a website. When talking about RWD, I love to make an analogy. We, as people involved in software development, are always excited by new tools in the same way a child is thrilled by a new toy (you've heard of the recent diatribe on front-end automation tools, haven't you?). We are so intrigued by new toys that sometimes we use, and even develop, tools that don't resolve a real issue. Well, RWD isn't like a new toy that everybody loves to play with, without a good reason. It's a methodology that helps us solve real problems: adapting a website for a great variety of screens. However, as many (all?) things in life, it isn't perfect and has some limitations.

One of the most important open issues is serving content images for an almost infinite range of devices, trying to serve the version that better suits the specific device currently visiting our website. For those of you who don't know what content images are, they are the images part of the content. Therefore, they should be shown using the <img> tag and not a CSS rule such as background-image. So far, three main proposals were made, discussed, rejected, and even resurrected (as the picture element). The proposals are: the srcset attribute, the picture element, and the src-n attribute. All of them tried to cover the wider range of use cases possible but, unfortunately for us, none of them have been completely welcomed by all the actors involved. At the time of this writing, it seems that <picture> will be the way to go due to the positive comments on the revamped proposal by representatives of the main browsers. What I mean by revamped, is that the original proposal has been updated incorporating some features of the src-n attribute proposal.

Considering that based on the latest statistics of HTTPArchive.org, images constitute about the 62% of the total weight of web page, you can easily understand that solving the problem of content images is a primary issue, and the sooner we arrive to a solution, the better. In fact, an improvement in how and what images are served will lead to faster loading of websites, which in turn will lead to an improvement of the experience of the websites' users.

Important Note

Before going ahead, I want to stress that this is still a proposal, hence the specifications are in a state of flux, and nobody can assure you that <picture> will reach the final stage. In addition, being a proposal at an early stage, no browsers offer support for it. For this reason, I strongly suggest you to follow this discussion, read the specifications from time to time, and wait until this proposal reaches a more stable state.


What's the <picture> Element?

Citing the specifications, "the picture element is intended to give authors a way to control which image resource a user agent presents to a user, based on media query and/or support for a particular image format". It, "should be used when an image source exists in multiple densities, or when a responsive design dictates a somewhat different image on some types of screens ("art direction")".

The proposed element is made of several pieces that we're going to analyze in detail. The first fact you need to know is that it's nothing but a container for other elements where we'll actually specify the different versions of the image we want to show. Inside a picture element you can find two tags: <source> and <img>. The latter is used to provide backward compatibility for older browsers or, in general, for browsers who don't support it. The source element has three attributes available:

  • srcset: Here is where we specify the URL of the image we want to show. The attribute allows for multiple URLs separated by a comma. In addition, taking cue from the srcset attribute proposal, we can pair each URL with a screen resolution or a width (considered as a min-width rule) specification. The latter is separated from the URL by a space.
  • media: Here we write a media query that, if evaluated to true, will suggest to the UA to show the image specified in the srcset attribute.
  • sizes: The attribute where we specify the set of intrinsic sizes for the sources described in the srcset attribute. It accepts multiple sizes separated by a comma.

Until now, we've spent too much time talking and seen nothing concrete. Let's fix this by seeing some code!

The <picture> in Action

As our first example, let's say that we developed a website with a mobile-first approach. Now, we want to show a content image and render the image "mobile.png" by default, the image "tablet.png" if the user screen is at least 480px, and "desktop.png" if the user screen is at least 1024px. Because we're smart developers, we also want to render the image "tablet.png" for those browsers who don't understand the picture element. To achieve this goal, we have to write the following code:

<picture>
   <source srcset="mobile.png">
   <source media="(min-width: 480px)" srcset="tablet.png">
   <source media="(min-width: 1024px)" srcset="desktop.png">
   <img src="tablet.png" alt="A photo of London by night">
</picture>

In the code above, we've adopted pixels as the unit for the media queries, but you can use em as well if you prefer.

The first example shown was quite straightforward. Let's see how we can make it more sophisticated using the expressive power of the srcset attribute. For the sake of the example, imagine that in addition to the previous requirements we want to differentiate the images based on the resolution of the screen. The resultant code is listed below:

<picture>
   <source srcset="mobile.png, mobile-hd.png 2x">
   <source media="(min-width: 480px)" srcset="tablet.png, tablet-hd.png 2x">
   <source media="(min-width: 1024px)" srcset="desktop.png, desktop-hd.png 2x">
   <img src="tablet.png" alt="A photo of London by night">
</picture>

As you can see, for each <source> in the code, we've specified more than one URL into the srcset attribute. The second URL is paired with the string 2x, separated by a space, that targets users with a high-resolution display (pixel density 2x, like the Retina). In this case, the browsers will firstly search for the source element that best accommodates the user screen based on the media query specified (if any). Then, it'll look at the screen resolution and choose the best fit among the images specified in the srcset attribute.

As our last example, we'll see how we can employ the sizes attribute. Let's say that we want our image to cover all the width of the device (100% of the width), regardless of its actual size and pixel density. To achieve this goal, we can specify the size we want to cover and the size of each image in the srcset attribute as shown below:

<picture>
   <source sizes="100%" srcset="mobile.png 480w, small-tablet.png 768w, tablet.png 968w, desktop.png 1024w">
   <img src="tablet.png" alt="A photo of London by night">
</picture>

In this case, the User Agent will automatically calculate the effective pixel density of the image and choose which one to download accordingly.


Browser Compatibility

None. "Hey Aurelio, what do you mean by none? I was already starting to update my website!" If you recognize yourself in this sentence, I'm sorry to disappoint you. As I said multiple times in this article, the picture element is still a proposal and in a very early stage. So, you have to wait for a while before having the chance to employ it. Not all is lost, though. Scott Jehl created a polyfill for this proposal called picturefill. The latter was developed several months ago but has been updated several times to accommodate the specifications. Currently, it isn't updated to the latest specifications, so its syntax is different than the one described in this article. However, you can still take a look at it and maybe make a Pull Request to help the project.


Conclusions

In this article we discussed the issue of serving content images suitable for the device currently visiting a website. Then, we delved into the specifications of the picture element, the proposal that seems to have succeeded in conciliating browser vendors, developers, and all the actors involved in the process. Unfortunately for us, it's in a very early stage, so we can't employ it in our next projects. Nonetheless, I'm confident that browser vendors will start to implement it soon. As a final note, I strongly encourage you to read and follow the specifications.

05 Mar 07:33

What is PHP-FIG and What are They Doing?

PHP-FIG is the short name for the PHP Framework Interop Group (am I the only one who finds the naming of PHP groups and libraries after fruits amusing?) and their mission is simple: to find a way to get the PHP frameworks to work together.
01 Mar 16:52

La pop culture à la pièce

by Libération.fr
Andre Levy aime collectionner des pièces de monnaie. Pas pour le plaisir de les ranger dans un bel album, mais pour les barbouiller de couleurs vives.






24 Feb 23:35

IBM va mettre au point des puces auto-destructibles pour l'armée

L'agence américaine en charge des projets militaires avancés a demandé à IBM de mettre au point des puces électroniques pouvant s'autodétruire.

IBM a beau avoir cédé ses activités dans l'informatique personnelle en 2005, le groupe américain a néanmoins conservé son savoir-faire dans la fabrication de semi-conducteurs. Or, c'est justement cette compétence qui intéresse aujourd'hui la DARPA, l'agence en charge de mener des projets de recherche avancée pour le compte de l'armée américaine.

Celle-ci souhaite en effet obtenir des puces électroniques capables de s'autodétruire. Selon la fiche publiée sur le site du département d'État américain pour l'approvisionnement en biens et services (Federal Business Opportunities), signalée par The Register, IBM a reçu un contrat de 3,45 millions de dollars pour élaborer des composants pouvant se dégrader à distance, lorsqu'ils en reçoivent l'ordre.

Ce n'est pas la première fois que des matériels sont mis au point avec la capacité de se détériorer. En 2005, la maison de disques EMI a testé des DVD dont la lecture n'est plus possible au-delà de huit heures, suite à la propagation d'une substance altérant la couche d'aluminium. Plus récemment, le fabricant chinois Runcore a inventé un disque SSD pouvant être abîmé afin de le rendre inutilisable.

Dans le cas du contrat d'IBM, baptisé "Vanishing Programmable Resources", il faudra que ce dernier élabore une puce électronique pouvant être réduite en poudre de silicium (Si) et de silice (SiO2), après déclenchement d'une réaction par un fusible ou une couche de métal réactive, au niveau du substrat de verre. Ce déclenchement pourra se faire à distance, via un signal radio (RF).

Les applications militaires d'un tel projet sont évidentes. Bien sûr, il existe déjà dans l'armée des dispositifs permettant de détruire à distance du matériel quelconque, en particulier lorsque des militaires sont contraints d'abandonner de l'équipement informatique derrière eux. Mais jusqu'à présent, cela se faisait plutôt via un système explosif classique plutôt qu'en ciblant un élément spécifique.

Au lieu d'équiper du matériel informatique avec des explosifs classiques, qui pourraient être détectés par des chiens renifleurs, l'usage de composants auto-destructibles paraît être une alternative envisageable. Nul doute que la DARPA a déjà en tête une pléthore d'idées pour utiliser ces puces électroniques, lorsqu'elles seront prêtes à l'emploi.

( photo : CC BY-SA Baz1521 )

24 Feb 23:34

OVH dénonce la "totale ignorance" des auteurs de l'étude sur Hadopi

OVH n'a guère apprécié les conclusions d'une étude menée par plusieurs universitaires internationaux, et le fait savoir. Pointé du doigt au prétexte qu'il jouerait un rôle clé dans la distribution des contenus par les pirates professionnels, le spécialiste français de l'hébergement a finalement publié une mise au point sur son site web dénonçant la "totale ignorance" des auteurs sur la riposte graduée et le cadre juridique actuel.

Que dit cette étude sur OVH, que l'entreprise rejette aujourd'hui avec force ? Que le groupe "ne surveille pas activement ses clients sauf  si une violation est rapportée par un tiers et que le client ne cesse pas son activité. [...] Une telle stratégie de surveillance passive est inhabituelle". Or, les chercheurs relèvent que cette absence de contrôle proactif s'écarte des pratiques généralement constatées chez la concurrence.

Incompréhension de la LCEN

"Ces dernières années la plupart des hébergeurs ont adopté des politiques de surveillance strictes pour empêcher la distribution de contenus protégés par les droits d'auteur depuis leurs serveurs à travers des applications P2P", écrivent les auteurs de l'étude, qui considèrent que l'approche d'OVH traduit en fait un laxisme de l'hébergeur à l'égard du piratage des contenus.

Sauf que la société ne fait que respecter le régime applicable aux opérateurs. Comme nous l'écrivions alors, l'article 6.7 de la LCEN dispose que les sociétés d'hébergement de données ne "sont pas soumises à une obligation générale de surveiller les informations qu'elles transmettent ou stockent, ni à une obligation générale de rechercher des faits ou des circonstances révélant des activités illicites".

Le tort d'OVH serait-il de respecter strictement la loi et d'appliquer un principe de neutralité technologique, là où des concurrents se montreraient plus audacieux dans la surveillance des contenus et des activités de leurs clients ? L'hébergeur ne va pas jusque-là. En revanche, il dénonce la "totale ignorance" du cadre juridique français et s'étonne du "manque de sérieux juridique de cette étude".

Incompréhension de la loi Hadopi

D'ailleurs, la faible connaissance juridique ne s'arrête pas à la LCEN. Elle touche aussi le cadre de la riposte graduée, OVH regrettant "la totale incompréhension des règles juridiques mises en place lors de l'entrée en vigueur de la loi Hadopi". Ainsi, les fournisseurs d'accès à Internet seraient tenus, selon l'étude, de participer activement à la surveillance du réseau Internet pour combattre le piratage.

"C'est faux", rappelle OVH. L'opérateur n'a pas à remplir cette mission. Il doit simplement transmettre sur demande les informations relatives à ses abonnés identifiés comme téléchargeant ou partageant des contenus soumis au droit d'auteur aux agents assermentés de la commission Hadopi. Il peut aussi relayer la communication de la Hadopi ou fournir des recommandations en matière de sécurité.

Dès lors, comment la réflexion et la conclusion de l'étude pourraient-elles être exactes si les prémisses sont fausses, car basées sur une méconnaissance du droit ?

"Les conclusions qui en découlent sont du coup fausses et ne tiennent pas debout", conclut donc OVH, qui s'inquiète désormais de sa mise en cause en étant présenté comme un "acteur participant aux atteintes au droit d’auteur au niveau mondial". Pour l'hébergeur, c'est clair : cela pourrait se terminer devant les tribunaux afin de préserver ses intérêts.

24 Feb 23:12

Une sangsue survit 24 heures à – 196°C, dans de l’azote liquide

by Pierre Barthélémy

Parue fin janvier dans la revue PLoS ONE, c'est une étude idéale pour un mois d'hiver puisqu'elle évoque la résistance d'un organisme au grand froid. On sait que l'exposition prolongée à des températures négatives provoque le gel de l'eau contenue dans les cellules, ce qui conduit à l'explosion et à la mort de celles-ci. C'est d'ailleurs pour cette raison que les animaux entrant en hibernation (marmottes, loirs, hérissons, grenouilles, lézards, etc.) voient certes leur température corporelle chuter, mais jamais en dessous de 1 ou 2°C. Ces animaux se débrouillent d'ailleurs pour passer la saison froide dans un habitat relativement protégé, l'hibernaculum, qu'ils ont souvent aménagé eux-mêmes en prévision de leur léthargie à venir et dont la température reste relativement constante pendant l'hiver.

Dans l'étude japonaise publiée par PLoS ONE, on n'est ni dans le programmé, ni dans le progressif. Les auteurs de ce travail ont plutôt fait dans le subit et le violent, en plaçant tout d'abord sept espèces différentes de sangsues dans un congélateur, à - 90°C, pendant 24 heures. Les représentants d'une seule espèce – Ozobranchus jantseanus, une petite sangsue tétant le sang de tortues asiatiques – ont survécu sans problème à ce traitement. On a donc poursuivi l'expérience pour tester leur résistance sur la durée. Trois mois plus tard, toutes les sangsues étaient encore vivantes. Neuf mois après le début de l'expérience, idem. Ce n'est qu'au bout de quinze mois de congélation que les premières pertes sont apparues. Et quand, trente-deux mois après le début de l'expérience, celle-ci est arrivée à son terme, une sangsue était encore en vie.

Mais les chercheurs japonais n'étaient pas au bout de leurs surprises. Ils ont également plongé cinq de ces animaux dans de l'azote liquide, soit à - 196°C, et ce 24 heures durant. Ceux qui croiraient qu'en-dessous d'un certain seuil, il n'y a plus vraiment de différence dans le grand froid, se trompent. Entre les deux expériences, il y a le même écart qu'entre mettre sa main dans la neige et la tremper dans une casserole d'eau bouillante. Quand les sangsues sont ressorties, cryogénisées, de l'azote liquide, elles n'étaient pas mortes pour autant. Après un passage dans de l'eau à température ambiante, elles ont repris vie. Toutes les cinq.

On pourrait rétorquer que ces sangsues présentent certes des caractéristiques exceptionnelles mais qu'on est loin du record en la matière, détenu par des invertébrés encore plus petits qu'elles, les tardigrades. Véritables trompe-la-mort, ces bestioles font preuve d'une résistance exceptionnelle face à quantité d'environnements hostiles, comme le vide spatial ou une plongée dans l'hélium liquide (-269°C), soit à une poignée de degrés du zéro absolu. Mais les tardigrades ont un truc : ils ont besoin d'une période de préparation, d'adaptation, au cours de laquelle ils réduisent au maximum la présence d'eau dans leur corps, que ce soit dans les cellules ou entre elles. Au cours de cette phase de déshydratation, ils fabriquent des sucres qui vont en quelque sorte servir d'antigel. Puis, leur métabolisme va quasiment s'arrêter et, ainsi parés, ils résisteront presque à tout. Sans cette période d'acclimatation, ils s'avèrent plus fragiles que les sangsues asiatiques : une expérience a ainsi montré que seulement 22 % des tardigrades subitement plongés dans de l'azote liquide survivaient à un quart d'heure de ce traitement.

Pour les auteurs de l'étude, la performance d'Ozobranchus jantseanus est d'autant plus surprenante que rien ne prédestine cet animal à résister à un froid aussi intense, étant donné que, dans son mode de vie, il n'est que rarement exposé à des températures négatives. Pour le moment, on ignore par quel mécanisme ces sangsues parviennent à survivre à des chocs de température aussi violents. Aucune trace du procédé employé par les tardigrades ne se retrouve chez elles. Dans leurs conclusions, les chercheurs soulignent que résoudre l'énigme pourrait permettre le développement de nouvelles méthodes de préservation par le froid voire la résurrection d'organismes congelés, qu'ils soient découverts dans le pergélisol, en Antarctique... ou lors de l'exploration d'autres planètes !

Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)

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15 Feb 15:34

Les USA veulent faire passer les téléphones fixes à la VoIP

by Jerome

Et si l’avenir du téléphone était la VoIP ? C’est une réflexion que mène en ce moment la FCC (l’ARCEP américaine), qui a invité hier des opérateurs comme AT&T ou Verizon à tester l’utilisation d’un signal numérique plutôt qu’analogique, via un protocole IP, sur la base du volontariat.

commutateur

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10 Feb 08:00

Les attaques par réflexion utilisant NTP

Sauf si vous n'êtes abonné à aucune liste de diffusion, aucun canal IRC, aucun rézosocio, aucun flux de syndication, aucun salon XMPP, bref, sauf si vous êtes coupé de tous les moyens d'informations modernes, vous savez que, depuis le mois de décembre 2013, les attaques par réflexion utilisant le protocole NTP ont connu une hausse spectaculaire et ont complètement chassé des médias les « vieilles » attaques DNS.

Un bon résumé de ces « nouvelles » attaques se trouve par exemple dans l'article de Dan Godin. L'attaque est en fait connue depuis longtemps comme le documente un très bon article du Team Cymru. Le principe est le même que toutes les attaques par réflexion, l'Attaquant écrit à un tiers, le Réflecteur, en usurpant l'adresse IP de la Victime (ce qui est trop facile aujourd'hui). Le Réflecteur va répondre à celui qu'il croit être l'émetteur mais qui est en fait la Victime. En soi, la réflexion ne change pas grand'chose sauf qu'elle est souvent accompagnée d'amplification : la réponse est plus grande que la question. Cela permet à l'Attaquant de ne pas « payer » toute l'attaque, c'est le Réflecteur qui travaille et, en prime, engage sa responsabilité, au moins civile (article 1382 du Code Civil - celui qui cause un dommage doit le réparer). Voici un exemple de trafic pendant une attaque NTP (merci à Benjamin Sonntag) :

NTP sert à synchroniser les horloges des machines et est normalisé dans le RFC 5905. Voyons en pratique cette attaque. Le mécanisme le plus simple pour tester si un serveur NTP est vulnérable est fourni par la commande ntpdc (qui est livrée avec la mise en œuvre de référence de NTP) :

% ntpdc -n -c monlist MACHINEÀTESTER
remote address          port local address      count m ver rstr avgint  lstint
===============================================================================
192.168.2.9            46302 192.168.2.4           25 3 4      0    171      41
192.134.4.12             123 192.168.2.4           45 4 4    1d0    101      54
192.168.2.1              123 192.168.2.4           49 3 4      0     85      65
192.168.2.7            37185 192.168.2.4           24 3 4      0    182     117
91.121.92.90             123 192.168.2.4           46 4 4    1d0     99     146
212.27.60.17             123 192.168.2.4           46 4 4    1d0     99     157
212.27.60.18             123 192.168.2.4           46 4 4    1d0     99     185
88.191.184.62            123 192.168.2.4           37 4 4    1d0    123     227
2001:648:2ffc:1225:a80   123 2a01:e35:8bd9:8bb0:ba27:ebff:feba:9094       47 4 4    1d0     96     243
Le serveur a répondu avec la liste de toutes les machines avec qui il a communiqué. C'est embêtant pour la vie privée. Mais c'est surtout embêtant pour la sécurité car la communication se passe sur UDP (qui n'offre aucune protection contre l'usurpation d'adresse IP) et la réponse est bien plus grande que la question :
% tcpdump ...
16:08:00.462739 00:1e:8c:76:29:b6 > b8:27:eb:ba:90:94, ethertype IPv4 (0x0800), length 234: 192.168.2.1.57442 > 192.168.2.4.123: NTPv2, Reserved, length 192
16:08:00.466981 b8:27:eb:ba:90:94 > 00:1e:8c:76:29:b6, ethertype IPv4 (0x0800), length 482: 192.168.2.4.123 > 192.168.2.1.57442: NTPv2, Reserved, length 440
16:08:00.466999 b8:27:eb:ba:90:94 > 00:1e:8c:76:29:b6, ethertype IPv4 (0x0800), length 266: 192.168.2.4.123 > 192.168.2.1.57442: NTPv2, Reserved, length 224
Avec un paquet de 234 octets, on a obtenu deux paquets, faisant en tout 748 octets. Cela fait une amplification d'un facteur 3 mais c'est parce qu'il s'agit d'un tout petit serveur ayant peu de correspondants. Sur un gros serveur public, on peut obtenir des dizaines de milliers d'octets en réponse, donc un facteur d'amplification qui dépasse largement celui du DNS. (Sur votre réseau, pendant une attaque, regardez le port source des paquets : si c'est 123, c'est du NTP, si c'est du 53, c'est du DNS. Et attention, le DNS, contrairement à NTP, peut produire des paquets longs qui seront fragmentés. De toute façon, en pratique, il vaut mieux aussi analyser le contenu des paquets pour savoir si c'est vraiment une attaque par réflexion car les attaquants font des fois des choses compliquées pour se dissimuler.)

Et trouver des serveurs NTP publics permettant cette attaque est facile, il suffit de balayer tout l'espace IPv4. C'est ce que fait, pour le bien général, le projet Open NTP Project. On peut (c'est un exemple réel, j'ai juste modifié les adresses) indiquer son préfixe d'adresses IP et obtenir la liste des réflecteurs potentiels de son réseau :

Responding IP   Total bytes
192.0.2.10    44000
192.0.2.66    1104
192.0.2.238   1104
La première machine est un gros serveur NTP public, qui fournissait une énorme amplification (il a été corrigé depuis). À noter que, dans le cas réel, la dernière machine était un routeur Juniper, les routeurs de cette marque fournissant un réflecteur NTP par défaut.

Bon, donc, il faut tester ses serveurs, avec ntpdc -n -c monlist depuis l'extérieur, et utiliser le Open NTP Project, pour détecter des machines auxquelles on ne penserait pas forcément. Attention toutefois en testant avec ntpdc -n -c monlist, surtout depuis un site distant : si ntpdc répond Timeout, cela ne signifie pas forcément que vous êtes sécurisé. La réponse peut prendre beaucoup de paquets UDP et, si un seul est perdu (UDP ne garantit pas l'acheminement), ntpdc, n'arrivant pas à tout obtenir, dit Timeout. Il faut donc utiliser tcpdump pour voir s'il y a eu des réponses. Ensuite, si les tests montrent que votre machine est bien un réflecteur potentiel, comment corriger ?

Pour des machines Unix qui utilisent la mise en œuvre de référence de NTP, il faut éditer le /etc/ntp.conf et, par défaut, bloquer les requêtes comme monlist, en mettant la directive noquery :

restrict default noquery
Testez avec ntpdc -n -c monlist, vous devez désormais récupérer un time out (rappelez-vous que NTP fonctionne sur UDP, pas TCP). Cette solution résout le problème de sécurité, votre machine n'est plus un réflecteur NTP. Mais elle fait perdre un outil de déboguage bien pratique. Par exemple, ntptrace va désormais être largement inutile, n'obtenant plus de réponses (sauf, ici, au premier pas) :
% ntptrace
localhost.localdomain: stratum 4, offset 0.000345, synch distance 0.010345
192.0.2.7: timed out, nothing received
***Request timed out
On peut toutefois autoriser au moins son réseau local (notez que ce logiciel, très ancien, n'accepte pas de notation CIDR) :
# Restriction par défaut
restrict default noquery

# Pas de restrictions pour les copains
restrict 192.0.2.0 mask 255.255.255.0
restrict 127.0.0.1
restrict ::1
restrict 2001:db8:cafe:42:: mask ffff:ffff:ffff:ffff:: 
Ainsi, le réseau local, au moins, peut poser des questions et ntptrace est un peu plus sympa :
% ntptrace
localhost.localdomain: stratum 4, offset 0.000594, synch distance 0.007256
192.0.2.7: stratum 3, offset -0.002068, synch distance 0.014179
193.55.167.2: timed out, nothing received
***Request timed out
Mais attention, authentifier par l'adresse IP n'est pas terrible, une telle configuration permet toujours à un méchant d'attaquer une de vos machines. Il faut encore déployer des bonnes pratiques comme de bloquer sur le pare-feu les paquets entrants qui prétendent venir de chez vous. Ce problème avec ntptrace est un problème courant en sécurité : les mesures de sécurité rendent le déboguage plus compliqué. Notez que, si vous utilisez l'excellent programme de test Nagios-compatible check_ntp_time (si vous ne l'utilisez pas, vous devriez), il n'y a pas de problème, il n'utilise pas les commandes de contrôle et marche avec tout serveur NTP :
% /usr/share/nagios/libexec/check_ntp_time -H ntp.nic.fr     
NTP OK: Offset -0.001630425453 secs|offset=-0.001630s;60.000000;120.000000;

Tous les détails sur la configuration sont en ligne. J'ai simplement mis noquery car il bloque l'attaque par réflexion+amplification. Mais il peut y avoir d'autres et l'excellente documentation du Team Cymru recommande :

restrict default kod nomodify notrap nopeer noquery

Je n'ai parlé ici que de la mise en œuvre de référence de NTP. Si vous utilisez le OpenNTPD d'OpenBSD, il n'y a rien à faire, il ne répond pas aux requêtes de déboguage, de toute façon (et, par défaut, il ne répond pas du tout aux requêtes du réseau tant que vous n'avez pas mis un listen on quelquechose). Mais, de toute façon, n'oubliez pas de tester votre réseau, avec ntpdc -n -c monlist SERVER et avec le Open NTP Project (attention, il lui faut quelques jours pour ajuster ses données donc, si vous changez votre configuration, le résultat ne se verra pas tout de suite).

Quelques bonnes lectures supplémentaires :

10 Feb 07:22

Ordinateur quantique : corrigera-t-on les erreurs avec le diamant ?

Pour mettre en pratique un code quantique correcteur avec trois qubits, on réalise l'intrication de chaque qubit d'un registre quantique avec deux autres qubits. En mesurant l'état intriqué d'une façon appropriée, on peut vérifier que le bruit généré par l'environnement dans ce registre a ou non produit des erreurs, qu’il est ensuite possible de corriger. Cette stratégie de lutte contre la décohérence a déjà été utilisée avec des pièges à ions et des circuits quantiques supraconducteurs. On est en train de l'appliquer aux mémoires quantiques nucléaires en diamant. © FOMPour mettre en pratique un code quantique correcteur avec trois qubits, on réalise l'intrication de chaque qubit d'un registre quantique avec deux autres qubits. En mesurant l'état intriqué d'une façon appropriée, on peut vérifier que le bruit généré par l'environnement dans ce registre a ou non produit des erreurs, qu’il est ensuite possible de corriger. Cette stratégie de lutte contre la décohérence a déjà été utilisée avec des pièges à ions et des circuits quantiques supraconducteurs. On est en train de l'appliquer aux mémoires quantiques nucléaires en diamant. © FOM

Ordinateur quantique : corrigera-t-on les erreurs avec le diamant ? - 2 Photos

Impossible de battre des ordinateurs classiques à plate couture avec des ordinateurs quantiques si l’on ne trouve pas un moyen de contourner l’obstacle de la décohérence. Dans ce but, des laboratoires de par le monde étudient plusieurs systèmes physiques capables de porter des qubits sur lesquels on peut opérer avec des portes logiques. L’idée centrale est de trouver le moyen d’isoler suffisamment longtemps ces qubits du bruit, par exemple thermique, généré par l’environnement. On essaye donc de faire en sorte qu’il soit possible de profiter au maximum de l’effet de calcul en parallèle de la superposition quantique des états avec un grand nombre de qubits. Parmi les voies de recherche prometteuses, on peut citer celle des pièges à ions, ainsi que celle des circuits supraconducteurs.

Une autre voie consiste à utiliser des qubits portés par des centres colorés azote-lacune dans des diamants. C’est celle qu’explorent par exemple les auteurs d’un article publié récemment dans Nature Nanotechnology. Ils ne sont pas les premiers à le faire, mais l’originalité de leur travail repose sur le fait qu’ils ont mis en pratique un code quantique. Il s’agit de l’analogue dans le domaine de l’information quantique des codes correcteurs d’erreurs bien connus dans le cadre de la théorie de l’information classique. En eux-mêmes, les codes quantiques sont aussi un moyen de lutter contre les effets de la décohérence.

Cette image de microscopie électronique montre un élément d'un processeur quantique formé d'un hémisphère de diamant. Le spin de l'électron (violet) sert à contrôler un registre quantique porté par les spins nucléaires (jaunes et verts) des atomes de carbone. L'ensemble a été utilisé pour mettre en pratique un algorithme de correction d'erreurs quantiques.
Cette image de microscopie électronique montre un élément d'un processeur quantique formé d'un hémisphère de diamant. Le spin de l'électron (violet) sert à contrôler un registre quantique porté par les spins nucléaires (jaunes et verts) des atomes de carbone. L'ensemble a été utilisé pour mettre en pratique un algorithme de correction d'erreurs quantiques. © FOM

Dans le cas bien étudié du traitement de l’information classique, les codes correcteurs d’erreurs sont le plus souvent appliqués à la transmission de données pour éliminer les effets du bruit. Il s’agit de techniques de codage basées sur la redondance permettant de détecter et de corriger des erreurs dans un message transmis. Elles trouvent aussi des applications avec les disques durs et les RAM. Un exemple de code célèbre est celui de Hamming, que cite Richard Feynman dans ses leçons sur l’informatique. L’idée d’un code correcteur peut être rapidement saisie avec l’exemple des signaux en binaires que l’on transmet avec des « 0 » et des « 1 ». En triplant les données, par exemple en envoyant systématiquement « 000 » et « 111 » pour chaque « 0 » et chaque « 1 », on peut vérifier qu’une erreur de transmission n’a pas été commise en comptant le nombre de répétitions d’un bit donné. Ainsi « 001 » ou « 011 » seront des indicateurs d’une telle erreur. Une correction sera effectuée en tenant compte de la majorité de « 0 » ou de « 1 ».

Le problème avec les qubits, c’est que l’on ne peut pas faire des copies d’un état quantique. On peut démontrer un théorème de non-clonage. On ne peut donc vérifier l’information quantique portée par un état en la comparant à celle contenue dans plusieurs copies de cet état. Heureusement, il est possible d’intriquer chaque qubit avec plusieurs autres, de sorte qu’il soit possible de détecter des erreurs lors d’un traitement de l’information et d’y remédier. L’état intriqué à plusieurs qubits porte en effet la mémoire du qubit utilisé pour les calculs quantiques. Tout le problème est de pouvoir mettre en œuvre un code de correction quantique de cette façon avec un grand nombre de qubits, et pour une longue durée de calcul. Ce qui ne va pas de soi.

L’équipe de chercheurs qui a travaillé avec les noyaux de carbone du diamant, portant des qubits sous forme de spins, vient d’annoncer qu’elle avait réussi à mettre en pratique un code quantique avec trois qubits intriqués. L’opération s’est faite à température ordinaire, alors que les expériences précédentes nécessitaient des températures très basses. Reste à savoir si cette méthode pourra vraiment être utilisée pour protéger suffisamment longtemps un ordinateur quantique des effets de la décohérence en lui permettant d’effectuer des calculs longs, par exemple pour tenter de réfuter la conjecture de Riemann.


Sur le même sujet

10 Feb 07:20

Twitter : 241 millions d’utilisateurs mensuels actifs

by Mickaël

Twitter a livré les résultats financiers de son quatrième trimestre 2013, le premier depuis l’introduction en Bourse mi-novembre. Bonne surprise : ils sont plutôt bons. Mauvaise surprise : cela ne plait pas aux investisseurs.

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Le service de micro-blogging a ainsi annoncé des revenus de 242,7 millions de dollars, pour un bénéfice de 2 cents par action. Wall Street était beaucoup plus pessimiste : le consensus s’établissait à respectivement 217,82 millions et une perte de 2 cents par action. Sur l’année 2013, Twitter a généré un chiffre d’affaires de 665 millions, plus du double de 2012.

Lire la suite..

10 Feb 07:20

Thomson annonce le déploiement prochain de la technologie Li-Fi dans ses solutions LED

by Greg

A l’occasion du salon IT PARTNERS, Thomson a présenté une démonstration de la technologique Li-Fi qui sera prochainement intégrée dans sa nouvelle gamme de produits LED, plutôt destinée aux professionnels (collectivités, musées, magasins, centres commerciaux, gares, transports, lieux publics, organismes de santé, etc..).

Le principe du Li-Fi consiste à transmettre des données informatiques sécurisées en haut débit à un endroit précis par le biais d’un faisceau lumineux. Tous les appareils et sources LED (panel light, tubes, ampoules…) permettent de transférer ces informations multimédia (images, vidéos…) et assurent leur géolocalisation. Les données sont ensuite reçues par les Smartphones, tablettes ou tout autre équipement doté d’un capteur de luminosité.

Les principales caractéristiques du Li-Fi :

- La transmission haut-débit des données (technologie plus rapide que le WiFi)
- La sécurisation des données cryptées à un endroit précis et leur confidentialité (uniquement accessibles dans le faisceau lumineux émis par la LED)
- Aucune interférence avec les équipements de transmission radio
- Vitesse de transmission des données constante
- Absence de risques pour la santé, aucune émission radio ou électromagnétique

LiFi_Explication

08 Feb 11:21

10 nombres surprenants sur Twitter

by Alexandra-Giroux

Vendredi 7 février

Réseaux sociaux - 7 février 2014 :: 11:20 :: Par Alexandra-Giroux

Smartwatch montre intelligente Android

Découvrez ce média social sous un autre jour grâce à ces 10 nombres étonnants.

twitter Shawn Campbell 10 nombres surprenants sur Twitter

20%

C’est ce qu’a perdu l’action Twitter jeudi dernier à la Bourse de New York pour atteindre 52,53 dollars. Les investisseurs ont sanctionné des données décevantes publiées mercredi sur ses utilisateurs. Elle avait clôturé à 65,97 dollars la veille au soir. Pour rappel, le titre avait été introduit en Bourse il y a trois mois au prix de 26 dollars.

131%

C’est le pourcentage d’augmentation sur un an du revenu moyen généré par ses annonceurs à partir d’un clic sur un message inséré dans le flux de tweets.

241 millions

C’est le nombre d’utilisateurs actifs sur le réseau, contre 185 millions il y a un an. Le gain n’est que de 30 %, alors que l’année dernière il était de 39 %.

35,5 millions

C’est le nombre d’utilisateurs de Twitter en Chine. C’est le pays qui compte le plus d’utilisateurs.

34%

C’est le pourcentage de tweets en Anglais.

5 fois plus

C’est l’impact qu’a un tweet quand il contient une image plutôt que juste du texte.

1000

C’est le nombre maximum de tweets qu’un utilisateur peut envoyer par jour.

250

C’est le nombre maximum de messages directs qu’un utilisateur peut envoyer par jour.

1000

C’est le nombre maximum de personnes qu’un utilisateur peut suivre par jour. Cette règle est mise en place pour éviter le following agressif.

2000

Dès qu’un utilisateur suit 2000 personnes, il doit attendre qu’un nombre suffisant de personnes le suive pour continuer à s’abonner à de nouveaux comptes. Cette limite est différente pour chaque utilisateur et est basée sur le ratio following/followers.

4

C’est le nombre de fois par heure qu’un utilisateur peut changer son adresse email.

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Alexandra travaille comme internal communications manager à Bruxelles. Elle s’intéresse de près au Nouveau monde du travail, aux nouvelles technologies et à la communication. Retrouvez-la sur Twitter : @olenka
31f59fc0af210570ea2835eceb1bd61c bpthumb 10 nombres surprenants sur Twitter

Plus d'infos sur : bourse, limites, réseaus sociaux, statistiques, Twitter

08 Feb 11:01

MySQL Workbench 6.0.9 GA has been released

by MySQL Release Team

The MySQL developer tools team at Oracle is excited to announce the availability of MySQL Workbench 6.0.9.

MySQL Workbench 6.0 is the GUI Development and Administration tool for MySQL.

Changes in MySQL Workbench 6.0.9 (2014-02-05)

This section documents all changes and bug fixes applied to MySQL Workbench since the release of 6.0.8.

Functionality Added or Changed

  •  The restore operation can restore to a different schema.

Bugs Fixed

  •  MySQL Workbench now builds on Debian 7.0-unstable.
  •  Ubuntu 13.10 is now supported.
  •  Fedora 20 is now supported
  •  On Linux, the Cancel button was written as “Cance” on some systems, depending on the GTK theme used on the system.
  •  Sometimes, when exporting an EER diagram to SQL, the generated SQL code did not include “DROP SCHEMA” statements even with  the Generate DROP SCHEMA option checked.
  •  One tab could execute the query from a different tab, after swapping tabs.
  •  On Linux, building MySQL Workbench from source would generate many glib related warnings with newer versions of glib.
  •  After creating a new view inside a model, clicking Add View would display a new view in the editor this new could not be saved.
  •  The –routines command line option was missing from the generated mysqldump command when multiple schemas were selected for a dump into a single file backup when the routines option was enabled. This could happen after executing the dump multiple times.
  •  Executing Model, Forward Engineering with the Do not create users, only export privileges option enabled would recreate the user instead of simply changing privileges for the existing user.
  •  On Linux, renaming foreign keys and indexes would crash MySQL Workbench.
  •  On Mac OS X, switching colors with layers and tables several times could eventually cause a crash.
  •  Adding a new table to an empty EER diagram would crash MySQL Workbench.
  •  When building from source and without building the documentation, the documentation link will open the online MySQL Workbench manual.
  •  The Inserts tab under Forward Engineering would sometimes unexpectedly fail.
  •  The ENUM type now corresponds better to its definition better under Model, User Defined Types, to allow arguments.
  •  On Microsoft Windows and Mac OS X, the bundled PyCrypto library was upgraded to version 2.6.1.
  •  MySQL Workbench could crash when using a MySQL connection that connects via an SSH tunnel with success, but is defined using incorrect MySQL server credentials. A dialog now requests the correct information.
  •  The catalog treeview for an EER diagram was replaced by a central control with improved handling, which allows MySQL Workbench  to worth more smoothly with a large number of tables.
  •  Indexes that were auto-created for a Foreign Key can now be deleted in case another suitable index was available.
  •  Under certain scenarios, the File, Print to File… action would not allow models to be unchecked.
  •  Model synchronization would complete, but if repeated then MySQL Workbench would ask to update the database again.
  •  Changing the collation type would not always be detected, as “No changes detected” would be reported after attempting to apply the change.
  •  The MySQL Forums link on the MySQL Workbench home page was updated, and it now links to a MySQL Workbench page that also  links to the MySQL Workbench – Database Migration forum, when before it was difficult to find.
  •  From Database, Reverse Engineer, and after selecting a schema with multiple tables, clicking the left or right arrow buttons with the Show Filter feature to include/exclude tables would lose the cursor position, and always move the cursor to the top of the list.
  •  For models, tables can now be renamed by double-clicking the name column, and the columns edited.
  •  A large SQL script file could not be saved for a model, although a limit of around 200MB limit still exists.
  •  MySQL Workbench could crash after choosing Recover when prompted to recover a model file from a previous session after MySQL Workbench was not closed properly.
  •  Applying an large SQL Script object to a model could crash MySQL Workbench.
  •  The “Scratch” SQL editor tabs were removed, and instead standard SQL editor tabs are always opened.
  •  Editing a mandatory relationship now updates the referenced column.
  •  The Copy and Paste keyboard shortcut did not always function from within table cells in all environments.
  •  The Schema Privileges tab was hidden in the Schema editor, and is now more viewable.

and much more. For a detailed overview of what’s new in MySQL Workbench 6.0, please visit:
http://dev.mysql.com/doc/workbench/en/wb-what-is-new.html

For the full list of bugs fixed in this revision, visit
http://dev.mysql.com/doc/relnotes/workbench/en/changes-6-0.html

For discussion, join the MySQL Workbench Forums:
http://forums.mysql.com/index.php?152

Download MySQL Workbench 6.0 now, for Windows, Mac OS X 10.6+, Oracle Linux 6, Fedora 19, Fedora 20, Ubuntu 12.04 and Ubuntu 13.10 or sources, from:
http://dev.mysql.com/downloads/tools/workbench/

In Windows, you can also use the integrated MySQL Installer to update MySQL Workbench and other MySQL products. For RPM  package based Linux distributions, you can get and update Workbench using the new MySQL RPM repository at:

http://dev.mysql.com/downloads/repo/

Quick links:
- Download: http://dev.mysql.com/downloads/tools/workbench/
- Bugs: http://bugs.mysql.com
- Forums: http://forums.mysql.com/index.php?152

Read more about MySQL Workbench 6.0 and some of its features in

MySQL Workbench 6.0: What’s New:

http://mysqlworkbench.org/2013/06/mysql-workbench-6-0-whats-new/

 

08 Feb 09:58

Eye Floaters Explained [Science Video]

by Geeks are Sexy

Sometimes our eyes do weird things. One of the things they sometimes do is get floaters. What are they? Where do they come from? Join us today on SciShow as Hank explores the science behind these little specks.

[SciShow]

08 Feb 09:31

Google affiche sa condamnation, la CNIL a trouvé mieux qu'Adwords pour doper son trafic !

Cette nuit Google a affiché sur sa home page française un encart informant de sa condamnation par la CNIL pour manquements à la loi. Aussitôt, le trafic vers le site web de la CNIL a explosé, provoquant quelques dysfonctionnements...
01 Feb 16:32

How do Trees Survive Winter? [Science Video]

by Geeks are Sexy

Humans can go inside or put on clothes, but trees spend winter naked in the cold. Why don’t they all die?

[MinuteEarth]

01 Feb 09:46

The code refactoring trap

by sharhalakis

image

by Juan and others

29 Jan 21:45

La maladie d’Alzheimer d’aujourd’hui est-elle due au DDT d’hier ?

Sur cette image, on peut apercevoir un soldat américain pulvérisant du DDT dilué à 10 % dans du kérosène pour lutter contre le paludisme en Italie. Avec les années, les scientifiques se sont rendu compte de ses méfaits sur l’environnement et la santé. Pourrait-il être à l’origine de la maladie d’Alzheimer ? © Lamiot, Wikimedia Commons, cc by 2.0Sur cette image, on peut apercevoir un soldat américain pulvérisant du DDT dilué à 10 % dans du kérosène pour lutter contre le paludisme en Italie. Avec les années, les scientifiques se sont rendu compte de ses méfaits sur l’environnement et la santé. Pourrait-il être à l’origine de la maladie d’Alzheimer ? © Lamiot, Wikimedia Commons, cc by 2.0

La maladie d’Alzheimer d’aujourd’hui est-elle due au DDT d’hier ? - 2 Photos

Synthétisé pour la première fois en 1874, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), a été très utilisé comme insecticide, en particulier au cours de la seconde guerre mondiale. Les soldats le répandaient sur les murs pour combattre les insectes ravageurs porteurs de maladies infectieuses comme le paludisme et le typhus. Des villes italiennes toutes entières ont d’ailleurs été aspergées dans ce but. Ces efforts ont porté leur fruit puisque le DDT a fortement contribué à l’éradication complète du paludisme en Europe et en Amérique du Nord. En 1955, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même débuté un programme mondial d’éradication de cette maladie parasitaire, basée principalement sur l’utilisation de ce pesticide.

Les propriétés insecticides du DDT ont été découvertes en 1939 par Paul Hermann Müller, qui a reçu à cet effet le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948.
Les propriétés insecticides du DDT ont été découvertes en 1939 par Paul Hermann Müller, qui a reçu à cet effet le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948. © Benjah-bmm27, Wikimedia Commons, DP

Après la fin de la guerre, le DDT a largement été utilisé dans l’agriculture. Cependant, des doutes ont progressivement commencé à faire surface quant à son impact sur l’environnement et sur la santé. Dès 1962, la biologiste et auteur Rachel Carson publie le livre Silent Spring (Printemps silencieux) qui dénonce les effets destructeurs des insecticides, et en particulier du DDT, sur la faune et la flore. Elle remporta un franc succès et provoqua une prise de conscience du public. La communauté scientifique suit le mouvement et démontre peu à peu les méfaits du pesticide. Les doutes prennent de l’ampleur et le DDT est interdit dans la plupart des pays développés à partir des années 1970. Il a cependant fallut attendre 1984 pour que le Royaume-Uni suive le pas et le retire aussi du marché. Aujourd’hui, le DDT est toujours utilisé dans certaines régions du monde pour vaincre les moustiques porteurs de maladies mortelles.

Quatre fois plus de DDE dans le sang des malades d’Alzheimer

Le DDT n’a pourtant pas fini de faire parler de lui. Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Jama Neurology, une équipe de la Johnson Medical School à Piscataway (États-Unis) s’est penchée sur le lien entre une exposition au DDT et l’apparition d’Alzheimer, dont les causes sont encore mystérieuses. Leurs résultats incriminent l’insecticide dans le développement de cette maladie neurodégénérative. Ainsi, après Parkinson, le DDT augmenterait le risque d'Alzheimer.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont comparé des échantillons de sang provenant de 86 patients souffrant d’Alzheimer avec ceux de 79 personnes saines. Plus précisément, ils ont mesuré le taux de dichlorodiphényldichloroéthylène (DDE), un composé issu du métabolisme du DDT qui reste stable de nombreuses années dans l’organisme. Leurs résultats font froid dans le dos : le taux sanguin de DDE est près de quatre fois plus important chez les malades. « Cette étude est une des premières à identifier un lien entre un pesticide et la maladie d’Alzheimer », indique Alan Levey, un des participants à l’étude.

Le DDT à l’origine des plaques séniles ?

Pour confirmer ces données, les auteurs ont examiné le cerveau de 11 patients décédés des suites de la maladie d’Alzheimer. Même chose : ils présentaient une forte concentration de DDE à la fois dans le système nerveux et dans le sang. Enfin, en exposant des cellules à du DDT ou à du DDE, les chercheurs ont observé une augmentation de la production de la bêta-amyloïde, la protéine responsable de la formation de plaques séniles retrouvées en abondance chez les personnes atteintes d’Alzheimer.

Selon les auteurs, ses résultats suggèrent que le DDT a contribué à l’apparition de la maladie d’Alzheimer, probablement en combinaison avec d’autres facteurs génétiques. Ils ont d’ailleurs remarqué que les candidats de l’expérience portant des mutations à risque avaient les symptômes les plus prononcés. Cependant, de nombreux experts dans le domaine se veulent prudents et considèrent que des études plus vastes sont nécessaires pour définitivement conclure à un lien entre le DDT et Alzheimer. « Si la connexion se confirme, le DDE pourrait être utilisé afin de diagnostiquer rapidement la maladie, conclut Jason Richardson, le principal auteur de ces travaux. C’est important car plus elle est dépistée tôt, plus la prise en charge du patient sera efficace. »


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29 Jan 21:37

Code coverage for Puppet modules - Morethanseven (Lionel Félicité)

by Lionel Félicité
29 Jan 21:36

10 choses pas très consensuelles à savoir sur la « voiture écologique »

by Olivier Razemon

Au Mondial de l'automobile, en 2012. © Olivier RazemonUn drôle d’attelage. Elle, à droite, c’est Fabienne Keller, ex-maire (UMP) de Strasbourg, qui aspire à le redevenir. Lui, à gauche, c’est Denis Baupin, ex-adjoint (EELV) de Bertrand Delanoë en charge des transports. Il est député, elle est sénatrice. Il a l’habitude de se faire traiter de "Khmer vert" et d’"ayatollah anti-voiture". On la trouve technocratique et on l’appelle "Madame gare" après un rapport sur l’avenir des grandes gares publié en 2009. Ils se tutoient (c’est le contraire qui serait étonnant) et partagent une même vision des transports, un soutien à l’écotaxe sur les poids-lourds, une politique en faveur du vélo dans leurs villes respectives et aussi le fait de circuler, tous les jours, sans voiture. Lui en métro, à Paris. Elle à vélo et en tramway, à Strasbourg. Bref, "avec Fabienne, c’est du sérieux", dit Denis. "Avec Denis, c’est du sérieux", répond Fabienne.

Denis et Fabienne. © Olivier RazemonLes deux parlementaires viennent de commettre un rapport de 261 pages sur l’avenir de la "voiture écologique". Les connaisseurs y percevront le discret ronronnement de la "mobilité de demain", telle que décrite par des spécialistes depuis 15 ans. "Le secteur automobile est en pleine mutation", assure le député. Sans blague. La voiture "symbole de liberté" et "porteuse de valeurs" rencontre "des limites", ajoute-t-il. Bref, comme le rappelle le quotidien La Croix, on est en train de passer "de la machine à écrire à l'ordinateur". Les auteurs soulignent la survenance prochaine d’un "peak car", le fait que "le nombre de voitures neuves vendues cesse d’augmenter, atteigne un plateau et commence à décliner". Sur le site du Sénat, ils ont ouvert un blog.

Y a-t-il vraiment du nouveau ? Pour se familiariser avec les enjeux d’une industrie La voiture du futur. © Olivier Razemonultra-subventionnée, et sans s’infliger le verbe terne d’un rapport parlementaire, on peut aussi se plonger dans le passionnant livre de Frédéric Denhez publié en septembre dernier : La fin du tout-voiture. Ou encore entamer l’un des ouvrages de Bruno Marzloff, sociologue de la mobilité. Et pourtant, le tandem Baupin/Keller s’attaque, en quelque cent propositions, à quelques idées tenaces, voire à certains tabous. Voici 10 enseignements que l’on peut retenir.

1/ L’écologique, ce n’est pas l’électrique. On aurait tort de résumer la voiture écologique à la propulsion électrique. Plusieurs types de propulsion sont en concurrence, rappellent les auteurs : le gaz, l’hydrogène, l'air comprimé, les agrocarburants… et le pétrole. "On ne sait pas quelle technologie va émerger", indique Mme Keller, qui préfère insister sur "le poids" du véhicule, pas toujours proportionné à la charge transportée. "Une femme pesant 50 kilos qui se déplace dans un 4x4 de 1,5 tonne, utilise une masse 30 fois supérieure. Mieux vaudrait utiliser une petite voiture de 500 kilos". Les parlementaires jugent que ramener la consommation de carburant à 2 litres aux 100 kilomètres permettrait des économies d’énergie – et donc des économies tout court –  considérables.

Au Mondial. © Olivier Razemon2/ L’électrique, c’est beaucoup de comm’. Le bilan environnemental d’une automobile ne se mesure pas seulement quand elle roule, mais entre le moment de sa conception et sa destruction. Il faut la construire, l’acheminer, la revendre, la désassembler et le cas échéant la recycler. C’est l’analyse "du puits à la roue", que revendiquent les auteurs du rapport. Une étude de l’Ademe relayée par La Tribune l’avait d’ailleurs souligné. "Zéro émission, 100% de mensonges", tranche même Jean-Marc Jancovici, spécialiste de l’énergie, dans "Changer le monde, tout un programme".

3/ Recyclage, peut mieux faire. La sénatrice souligne que le recyclage n'est pas très performant : "Aujourd’hui, en pratique, on exporte les vieilles voitures". Le député s’interroge pour sa part sur les batteries en fin de vie qui équipent les modèles électriques. (à lire : et si on gardait nos vieilles guimbardes?)

4/ Le partage plus performant que la technologie ? Les auteurs préfèrent parler de "mobilité" plutôt que de "véhicule". La mutualisation d’une automobile, autopartage (voir détails ici) et covoiturage (voir ici) est l’un des principaux axes du rapport, qui prônent "2 personnes par voiture et 2 litres aux cents kilomètres". "Avoir une voiture est un luxe, surtout quand on ne s’en sert pas", lâche Mme Keller. Pierre Trami, chargé de mission chez le distributeur de gaz GRDF disait l’an dernier, lors d’un colloque à Lille : "En mettant 2 personnes par voiture au lieu de 1,2, on gagne 40 ans de technologie".

Une flotte d'autopartage. A Nancy. © Olivier Razemon5/ C’est ma place, pas la tienne. Pour encourager le covoiturage, la sénatrice et le député veulent "des places prioritaires" et à prix réduit sur les parkings, la voirie, ainsi que des voies de circulation réservées aux transports collectifs, taxis, véhicules "sobres" et comportant plus de deux personnes. Ça ressemble à une proposition sans conséquence, mais cela contraindrait les automobilistes circulant seuls (lire ici, notamment, des précisions sur les voies réservées).

6/ Les constructeurs réticents. Les fabricants d’automobiles sont-ils conscients des enjeux ? Ce n’est pas sûr. Le député relève l’existence de "60 projets de véhicules innovants" mais constate que l’investissement demeure "relativement marginal pour les constructeurs". Actuellement, le modèle économique de la voiture du futur "n’est pas soutenable", conclut-il. "Mais les constructeurs disent que si les pouvoirs publics donnent des signaux incitatifs suffisamment forts, cela peut changer les équations", confie-t-il à Challenges.

Encore des autoroutes? © Olivier Razemon7/ Haro sur les rocades et les autoroutes ! Les élus demandent des infrastructures proportionnées aux besoins. On songe à l’aéroport Notre-Dame des Landes, dont la construction prend d'ailleurs beaucoup de retard, aux gares TGV en pleine campagne ou à ces centres commerciaux censés garantir la création de milliers d’emplois, mais les infrastructures routières sont aussi dans le collimateur. Certes, ces projets coûteux "plaisent beaucoup aux grands élus qui coupent le ruban", sourit M. Baupin, mais encouragent des déplacements. A ses côtés, Mme Keller, qui défend, à Strasbourg, le "grand contournement ouest", une rocade censée désengorger la capitale alsacienne, ne réagit pas.

8/ Une question de société. Pour les parlementaires, l’enjeu des transports n’est pas A Barcelon, au congrès sur les voitures électriques, novembre 2013. © Olivier Razemonseulement environnemental mais social. Mme Keller parle des "difficultés de déplacement des personnes âgées" de moins en moins motorisées, de l’isolement, de la santé. M. Baupin s’inquiète des embouteillages et des "contraintes sociales" pesant sur l’industrie automobile. Plus généralement, les deux parlementaires évoquent "l’intérêt collectif". Les transports quotidiens sont un bien public.

9/ L'écotaxe, plus grand, plus fort. "Les Verts veulent rouler gratis", a titré Le Point. Le rapport comporte un volet fiscal, car on n’envisage pas, en France, une politique publique sans parler d’argent. Des avantages seraient accordés aux carburants "propres", aux véhicules moins puissants et moins volumineux, aux flottes d'entreprise "écologiques". Toutefois, compte tenu de l’état des finances publiques, de telles mesures seraient sans doute compensées par des coupes budgétaires. C’est un peu le retour de l’écotaxe, mais en plus grand.

Denis Baupin. © Olivier Razemon10/ L’aggiornamento de l’ayatollah. Si M. Baupin s’intéresse désormais à la voiture, c’est  "qu’on ne changera pas la mobilité sans s’attaquer à la voiture. Les transports publics et le vélo ne suffiront pas". L’élu n’est plus adjoint au maire de Paris en charge des transports depuis 6 ans, il a été remplacé successivement par Annick Lepetit puis Julien Bargeton, actuel titulaire du poste. Pourtant, beaucoup croient l’écologiste encore aux manettes. "Des médias m’appellent au sujet de l’abaissement de la vitesse sur le périphérique. On m’interpelle sur Twitter parce qu’il y a des embouteillages", s’amuse-t-il, soulignant qu’il est, rien que ça, "le Jack Lang des transports parisiens", allusion à celui qui, pendant des décennies, a éclipsé ses successeurs au ministère de la culture.

29 Jan 21:14

Quand le BYOD se transforme en informatique clandestine : tristes vérités et histoires désolantes

Les échecs de l'utilisation d'appareils personnels sur le lieu de travail exposent les dissensions et les attentes non satisfaites entre les utilisateurs et l'entité informatique, et favorisent ainsi l'émergence d'un "shadow IT".
29 Jan 08:17

Pourrait-on effacer du cerveau les mauvais souvenirs ?

Dans le film Eternal Sunshine of the Spotless Mind, les deux personnages principaux, Joël et Clémentine, (interprétés par Jim Carrey et Kate Winslet) se font effacer les souvenirs de leur relation amoureuse. Dans le monde réel, les scientifiques viennent de découvrir qu'un médicament capable d’éliminer les traces des mauvais souvenirs sur l’ADN améliorait l’efficacité des thérapies comportementales chez la souris. © Clarabarm, Flickr, cc by nc nd 2.0Dans le film Eternal Sunshine of the Spotless Mind, les deux personnages principaux, Joël et Clémentine, (interprétés par Jim Carrey et Kate Winslet) se font effacer les souvenirs de leur relation amoureuse. Dans le monde réel, les scientifiques viennent de découvrir qu'un médicament capable d’éliminer les traces des mauvais souvenirs sur l’ADN améliorait l’efficacité des thérapies comportementales chez la souris. © Clarabarm, Flickr, cc by nc nd 2.0

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Les expériences vécues, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, font grandir et forgent peu à peu le caractère et la personnalité. Dans certaines conditions cependant, les difficultés peuvent bloquer l’acheminement personnel et rendre la vie de tous les jours très pénible. Les victimes de guerres ou les personnes ayant subi des sévices pendant l’enfance par exemple, ont très souvent beaucoup de mal à faire table rase du passé et à poursuivre le cours de leur existence. Elles peuvent être sujettes à une pathologie du comportement appelée trouble du stress post traumatique, ou état de stress post-traumatique (ESPT), qui se traduit par une peur intense et un sentiment d’impuissance face au quotidien.

Malheureusement, les événements traumatisants laissent souvent une empreinte tenace qui rend les thérapies comportementales impuissantes. L’ADN peut en effet contenir des marques, appelées modifications épigénétiques, qui sont persistantes et très difficiles à effacer. Une étude récente montrait d’ailleurs que la peur d’une odeur chez la souris pouvait se transmettre sur plusieurs générations par un mécanisme épigénétique.

Les mécanismes de l'épigénétique : des méthylations ou des facteurs épigénétiques s'attachent aux histones ou à l'ADN et ont une influence sur l'expression des gènes.
Les mécanismes de l'épigénétique : des méthylations ou des facteurs épigénétiques s'attachent aux histones ou à l'ADN et ont une influence sur l'expression des gènes. © NIH, DP, adaptation Futura-Sciences

Les personnes souffrant d’ESPT sont donc souvent face à une impasse. Même si elles essayent de guérir, le souvenir de leur traumatisme revient constamment les hanter. « Elles revivent la situation difficile presque quotidiennement, explique Li-Huei Tsai, une neurologue du Massachusetts Institute of Technology (MIT). En leur faisant se remémorer les faits dans un environnement protégé on arrive à les aider pendant un temps mais cela n’est en général pas définitif. »

Les traumatismes marquent l’ADN

Pourrait-on éliminer les traces épigénétiques et améliorer la santé des malades ? En voulant répondre à cette question, Li-Huei Tsai et son équipe ont obtenu des résultats prometteurs chez la souris. Leurs travaux, publiés dans la revue Cell, ouvrent la voie vers une nouvelle forme de thérapie de l’ESPT qui associe un traitement médicamenteux et un suivi psychologique.

Au cours de cette étude, les auteurs ont mis au point un modèle animal pour étudier l’ESPT. Ils ont tout d’abord réalisé une expérience de conditionnement chez des souris dans le but de créer une association entre un son et un traumatisme. Pour cela, ils ont envoyé des chocs électriques à plusieurs reprises dans les pattes des animaux tout en leur faisant écouter un son caractéristique. Au bout d’un moment, les rongeurs finissent par associer les deux choses : le bruit leur fait peur même s’il n’est pas accompagné d’un événement douloureux. La journée suivante, les chercheurs ont mis en place une thérapie afin de soigner les rongeurs traumatisés : ils ont à nouveau émis le son mais cette fois-ci sans torturer les animaux. Cette opération a été répétée plusieurs fois ce qui a permis aux souris d’oublier progressivement leur peur.

Effacer les marques épigénétiques pour rendre les thérapies efficaces

Les scientifiques se sont rendu compte que la thérapie était inefficace si elle commençait un mois après l’expérience de conditionnement. En effet, après quelques temps, les mauvais souvenirs marquent l’ADN de manière épigénétique ce qui rend le traitement difficile. « Chez les rongeurs, il faut à peu près une semaine pour que les traumatismes s’inscrivent dans le génome », raconte Li-Huei Tsai.

Pour contourner le problème, les chercheurs ont eu l’idée ingénieuse d’utiliser une classe de médicaments, appelés Histone Deacetylase Inhibitors (HDACi), connue pour effacer les marques épigénétiques présentes sur l’ADN. Ils avaient vu juste : en donnant des HDACi à des rongeurs traumatisés, la thérapie comportementale s’est révélée beaucoup plus efficace et leur a permis d’oublier leurs craintes, même un mois après le traumatisme. En revanche, les médicaments à eux seuls ne fonctionnent pas et doivent absolument être accompagnés d’une thérapie. Autrement dit, effacer les traces épigénétiques n’est pas suffisant pour dissocier un souvenir de l’émotion qui lui est rattachée.

Ces résultats prometteurs devraient redonner de l’espoir aux personnes ayant vécu des situations terribles qu’elles n’arrivent pas à surpasser. Mais pour passer de la souris à l’Homme il y a un fossé à franchir et de nombreuses recherches sont encore nécessaires avant les essais cliniques. « Les HDACI sont déjà utilisés chez l’Homme pour le traitement de certains cancers, indique Li-Huei Tsai. Cela devrait faciliter les démarches quant à leur utilisation pour soigner les ESPT. » La chercheuse se veut cependant prudente et conçoit que cette forme de thérapie n’est pas encore pour demain.


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29 Jan 08:15

Des billes de plastique protègeraient après une crise cardiaque

Les monocytes sont les plus grosses cellules qui circulent dans le sang. Elles jouent un rôle important dans la réaction immunitaire et sont capables de réaliser la phagocytose. Elles sont aussi impliquées dans la réponse inflammatoire, notamment celle qui se produit en excès après une crise cardiaque. Grâce à des microbilles de plastique chargées négativement, des chercheurs états-uniens ont pu neutraliser ces cellules et réduire l’inflammation. © BruceBlaus, Wikimedia Commons, cc by 3.0Les monocytes sont les plus grosses cellules qui circulent dans le sang. Elles jouent un rôle important dans la réaction immunitaire et sont capables de réaliser la phagocytose. Elles sont aussi impliquées dans la réponse inflammatoire, notamment celle qui se produit en excès après une crise cardiaque. Grâce à des microbilles de plastique chargées négativement, des chercheurs états-uniens ont pu neutraliser ces cellules et réduire l’inflammation. © BruceBlaus, Wikimedia Commons, cc by 3.0

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Grâce au cœur, l’un des plus gros muscles du corps, le sang circule continuellement dans tout l’organisme et fournit aux organes l’oxygène et les nutriments nécessaires à leur fonctionnement. Son rôle est donc primordial et tout disfonctionnement peut être fatal. Lorsqu’une des artères qui mènent au cœur se bouche par exemple, les tissus cardiaques ne sont plus oxygénés correctement ce qui peut entraîner une nécrose et conduire à la crise cardiaque. Les médecins doivent alors réagir très rapidement pour déboucher les vaisseaux et réapprovisionner le cœur en oxygène. Cependant, même en cas de succès, la crise cardiaque entraîne des lésions irréversibles et fragilise le cœur.

Les chercheurs travaillent avec ardeur pour dénicher des solutions afin de limiter les dégâts lors d’un infarctus. Récemment, une équipe britannique a obtenu des résultats prometteurs avec une molécule, appelée MitoSNO, capable de bloquer la production de composés toxiques à la suite d’une crise cardiaque. Mais son utilisation chez l’Homme nécessite encore de nombreux tests et n’est pas pour demain. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Translational Medecine, propose une toute autre stratégie pour éviter les complications. Cette fois-ci, il s’agit d’injecter des microbilles de plastique pour limiter la réponse inflammatoire au niveau du cœur. Les scientifiques de l’université Northwestern dans l’Illinois (États-Unis) à l’origine de cette découverte ont observé ce phénomène par hasard alors qu’ils s’intéressaient à la réponse inflammatoire chez la souris.

Le cœur fonctionne comme une pompe et assure la circulation d’environ 8.000 litres de sang dans l'organisme en une journée. Grâce à lui, les organes sont nourris en oxygène et en nutriments.
Le cœur fonctionne comme une pompe et assure la circulation d’environ 8.000 litres de sang dans l'organisme en une journée. Grâce à lui, les organes sont nourris en oxygène et en nutriments. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Un heureux hasard conduit à un remède contre l’inflammation

L’équipe avait trouvé une solution idéale pour étiqueter et observer le déplacement des monocytes, des cellules immunitaires responsables de l’inflammation et de la dégradation des cellules après un traumatisme tissulaire. À cette époque, ils utilisaient des souris infectées par le virus du Nil occidental et leur injectaient des billes de plastiques microscopiques, environ 200 fois moins épaisses qu’un cheveu, capables de se fixer sur les monocytes. Les scientifiques pouvaient ainsi suivre le mouvement de ces cellules immunitaires de la circulation sanguine vers le cerveau où elles s’attaquent aux tissus nerveux.

Mais par une erreur fortuite, un lot de billes s’est chargé négativement. C’est alors que l’impensable s’est produit : au lieu de mourir d’une inflammation cérébrale, la majorité des souris est restée vivantes. « Cette découverte s’est faite complétement par accident », raconte Daniel Getts, le directeur de l’étude. En regardant plus en détail, les auteurs se sont alors rendu compte que les monocytes s’étaient accrochés aux microparticules mais qu’au lieu d’aller au cerveau ils se dirigeaient vers la rate.

Les monocytes changent de direction

Pourquoi et comment les monocytes avaient-ils changé de trajectoire ? Pour le savoir, les scientifiques ont analysé de plus près la liaison entre les microparticules et les monocytes. Ils ont alors montré que les billes étaient attachées sur un récepteur de surface particulier appelé MARCO. Ce dernier est utilisé par les monocytes pour détecter et se lier aux régions chargées négativement présentes sur les agents infectieux, les cellules mortes ou les débris cellulaires qui circulent dans le sang. Selon les chercheurs, la fixation sur MARCO serait un signal qui ordonnerait aux monocytes de se diriger vers la rate où leur cargaison est détruite.

Les chercheurs ont alors testé l’effet de ses microparticules après une crise cardiaque chez la souris. Pour cela, ils les ont injectées dans les rongeurs 12 heures après un accident cardiaque. Ils ont alors démontré que leur cœur fonctionnait mieux que celui de souris n’ayant pas reçu de traitement et que les lésions cardiaques étaient deux fois moins sévères ! Mais ce n’est pas tout. Les scientifiques ont également montré que les microparticules pouvaient limiter la progression d’autres maladies inflammatoires comme la sclérose en plaques ou les maladies chroniques de l’intestin.

Les auteurs voudraient maintenant tester cette technique prometteuse chez l’Homme et espèrent commencer les essais cliniques l’année prochaine. Dans le futur, ils envisagent d’étudier plus en détail le rôle du récepteur MARCO dans le déplacement des monocytes vers la rate. Ces recherches pourraient ouvrir la voie vers le développement de nouvelles stratégies de traitement des maladies inflammatoires.


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29 Jan 08:14

Du nouveau sur l'énergie noire et la courbure de l'univers

Avant la recombinaison, 380.000 ans après le Big bang, l’univers était dominé par un mélange de baryons couplés à des photons. Ce cocktail baignait déjà dans la matière noire, dont les fluctuations de densité généraient des ondes sonores sphériques se propageant à presque la moitié de la vitesse de la lumière. Au moment de la recombinaison, lorsque les atomes neutres apparaissent, la lumière se découple de la matière baryonique et le front de ces ondes sonores, poussé par le flux de photons, se fige temporairement. Ce qui a engendré des zones de surdensité de matière normale en forme de coquilles (dont le diamètre est fixé par la vitesse des ondes sonores produites par les oscillations acoustiques). Ces régions deviendront des lieux privilégiés de formation d'amas de galaxies. Après les premiers milliards d’années, la présence de plus en plus dominante de l’énergie noire va influer sur le taux de croissance des amas de galaxies. C'est ce phénomène, avec des « oscillations baryoniques acoustiques », qui est représenté sur cette vue d'artiste. © Zosia Rostomian, Lawrence Berkeley National LaboratoryAvant la recombinaison, 380.000 ans après le Big bang, l’univers était dominé par un mélange de baryons couplés à des photons. Ce cocktail baignait déjà dans la matière noire, dont les fluctuations de densité généraient des ondes sonores sphériques se propageant à presque la moitié de la vitesse de la lumière. Au moment de la recombinaison, lorsque les atomes neutres apparaissent, la lumière se découple de la matière baryonique et le front de ces ondes sonores, poussé par le flux de photons, se fige temporairement. Ce qui a engendré des zones de surdensité de matière normale en forme de coquilles (dont le diamètre est fixé par la vitesse des ondes sonores produites par les oscillations acoustiques). Ces régions deviendront des lieux privilégiés de formation d'amas de galaxies. Après les premiers milliards d’années, la présence de plus en plus dominante de l’énergie noire va influer sur le taux de croissance des amas de galaxies. C'est ce phénomène, avec des « oscillations baryoniques acoustiques », qui est représenté sur cette vue d'artiste. © Zosia Rostomian, Lawrence Berkeley National Laboratory

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Il y a trois types de grandeurs fondamentales que les scientifiques cherchent à mesurer en astrophysique et en cosmologie : des masses, des températures et des distances. On sait bien que la taille apparente d’un objet diminue en fonction de son éloignement. Si on connaît sa taille absolue, il suffit de déterminer sa taille apparente pour connaître sa distance. Dans un espace-temps plat, la trajectoire des rayons lumineux dans l’espace n’est pas affectée, et il existe donc une relation simple entre la variation de la taille apparente d’un objet et sa distance. Elle varie en fonction inverse de la distance.

Il se trouve que dans les modèles cosmologiques issus de la relativité générale, la loi de variation de la taille apparente d’un objet en fonction de son décalage spectral vers le rouge est sensible à la courbure de l’espace. Si l’on dispose d’un étalon de longueur fixe associé à un phénomène astrophysique et qu’on mesure son diamètre apparent ainsi que son décalage spectral, on peut donc mesurer la courbure spatiale de l’univers observable. Et donc, potentiellement, savoir s’il est clos ou ouvert. Comme les modèles cosmologiques étudiés sont dépendants de leur contenu en matière et énergie noires, on peut aussi avoir des renseignements sur le contenu de l’univers observable de cette manière.

Les oscillations acoustiques de baryons et les galaxies

Il existe un étalon de longueur qui se prête bien à ce calcul : celui associé aux oscillations acoustiques des baryons (BAO, pour baryon acoustic oscillations en anglais) dans l’univers primitif avant la recombinaison, c'est-à-dire avant l’émission du rayonnement fossile environ 380.000 ans après la « naissance » de l’univers observable. Avant cette recombinaison qui va donner lieu à la formation des atomes neutres, l’univers est un plasma chaud de protons, d’électrons, de photons et de neutrinos entourant des zones plus denses contenant de la matière noire. Ces zones attirent gravitationnellement les baryons, mais le couplage entre la matière normale et la lumière produit une pression qui s’oppose à l’effondrement des baryons. Le plasma de matière normale se contente donc d’osciller avec des ondes sphériques de densité autour des zones de surdensité de matière noire. La matière normale va donc avoir tendance à se concentrer sur des coquilles sphériques. Si l’on prend l’image de petites pierres lancées dans une mare, les ondes concentriques de surface qui se chevauchent donnent une bonne représentation des ondes sphériques se propageant dans le cosmos observable de l’époque.

Le Sloan Digital Sky Survey (SDSS) est l'une des campagnes d'observations les plus ambitieuses et les plus influentes de l'histoire de l'astronomie. Pendant huit ans (SDSS-I de 2000 à 2005, puis SDSS-II de 2005 à 2008), les scientifiques ont obtenu des images d'objets distants couvrant plus d'un quart du ciel. Cela a permis de créer des cartes en trois dimensions contenant plus de 930.000 galaxies et plus de 120.000 quasars. La campagne SDSS-III est en cours jusqu'en 2014. Les observations ont été réalisées avec le télescope à l’image.
Le Sloan Digital Sky Survey (SDSS) est l'une des campagnes d'observations les plus ambitieuses et les plus influentes de l'histoire de l'astronomie. Pendant huit ans (SDSS-I de 2000 à 2005, puis SDSS-II de 2005 à 2008), les scientifiques ont obtenu des images d'objets distants couvrant plus d'un quart du ciel. Cela a permis de créer des cartes en trois dimensions contenant plus de 930.000 galaxies et plus de 120.000 quasars. La campagne SDSS-III est en cours jusqu'en 2014. Les observations ont été réalisées avec le télescope à l’image. © SDSS Team, Fermilab Visual Media Services

Au moment de la recombinaison, la pression des photons disparaît, et donc aussi les oscillations acoustiques des baryons. Il existe alors une longueur caractéristique dans la taille des coquilles sphériques de matière à cette époque. La trace de ce phénomène va se retrouver plus tard dans les regroupements de galaxies dans l’univers. En analysant ces regroupements à une date donnée de l’histoire du cosmos, on peut à la fois mesurer une échelle de distance fossile caractéristique des oscillations acoustiques des baryons et mesurer sa taille apparente.

Depuis les années 2000, les membres de la collaboration SDSS (Sloan Digital Sky Survey) utilisaient un télescope optique de 2,5 mètres de diamètre situé à l'observatoire d'Apache Point, aux États-Unis, pour dresser une carte de la répartition des galaxies autour de la Voie lactée et mesurer les décalages spectraux associés. En 2008, quatre nouvelles campagnes d’observation ont été lancées avec SDSS-III. L’une d’elles se nomme Baryon Oscillation Spectroscopic Survey (Boss) et avait précisément pour but de mesurer et caractériser précisément l’étalon de longueur contenu dans les oscillations acoustiques des baryons, ainsi que de relier sa taille apparente à des décalages spectraux.

Constante cosmologique pour un univers plat

Les astronomes de Boss ont ainsi cartographié et analysé les spectres de 1.277.503 galaxies sur une portion de la voûte céleste dont la taille angulaire est de 8.509 degrés carrés dans l'hémisphère nord. Cet échantillon de galaxies mais aussi de quasars plonge jusqu’à six milliards d’années dans le passé de notre univers, c'est-à-dire précisément la période où l’accélération de l’expansion de l’univers sous l’effet de l’énergie noire est devenue notable. Une fois terminées, les observations de Boss contiendront des spectres de haute qualité de 1,3 million de galaxies, ainsi que de 160.000 quasars et beaucoup d'autres objets astronomiques, couvrant une surface angulaire de 10.000 degrés carrés.

Les chercheurs viennent de publier sur arxiv les derniers résultats de leurs analyses des données patiemment accumulées depuis 2008. Ils ne cachent pas leur enthousiasme devant la précision des mesures atteintes en ce qui concerne les distances et d’autres paramètres cosmologiques. Il y a 20 ans, certaines étaient connues avec une incertitude de 50 % : elle était tombée à 5 % voilà 5 ans, et on atteint maintenant une précision de 1 %.

Les deux conclusions principales qui ont pu être déduites sont que l’univers ne donne toujours aucun signe d’un écart à la géométrie euclidienne pour ce qui concerne la courbure de l’espace et qu’il n’y a toujours aucun signe d’un changement de la valeur de l’énergie noire pendant ces derniers six milliards d’années. Elle se comporte donc comme la constante cosmologique d’Einstein, ce qui est assez décevant, car dans le cas contraire, on aurait pu faire le lien avec de la nouvelle physique comme celle de la supergravité.


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29 Jan 08:12

Les futurs smartphones alimentés par des biobatteries au sucre ?

Deux membres de l’équipe du Virginia Tech qui a créé une pile à combustible enzymatique aérobie (de gauche à droite, Zhiguang Zhu, spécialiste en ingénierie des systèmes biologiques, et le professeur Y. H. Percival Zhang). Celle-ci parvient à produire une densité de stockage d’énergie dix fois supérieure à celle d’une batterie au lithium-ion. © Virginia TechDeux membres de l’équipe du Virginia Tech qui a créé une pile à combustible enzymatique aérobie (de gauche à droite, Zhiguang Zhu, spécialiste en ingénierie des systèmes biologiques, et le professeur Y. H. Percival Zhang). Celle-ci parvient à produire une densité de stockage d’énergie dix fois supérieure à celle d’une batterie au lithium-ion. © Virginia Tech

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Le sucre, qui est une source d’énergie aussi efficace qu’indispensable pour l’organisme humain, peut-il devenir le carburant des futures batteries de nos smartphones ? La réponse est oui, selon le professeur Y. H. Percival Zhang. Chercheur à l'Institut polytechnique de Virginie, plus connu sous le nom de Virginia Tech, il a mis au point avec son équipe une biobatterie alimentée au sucre dont les performances semblent très prometteuses. Si les piles à combustible de ce type ne sont pas une nouveauté, celle créée par le professeur Zhang a une densité d’énergie inédite, dix fois supérieure à celle d’une batterie lithium-ion. Selon le scientifique, d’ici trois ans, sa biobatterie pourrait alimenter des téléphones mobiles, des tablettes et toutes sortes de gadgets électroniques. « Nous avons créé une start-up, Cell-Free BioInnovations, qui travaille sur cette technologie. Nous avons levé des fonds pour les prochaines années », indique Y. H. Percival Zhang.

L’équipe de Virginia Tech a bâti son projet à partir d’une pile à combustible enzymatique aérobie. Cette dernière produit un catabolisme synthétique pour transformer de la maltodextrine en électricité à partir de 13 enzymes spécifiques. L’équipe de Virginia Tech est parvenue à générer 24 électrons par unité de glucose. Il s’agit là d’une première, car la densité d’énergie obtenue est dix fois supérieure à ce qui a pu être accompli jusqu’à présent, souligne le professeur Zhang. « Les piles à combustible enzymatiques contenant 15 % de solution de maltodextrine ont une densité de stockage d'énergie de 596 Ah/kg (ampères-heure par kilogramme), qui est plus élevée d’un ordre de grandeur que celle des batteries lithium-ion », explique le chercheur dans l’article publié par la revue Nature Communications.

Pour fonctionner, la biobatterie utilise 13 enzymes spécifiques non immobilisées. Ci-dessus, deux de ces biobatteries montées en série alimentent une horloge numérique.
Pour fonctionner, la biobatterie utilise 13 enzymes spécifiques non immobilisées. Ci-dessus, deux de ces biobatteries montées en série alimentent une horloge numérique. © Virginia Tech

L’un des secrets de cette biobatterie est qu’elle utilise des enzymes non immobilisées. Cette méthode permet de conserver intacte l’activité des enzymes et facilite le transfert des électrons. De plus, à la différence des piles à combustible à hydrogène ou à méthanol direct, cette pile à combustible enzymatique utilise des composants biodégradables et non inflammables. Pour la recharger, il suffit d’ajouter une solution de maltodextrine à 15 %. Les chercheurs imaginent une biobatterie à cartouche, qu’il suffirait de remplacer comme cela se fait avec les imprimantes à jet d’encre.

Le professeur Zhang nous confirme que la configuration de sa batterie au sucre pourrait être adaptée aux designs aussi variés qu’exigeants des smartphones, tablettes, capteurs et autres vêtements intelligents. Il y a toutefois encore du chemin à parcourir avant d’atteindre ce résultat. Pour le moment, notre interlocuteur reconnaît que l’autonomie et la capacité de recharge de la biobatterie sont nettement plus faibles que celles d’un modèle au lithium-ion. « Notre but est de parvenir à des niveaux similaires. Certains enzymes industrielles sont très stables. Notre objectif à venir est d’augmenter la stabilité et la densité énergétique des enzymes. » Par ailleurs, le professeur Zhang à la recherche d’investisseurs et de partenaires industriels pour faire aboutir le projet le plus rapidement possible.


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29 Jan 08:12

Ordinateur du futur : le phosphorène mieux que le graphène ?

La structure 2D en nid d'abeille d'un feuillet de graphène explique en partie ses extraordinaires propriétés. Les physiciens du solide sont donc en quête d'autres matériaux pouvant exister sous une forme similaire. Ils en espèrent un nouveau bond technologique en électronique. © Jannik MeyerLa structure 2D en nid d'abeille d'un feuillet de graphène explique en partie ses extraordinaires propriétés. Les physiciens du solide sont donc en quête d'autres matériaux pouvant exister sous une forme similaire. Ils en espèrent un nouveau bond technologique en électronique. © Jannik Meyer

Ordinateur du futur : le phosphorène mieux que le graphène ? - 2 Photos

Inspirés par l’exemple du graphène, plusieurs physiciens découvrent depuis quelques années des cousins de ce matériau miracle, comme le graphane et le germanane. L’enjeu n’est rien de moins que la création d’une nouvelle électronique à la pointe des nanotechnologies. Il s’agit en grande partie de prolonger la loi de Moore en créant des transistors et des puces électroniques pour des ordinateurs encore plus rapides et plus miniaturisés. Si cette nouvelle électronique voit le jour, elle devrait profondément affecter notre vie dans les décennies à venir. Il suffit d’imaginer ce qui se passerait si l’on arrivait à construire à l’échelle industrielle et à bas prix des robots bien plus performants que ceux qui existent de nos jours. Google ne s’y est pas trompé.

Le graphène possède de remarquables propriétés de conduction, et les électrons y circulent plus rapidement que dans le silicium. Toutefois, il a un inconvénient : ce n’est pas naturellement un semi-conducteur. On ne peut donc pas l’utiliser directement pour fabriquer des transistors et des circuits logiques. Bien que plusieurs laboratoires dans le monde travaillent à la résolution de ce problème, d’autres équipes explorent une solution plus radicale : se passer du graphène.

Un échantillon de phosphore noir. Ce matériau est peut-être la clé d'un nouveau bond technologique pour les ordinateurs.
Un échantillon de phosphore noir. Ce matériau est peut-être la clé d'un nouveau bond technologique pour les ordinateurs. © Alshaer666, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

L’idée est de chercher des matériaux pouvant exister facilement sous forme de feuillets atomiques 2D avec une structure similaire au graphène, mais qui, tout en conduisant plus rapidement les électrons que le silicium, seraient aussi des semi-conducteurs. Peide Ye et ses collègues de l’université Purdue (Indiana, États-Unis) viennent précisément de découvrir un tel matériau, comme ils l’expliquent dans un article déposé sur arxiv. Il s’agit du phosphore noir.

Le phosphore noir est l’une des formes allotropiques (la faculté de certains corps simples d’exister sous plusieurs formes cristallines ou moléculaires différentes) du phosphore. Il s'obtient en chauffant du phosphore blanc sous haute pression. Il possède plusieurs caractéristiques faisant penser à celles du graphite : il est noir, floconneux, formé d’un empilement de feuillets et conducteur d'électricité.

Les physiciens se sont demandé s’il était possible d’obtenir à partir de ce phosphore noir des feuillets 2D isolés, comme c’est le cas avec des feuillets de graphène à partir du graphite. À l’instar de la découverte du graphène, il leur a suffi d’utiliser du ruban adhésif pour exfolier des blocs de phosphore noir. Les chercheurs n’ont pas tardé à réaliser des transistors avec ce qu’ils appellent du phosphorène.

Il est encore trop tôt pour savoir si le silicium sera détrôné par le phosphorène ou par le graphène. L’une des raisons en est qu’on ne sait pas encore si on pourra produire du phosphorène en masse et à bas coût.


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Le DSI de l’année : rendez-vous en Terre Inconnue

by Nicolas Martignole

dsi_speechMardi 21 janvier 2014. Quelque part dans Paris. Je retrouve Antonio Goncalvès pour participer à la remise des prix du DSI de l’année. Configuration installée : costume, cravate, sourire colgate. A part le fait que je sois arrivé en métro, et Antonio en vélo, personne ne peut soupçonner que nous ne sommes pas des DSI.

Nous participons ce soir à la soirée des DSI, dans le cadre de l’organisation de Devoxx France. Antonio m’a donc embarqué dans cette drôle d’aventure. Au programme : conférences, tables rondes et enfin diner assis avec une remise de prix.

Bon, dès l’entrée dans ce grand palace Parisien, le masque tombe. Pour une fois, personne ne nous prend pour les voituriers. Mais la moyenne d’âge a vite raison de notre camouflage : non, nous ne sommes pas DSI. Passé le moment de curiosité, en fait nous avons vécu une soirée sympa et enrichissante.

Rendez-vous en Terre Inconnue.

Cette émission de télévision de Frédéric Lopez est un énorme succès en France. Le principe est simple : vous prenez une star, vous lui bandez les yeux et vous l’envoyez dans un Pays lointain. L’émission de mardi dernier a fait 6.1 millions de téléspectateurs, ce qui est beaucoup en France.

Pour faire court, c’est ce que nous avons vécu. Nous voilà un peu intimidé et curieux dans un grand salon style Louis XVIII au Shangri-La, très bel hôtel par ailleurs.

Guy Mamou-Mani, Président du Syntec Numérique et co-président du groupe Open, prend la parole. Le Syntec numérique a créé différents ateliers et joue un rôle de conseiller. Mandaté par le gouvernement, il propose une nouvelle mission, particulièrement pour ce qui a trait à la formation. Le constat est qu’il y a 76 000 demandeurs d’emploi (Source : Pôle Emploi 2013, page 24 IT For Business, janvier 2014) sur une population d’environ 380 000 personnes travaillant dans l’informatique en France. Le Syntec propose de nouvelles pistes de formation, de l’école jusqu ‘à la formation continue, en passant par les personnes ayant décrochées du système éducatif. Il faudra presque 900 000 personnes d’ici 2020, et le numérique est un secteur où il est possible de recruter. Le Syntec a remis un rapport au gouvernement en janvier dernier, que je vous invite à consulter sur leur site.

La formation et l’enseignement sont 2 thèmes de Devoxx France 2014. Comment devenir et rester Développeur ? Quelle place pour celui ou celle qui souhaite évoluer dans le métier du développement ? Comment se reformer lorsque l’on a pas eu la chance de suivre la voie royale ? Guy Mamou-Mani parle de Simplon, que nous avons contacté pour Devoxx France. Des initiatives comme celle-ci ou l’école 42, nous montrent qu’il est possible de faire « différemment » en France. J’avoue avoir été agréablement surpris par le discours du Syntec. S’ils peuvent en effet faire bouger nos hommes politiques, pourquoi pas ?

DSI-de-l-annee

Après cette première partie, nous poursuivons sur différentes tables rondes. Bon, pas grand chose à apprendre pour nous. Que fallait-il retenir ? Tout d’abord qu’est-ce qu’être DSI en 2014. Passé la crise, chacun voit son métier différemment. Il y a les gestionnaires de patrimoine, en charge de faire tourner l’usine logicielle. Il y a les innovateurs, qui prennent l’avion pour San-Francisco afin de découvrir Facebook (sic!). Il y a aussi une composante innovation importante. Or innover, c’est prendre des risques, et surtout, remettre en question le patrimoine. Chacun selon sa sensibilité et ses moyens fait « au mieux ».

Le DSI (car c’est majoritairement un homme de plus de 55 ans qui n’a pas une tête de voiturier) doit avant tout équilibrer un budget de fonctionnement. Il n’a pas forcément la latitude pour jouer le créneau de l’innovation. Véritable meneur d’homme, il est aussi en charge des aspects sécurités dans l’entreprise.

Sécurité et confiance. Bertrand Petit, Président d’Innocherche, encourage les DSI à  ouvrir les pont-levis, à faire péter les frontières et toutes ces belles licences de Pare-feu achetées après une partie de golf. Après l’ultra-protégé, le constat de plusieurs DSI, est que le réseau est maintenant complètement ouvert. Comment sécuriser les échanges dans ce cas là ?

Jean-Michel André, DSI d’Europe Assistance, qui a reçu le prix « DSI Innovation », explique que le chiffrement de bout en bout est une des solutions. De toutes les façons, les barrières du SI sont ultra-perméables. Les enjeux sur la sécurité restent un sujet de préoccupation. Le DSI est aussi le garant de la mise en place d’une sécurité, que ce soit en cas d’incidents ou pour tout ce qui est actes malveillants.

Sur le Cloud, en écoutant les différents intervenants, le constat est que nous sommes encore en décalage par rapport à notre expérience de développeur. J’entends 2 ou 3 DSI avoir des craintes sur la sécurité. A contrario, d’autres DSI sont déjà engagés, et utilisent différentes solutions de cloud (Google Apps, Amazon ou Heroku) au quotidien.

Un petit mot au passage sur l’intervention de Numergy, représenté par son président, Philippe Tavernier. Numergy est une solution Cloud type IaaS « à la Amazon », qui offre pour l’instant des machines virtualisées ainsi qu’un ensemble de services (sécurité, répartition de charges, sauvegardes). Le projet avance bien, avec presque 1000 clients déployés. A l’opposé, OVH a presque 700 000 clients dans le monde, avec 12 centres d’hébergement. Amazon AWS a atteint le chiffre d’affaire record de 3.8 Milliards de dollar en 2013… Cela donne une idée assez précise des enjeux.

Après plusieurs tour de tables dont nous avons vite fait le tour, nous sommes passés au diner assis. Un cocktail qu’ils disent. Cela nous permettra de rencontrer le DSI Prix PME, Christophe Chapet, directeur numérique et logistique de Nantes Habitat. Rencontre sympa, où nous parlons de Devoxx, de Nantes et des gars de Clever-Cloud. Je crois qu’il faudra aller à la conférence Web2day en mai prochain à Nantes. Le DSI non-parisien est plus accessible :-)

Bon ensuite, nous avons discuté et échangé. A notre table : la DSI de la fondation de France, le DSI du Ministère des Affaires étrangères, Jean-Louis Clouet le DSI de EFS Santé (Etablissement Français du Sang), un DSI dans le domaine minier, d’autres DSI qui étaient plus timides que nous, et donc, Nicolas et Antonio, organisateur de Devoxx France. Tiens Florence, passe moi le pain s’il te plaît.

Pendant la soirée, différents intervenants montent sur scène pour recevoir un prix.

J’ai bien aimé l’intervention du DSI du PMU, Philippe Germond. Il a reçu le grand prix « Manager numérique de l’année ». Comme il l’explique, c’est aussi un grand prix pour sa DSI, et pas que lui. Le PMU a resisté à la fin du monopole et se porte plutôt très bien. Pour cela, il a mis en place un plan d’innovation, et il continue à travailler sur le réseau physique de leurs solutions. Tout d’abord, être DSI c’est forcément faire de l’innovation. Si vous ne vous positionnez qu’en mode « conservation de mon patrimoine », vous êtes mal. L’innovation et la remise en question de l’existant sont les clés pour avancer. Par ailleurs, la DSI peut aussi être une source de revenu, pas uniquement de coûts. Le DSI d’Europe Assistance explique ainsi qu’ils rendent anonymes puis revendent certaines données sur leurs clients, ce qui permet par exemple aux Assurances d’offrir des couvertures plus adaptés.

Pour le PMU, l’activité via Internet est en croissance de 3.6% en 2013. Chaque jour (et chaque weekend), le nombre de transactions numériques est équivalent à l’activité d’une Bourse. Son message aux autres DSI en recevant son prix, est qu’il est important d’innover, de casser aussi l’image de « cost-killer » portée par certaines DSI.

Un peu plus tard dans la soirée, c’est un diplomate qui est distingué. Nicolas Chapuis reçoit le prix « DSI Coup de Coeur ». DSI du ministère des Affaires Etrangères, il  a piloté la mise en place d’un projet très ambitieux, Diplomatie 2.0, avec de nouveaux outils pour les diplomates, un réseau social interne sécurisé, et donc de nouveaux systèmes d’informations sécurisés. Bon, voilà.

Globalement, voici aussi ce que j’ai retenu des différentes discussions.

Tout d’abord, le DSI sait que le Cloud n’est pas une solution à utiliser systématiquement. Passons rapidement sur le côté sécurité, pour parler simplement du coût. Pour ce qui est du cloud type IaaS, l’intérêt économique de migrer l’existant reste à démontrer. Par contre, pour des projets en phase de démarrage, pourquoi pas ? Mais un DSI, qui est aussi le responsable de ce patrimoine dans l’entreprise, est-il prêt à externaliser tout cela ? Les solutions de type SaaS par contre ont déjà plus de succès. Salesforce, Microsoft, Google, nous avons tous déjà amorcé la transition vers l’univers du service. L’offre est assez ouverte. Les aspects sécurités peuvent être adressés par des solutions de chiffrage, il existe déjà différents systèmes pour ce type de besoins.

Quant à tout ce qui est PaaS, je ne sais pas si les DSI sont vraiment sensibles à cela. Peut-être que les ESN (le nouveau nom des SSII) proposeront de plus en plus de solutions développées sur du PaaS aux DSI… mais le chemin à parcourir est encore long.

Le DSI enfin, est d’abord une personne de pouvoir. J’espère cependant qu’ils prennent un peu de temps pour venir sur le terrain, afin de se rendre compte de ce qu’il se passe en 2014. L’ambiance est trop feutré dans ce grand hôtel parisien, où la majorité des personnes se présentent en déroulant leur CV (passé par Centrale, il a fait un MBA à Stanford, puis a été DSI de Carrefour avant de rejoindre en 1989 la DSI de Brandford. Ah, et il a fait allemand première langue pour ceux que ça intéresse…). Le DSI fait des blagues par exemple sur le fait que le 21 janvier, c’est l’anniversaire de la mort de Louis XVI… Tout ceci renforce l’image du DSI féru de colbertisme.

Bon, et sinon vous avez Twitter les gars ? Car Antonio a actuellement 6100 followers et moi j’en ai 3300… je dis ça, je dis rien. Je n’ai pas fait Centrale, mais je crois que plus de gens nous entendent que vous. Après, est-ce qu’ils écoutent… c’est une autre histoire.

Enfin bref, merci Devoxx France, nous avons eu la chance de vivre un moment unique. 2 développeurs dans  une soirée, avec des rencontres, afin de préparer notre après-midi des Décideurs pour Devoxx France. Cette année, le thème sera le « Big Data ». Derrière ce mot clé, nous souhaitons vous faire rencontrer des DSI, des CTO, des responsables techniques, et donc des personnes avec de vraies histoires, comme en 2013 sur le Cloud.

Cet article pour ceux qui me lisent pour la première fois, est à prendre au second degré. En vivant ce type d’aventure, croyez-moi, nous faisons avancer l’image du Développeur. En étant présent et en expliquant notre projet, nous défendons l’image du Développeur. Antonio a ainsi discuté avec Guy Mamou-Mani sur Devoxx4Kids. Si nous n’allons pas à la rencontre de nos patrons, de nos responsables et donc, des DSI, nous ne pourrons pas faire avancer l’image du développeur en France. Donc derrière tout ceci, par les rencontres que nous faisons, vraiment, nous essayons de faire bouger les choses.

Sur ce, je vous laisse, j’ai une voiture à garer. On m’a donné une clé et un billet de 20 en repartant.

A bientôt

dsi_annee_nm

antonio_goncalves nicolas

27 Jan 08:37

What we say to Flashers in 2014

by CommitStrip