Choc des textes, hier, entre parlementaires et scientifiques. Sujet ? Les pesticides, et surtout les risques qu’ils peuvent comporter.
D’un côté, dans Le Monde, un appel signé de 257 scientifiques, proclamant : «L’analyse des effets et des impacts des pesticides doit être portée par la recherche publique, en toute indépendance et transparence, au service des citoyens et citoyennes et au nom du bien commun de la préservation de la nature et de ses écosystèmes.» Et donc réclamant des moyens alloués à la recherche publique à cet effet. Parmi les premiers signataires, on relève le nom de Bernard Salles, l’auteur principal d’une étude qui participa à mettre un point final – au plan scientifique – à « l’affaire Séralini », du nom ce biologiste prétendant, à tort, avoir démontré que des rats nourris par des maïs transgéniques modifiés pour tolérer le glyphosate en mourrait rapidement de cancers.
Et de l’autre, dans une salle de travail du Sénat, la remise à la presse par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques d’un rapport qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive depuis deux jours… pour ce qu’il ne contenait pas. C’est l’affaire Médevielle, le sénateur Pierre Médevielle, l’un des co-rapporteurs, élu de Haute Garonne coupable non seulement d’avoir parlé du contenu du rapport avant sa transmission à la presse, mais surtout d’avoir, sciemment ou par insigne maladresse, exposé une opinion personnelle pour le moins tranchée (il n’y a aucun problème de santé publique avec le glyphosate affirmait-il en substance) comme si elle sortait du rapport.
Équilibre et précision
Le rapport de l’OPECST, lui, mérite d’être lu avec attention. Son équilibre et sa précision tranchent avec les discours militants et politiques la plupart du temps voués à la caricature. Mais aussi avec nombre de traitements médiatiques où le pitch et la formule choc interdisent le transfert des connaissances et la réflexion.
Il faut saluer en particulier la volonté des rapporteurs de dépasser les formules simplistes. D’écrire qu’il peut exister des «pans entiers d’ignorance, ou du moins de connaissances limitées, notamment dans le champ écotoxicologique». D’admettre sans équivoque qu’il y a «une dimension économique sous-jacente aux référentiels d’évaluation : l’objectif de faciliter la libre circulation des produits…». De noter que les acteurs économiques ont tendance à «réagir avec retard aux alertes précoces» par peur des coûts, de la concurrence et vont chercher à s’appuyer sur des éléments de controverse pour retarder des décisions contraires à leurs intérêts financiers. De poser la question du poids trop important des industriels dans le processus d’évaluation des risques. De mentionner les actions des industriels visant à manipuler les agences et experts (auteurs fantômes de Monsanto…).
Un rapport éclaire mais ne décide pas
Sans le prendre pour ce qu’il n’est pas : les rapports de l’Office, surtout lorsqu’ils sont adoptés à l’unanimité par des élus de tous bords politiques, ne doivent pas être pris pour l’annonce d’une décision parlementaire ou gouvernementale. Mais ils peuvent «éclairer» élus et gouvernants, comme le souligne Cédric Villani, vice-président de l’Office, en mobilisant connaissances et scientifiques. Mais ils ne décident pas.
Deux éléments du résumé du rapport confirment ce statut. On y lit que la recherche publique doit être correctement financée de manière à disposer «d’un vivier d’experts dépourvus de conflits d’intérêts dans un contexte de renforcement des exigences d’indépendance» (des Agences d’expertises). Un aspect manifestement du à la présence du sénateur communiste Pierre Ouzoulias parmi les co-rapporteurs, vu son insistance sur le sujet. Et en contradiction avec les politiques conduites par les gouvernements de N. Sarkozy, F. Hollande et E. Macron, soutenues par tous les autres co-rapporteurs, ces dernières années qui ont aboutit à la diminution des effectifs du CNRS. On y lit la recommandation n°7: «mettre à la disposition du public l’intégralité des données figurant dans les dossiers soumis aux agences d’évaluation, afin de permettre une contre-expertise citoyenne.» Sauf que Gérard Longuet, le Président de l’OPECST, interrogé sur le point, ressort immédiatement la propriété industrielle comme facteur clé de l’innovation… et l’on se demande donc quel est le gouvernement et la Commission Européenne qui décideront que, dès lors que la santé publique est en jeu, aucun secret industriel et commercial ne doit pouvoir être opposé à la communication à la société des informations pertinentes.
Société du risque
Les 203 pages du rapport constituent toutefois un intéressant exposé des causes, conséquences et déroulement des « crises » (politiques, médiatiques, sociétales) liées à la question ainsi posée : «évalue-t-on correctement les effets attendus de produits ou de techniques potentiellement dangereuses ?». Le second paragraphe du rapport en précise le sujet. «Cette entrée dans la société du risque pose immanquablement la question de l’expertise disponible, de sa structuration et des moyens que l’on y consacre. Les vingts dernières années ont été marquées en France et au sein de l’Union Européenne par une institutionnalisation de l’expertise des risques autour d’agences spécialisées,(en gras dans le texte) combinant l’application de méthodes de plus en plus sophistiquées et la standardisation des techniques et des référentiels.»
Or, soulignent les auteurs, les citoyens peuvent avoir le «sentiment que les évaluations sont biaisées et tendent à sous-estimer les risques encourus pour la santé humaine ou l’environnement». L’affaire des herbicides au glyphosate est alors nommée comme exemple majeur de cette crise, marquée par l’apparente divergence entre agences. Le CIRC, Centre international de recherche sur le cancer ayant classé le glyphosate comme cancérogène probable pour l’homme tandis que les agences d’évaluation européennes et françaises (EFSA, ECHA et ANSES) le classait « improbable ». Pour comprendre la portée de cette divergence, il faut évidemment savoir que la législation de l’U-E prévoit qu’une substance « probablement cancérogène » ne peut être autorisée comme herbicide agricole.
Pédagogie et piège
Les rapporteurs se livrent à plusieurs exercices bienvenus de pédagogie sur des notions décisives (comme la distinction entre risque et danger sans laquelle aucune réglementation n’est efficace ou compréhensible), et reviennent sur des points clés – amiante, chlordécone aux Antilles, règlement européen REACH, principe de précaution, différence entre science réglementaire et recherche… Sans éviter quelques pièges. Ainsi, dans l’affaire de l’amiante, le rapport juxtapose une expertise collective de l’INSERM et «une instance d’expertise trop liée au lobby industriel», le fameux Comité permanent amiante. Or, ce dernier n’avait justement aucun statut officiel, son statut réel étant celui d’une officine de propagande entièrement financée et contrôlée par les industriels de l’amiante. Le crime de certains hauts-fonctionnaires de la santé publique qui y ont participé étant justement… d’y avoir participé sans aucun mandat de l’autorité publique, du moins si l’on en croit Martine Aubry. Cette confusion est préjudiciable à la compréhension par les citoyens de ce qu’une « expertise » est nécessairement réalisée par un groupe (ou une agence) mandaté par une autorité publique, excluant toute auto-proclamation.
Les 14 pages du rapport consacrés à l’affaire du glyphosate, contrairement aux propos pour le moins maladroits du sénateur Médevielle, ne s’insèrent pas dans une controverse scientifique mais éclairent assez bien les fonctionnements et objectifs différents des trois agences, à la racine de leurs conclusions elles aussi différentes.

Les 13 recommandations du rapport sont toutes… bonnes. En particulier celles qui proposent de renforcer les moyens et l’indépendance des Agences d’expertise. La première vise à mettre en place «un fonds de recherche inter-agences» afin de leur permettre de financer des recherches propres. Mais, les crédits de la recherche publique n’étant pas en extension, cela semble viser une redevance à prélever sur les produits vendus par les entreprises puis affectée aux agences. Quant aux deux dernières, qui visent à «mieux structurer le débat public sur les risques, en amont des prises de décision» et à mieux «expliquer et clarifier les résultats des évaluations des risques»… elles s’adressent en réalité aux deux acteurs principaux des débats publics : les responsables publics (élus, militants, chefs de partis) et la presse. On comprend, dès lors, que les rapporteurs soient restés d’un laconisme spartiate et d’une prudence de Sioux sur le sujet.
Sylvestre Huet
Lire sur le blog l’article Le rêve de Diderot à l’époque du Big Data sur les relations entre savoirs, citoyens, expertise et prise de décision politique en démocratie.

On aurait pu s’attendre à ce que 2019 poursuive cette descente et passe sous la ligne tendancielle, comme souvent après un très fort El Niño. Une situation observée en 2000 et 2001 par exemple ou en 1993 et 1994.

Si avril 2019 se place ainsi au deuxième rang du podium, c’est en effet en partie en raison de températures élevées dans le Pacifique tropical notent les climatologues du Goddard institute for space studies (graphique ci-dessus, les températures de la surface de l’eau dans une zone du Pacifique tropical, les phases Niño en orange, les Niña en bleu). Ce retour bien plus rapide que d’habitude de la phase Niño de l’oscillation du Pacifique tropical interroge les océanographes.
S’agit-il d’une réaction du phénomène au réchauffement tendanciel, ou une composante d’une oscillation qui s’étend sur plusieurs décennies visible sur le graphique ci-contre (les oscillations Niño/Niña depuis 1900, publié dans Science en juin 2000 par A. Fedorov et G. Philander) ?








Ajout le 8 mai : suite à des remarques dans les commentaires sur ce graphique produit par le Fraunhofer Institute (les chiffres sont incomplets car il manque l’autoproduction des industriels en particulier), je le complète par cet autre graphique qui semble plus complet (ci-contre). Il provient du rapport pour l´année 2018 de l´AG Energiebilanzen (AGEB 2019a) la production brute d’électricité allemande est donc de 646,8 TWh pour 2018 (les chiffres entre parenthèses sont ceux de 2017).
Ce graphique – comme cet autre ci-contre de la production allemande le le 26 avril 2019 à 18h – montre également que la disparition de la production nucléaire d’ici la fin de 2022 risque de provoquer une augmentation des émissions de CO2 par la perte de 13% de l’électricité décarbonée qu’elle fournit. Ce graphique alerte aussi sur un point crucial : l’économie du système. Car les deux sources intermittentes, vent et soleil, ne fournissent encore que 29% du total annuel. Or, lorsqu’elles fonctionnent à plein et que la consommation est basse (ce fut le cas le week-end de Pâques) elles peuvent entraîner une chute de son prix sur le marché spot européen… en dessous de zéro. Une chute artificielle, bien sûr, puisque les subventions massives n’entrent pas dans le calcul des coûts, mais qui n’en déstabilise pas moins l’économie du système électrique.
La tache rouge, très étalée horizontalement mais compacte dans le plan vertical, à droite et en bas du tableau, c’est la France. La forte variation de sa production témoigne de l’effet du chauffage électrique des bâtiments (la deuxième source de chaleur après le gaz) durant l’hiver. En revanche, sa très faible épaisseur montre, comme pour la Suède ou la Norvège, que son système électrique demeure climato-compatible tous les jours et chaque heure de l’année.
Cette performance est certes due à son parc de production mais surtout à la productivité du nucléaire.

Note : Le graphique proposé par
La version courte du monospace compact va disparaître de la gamme Citroën, victime de l'arrivée du C5 Aircross. Le Grand C4 SpaceTourer poursuivra sa carrière.





Les ministres français et allemand sont enfin parvenus à un premier accord à l'échelle européenne sur l'Airbus de la batterie. Un consortium presque obligatoire pour ne pas se faire manger tout cru par le

Cela faisait un bon bout de temps que nous n'avions pas entendu parler de Roborace, cette nouvelle discipline un peu bizarre qui met en jeu des monoplaces autonomes sur une piste. La première course aura bientôt lieu, mais les règles ont changé : elles seront finalement "semi autonomes".

BMW a confirmé vouloir s'approvisionner avec un cobalt extrait par des sociétés qui ne font pas travailler les enfants. C'est pourquoi le constructeur allemand a décidé de ne pas aller le chercher au Congo, là où se concentrent pourtant les principales réserves mondiales.


Des batteries à la durée de vie équivalente à celle de l'auto ? C'est ce qu'annonce Volkswagen, mais pas sans conditions. Pour maximiser la durée de vie, il faudra limiter l'usage des chargeurs rapides, et éviter les charges à 100 %. En somme, rien de bien nouveau.
Une nouvelle fois, les constructeurs présents en Europe vont devoir s’adapter, d’ici 2021, aux nouvelles règles environnementales en abaissant la moyenne des émissions de leur gamme à 95 g de CO2/km, sous peine de s’exposer à des milliards d’euros de pénalité.

Depuis fin mars, le filtre à particules pour freinage est testé au sein de la SNCF à Paris sur certains transports en commun. La technologie, développée par la société française Tallano, serait également mise actuellement à l'essai par trois constructeurs automobiles.




Ce mouvement de bascule n’est pas pour rien dans la situation de la banquise arctique, qui montre une vive tendance à la diminution depuis la fin des années 1970. Le graphique ci-contre indique la surface moyenne de la banquise au mois de mars depuis 1979, elle a perdu presque 2 millions de km² sur la période. 
Par ailleurs, la banquise antarctique n’est pas vraiment en forme comme le montre cette carte (ci-contre) de la situation au 15 avril 2019.

C'est historique pour Toyota qui est en avance sur son planning. La marque japonaise a franchi le taux de 50 % de ventes d'hybrides en Europe. Aujourd'hui, plus d'une Toyota sur deux immatriculée est hybride, et ce chiffre est toujours en progression.
Les récentes données de Jato Dynamics sur le marché américain tendent à montrer quelque chose de récurrent : une partie de la croissance des ventes d'électriques est artificielle et seulement fondée sur les bonus écolo. C'est particulièrement marqué aux USA, et cela pourrait se produire aussi en Europe.