Jean-Philippe Encausse
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Windows 10 pourrait aussi arriver sur une clé USB
Vous voulez acheter une copie de Microsoft Windows ? À l’heure actuelle, vous pouvez payer pour une version téléchargeable ou acheter un DVD que vous pouvez utiliser pour installer le système d’exploitation. Mais lorsque Windows 10 sera lancé le 29 juillet prochain, il semble Microsoft soit prête à offrir une autre option : vous pourriez être en mesure d’acheter une clé USB de Windows 10, que vous pourriez utiliser pour installer le système d’exploitation.
En effet, et contrairement à son rival du côté de Cupertino, en Californie, Microsoft va officieusement s’appuyer sur une clé USB pour distribuer son nouveau système d’exploitation. De son côté, Apple a abandonné la distribution d’OS X en utilisant des supports physiques, optant sur les téléchargements sur Internet à travers le Mac App Store.
Bien que surprenante, cette nouvelle initiative est logique : un nombre croissant d’ordinateurs portables, tablettes, et même quelques ordinateurs de bureau sont commercialisés sans un lecteur de disque optique. Bien sûr, vous pouvez brancher un lecteur DVD par un port USB, mais à un moment où la plupart des films, musiques, applications et jeux sont disponibles en téléchargement, il y a peu de raisons que la plupart des gens achètent un lecteur de disque qu’ils peuvent brancher sur un ordinateur.

Un coût semblable pour le modèle USB
Donc, la vente de Windows 10 sur une clé USB permettra de faciliter l’installation du système d’exploitation pour les utilisateurs sur des ultrabooks, des mini-ordinateurs de bureau, et d’autres ordinateurs qui peuvent ne pas avoir de lecteur de disque.
Plus tôt ce mois-ci, Paul Thurrot a noté qu’il se pourrait que Microsoft puisse vendre Windows 10 sur des clés USB. Aujourd’hui, les minis ordinateurs sous la forme d’une clé USB commencent à apparaître, et c’est donc un cheminement classique pour le géant de Redmond.
Selon Winfuture.de, le coût de Windows 10 sur une clé USB sera le même que celui de la version en téléchargement, et des versions numériques. L’avantage de choisir la méthode par USB est que les versions 32 bits et 64 bits du système d’exploitation sont préinstallées sur le périphérique. Cela signifie que les consommateurs peuvent choisir la version qu’ils veulent quand ils l’installent. Avec la version DVD, les consommateurs doivent choisir s’ils veulent le système 32 bits ou 64 bits au moment de l’achat, et ils ne peuvent pas changer par la suite (à moins de recommander cette version).
Malheureusement, Microsoft n’a pas fourni de détail sur ses plans de distribution pour Windows 10 à ce jour.
Niptech Explore – Les drones commerciaux
Aujourd’hui nous retrouvons Simon Johnson, mon partenaire pour l’organisation de DroneApps et nous parlons des applications des drones commerciaux. De la télévision aux colis postaux, en passant par l’agriculture et les chemins de fer, si vous voulez comprendre les grandes tendances du secteur, c’est l’émission à ne pas manquer ;)
Podcast: Téléchargement
Eye Sculpture with 1252 Balls Playing on Anamorphosis
Le sculpteur américain Michael Murphy, connu pour ses oeuvres dimensionnelles et jouant avec l’anamorphose, vient de signer une récente création appelée « Perceptual Shift » et présentée à la galerie IMAGE à New York, jusqu’au 3 juillet. Selon l’angle, nous pouvons voir une sculpture d’oeil, faite à partir de 1252 balles en bois suspendues, soit avec une perspective de relief, soit à plat.
Lexy Co présente le premier robot avec des états d’âme

Lexy est une petite sphère noire et verte équipée d'une caméra pour permettre l'interaction visuelle avec le robot. Il sera capable de comprendre des ordres et de répondre à des questions via une connexion internet. Lexy sera toutefois également capable de fonctionner en mode offline, ce qui est une nouveauté dans le domaine, la plupart des robots requérant une connexion constante pour fonctionner. Lexy pourra commencer lui-même une conversation, sans attendre que l'utilisateur la débute. L'utilisateur pourra également interrompre Lexy et lui donner une nouvelle instruction que celui-ci effectuera. C'est l'une des innovations principales de la sphère, puisque les robots actuels finissent généralement l'ordre donné avant de pouvoir en accepter un nouveau.
Le projet est encore en développement, mais l'équipe espère finaliser le concept et produire une première série de 100 robots rapidement. La production de masse débutera une fois les retours des premiers utilisateurs enregistrés et pris en compte. Lexy n'est pour l'instant capable d'interagir qu'en russe mais l'équipe désire développer des versions dans d'autres langues si la première version est une réussite. Le prix de lancement du robot se situera entre 20 000 et 25 000 roubles, soit entre 325 et 400 €.
Crédits photo : Lexy Co
Facta lance une gigantesque base de données en ligne
Facta, le pureplayer dédié à l’information factuelle, vient de mettre en ligne une base de données regroupant des centaines de milliers de données issues des organisations de statistiques internationales.
Cette nouvelle devrait ravir les professionnels de l’information. Facta, le site d’information en ligne dédié à l’information factuelle, au fact-checking et aux données, vient d’ouvrir sa base de données en ligne. Ce nouveau service regroupe des centaines de milliers de données issues des organisations de statistiques internationales.
Accessible et mise à jour en permanence, la partie « data » du site devrait donc rencontrer un franc succès parmi les professionnels. Face à l’infobésité du web, ce genre d’outil pour trier et vérifier l’information est extrêmement utile.
[...] Lire la suite de cet article sur Archimag.comAmazon Echo Connected Speaker Goes Up For U.S.-Wide Pre-Order, For $180
Amazon has opened up U.S. availability of its connected speaker-cum-virtual-assistant, the Echo. Previously it was limiting who could buy it to invite-only. It’s now put the speaker on general pre-order release, for $180, with a shipping date of July 14. The Echo is still only available in the U.S. Read MoreComment sont fabriqués les bagdes de la NYPD ?
En théorie, vous ne devriez jamais voir un vrai badge de la police de New-York d’aussi très près
Je ne suis particulièrement fan de l’uniforme de police mais j’aime énormément le savoir-faire traditionnel et artisanal des uniformes, que ce soit sur les armes, les vêtements, les coiffes, etc. Tout est très codifié et fait dans les règles de l’art.
J’ai donc été assez touché lorsque j’ai regardé la conception de l’insigne de la police de New-York. Représentés sous forme d’un bouclier, le moulage se fait sur une plaque de métal mais l’assemblage des chiffres implique une part de travail manuel assez élégant.


Selon la police de New York, la conception actuelle date de 1902.
Comment sont fabriqués les bagdes de la NYPD ?
Pour vous raconter cela plus en détails, il faut savoir que le bouclier est en argent, qu’il est tout d’abord moulé et frappé dans un marteau-pilon qui lui donne l’impression de sa forme, puis il est martelé jusqu’à ce que la hauteur désirée des caractères soit atteinte. Le tour est ensuite blanchi et embossé et les chiffres sont soudés. Le badge est ensuite nettoyé, trempé dans une solution, puis poli jusqu’à obtenir une brillance maximale.
Bon et ça ressemble à quoi un badge de policier en France ? ![]()
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Comment sont fabriqués les bagdes de la NYPD ? est publié originellement sur le blog de graphisme & design : Graphisme et interactivité blog par Geoffrey Dorne
Predpol : la prédiction des banalités
Depuis 2011, l’enthousiasme autour de Predpol, le logiciel de police prédictive américain, électrise la terre entière. Son algorithme secret, toujours comparé aux précogs de Minority Report, c’est-à-dire à une forme de perception extra-sensorielle, semble tenir plus de la magie que de la science, comme si les mathématiques étaient miraculeuses. La société, elle, affiche partout des résultats là où sa technologie est déployée – à savoir si l’on en croit le site de Predpol, une petite dizaine de villes américaines pour l’instant, Los Angeles et Atlanta étant les plus importantes – : une baisse de la criminalité de 10 à 30% selon le type de crimes.
Si des discours critiques existent, ils se situent plus à un niveau d’analyse politique que technique. Comme le soulignait récemment le sociologue Bilel Boubouzid sur Rue89 : “PredPol, pour moi, c’est un algorithme de droite. Il permet de réduire les dépenses publiques, les effectifs dans la police, de faire des économies. En plus, il s’appuie sur l’idée qu’on agit auprès des plus pauvres. Or quand on organise l’action sociale auprès d’une minorité, et seulement d’une minorité, c’est une conception libérale. Les sociologues qui critiquent PredPol ont une approche d’État social solidariste, alors que la protection des victimes via PredPol correspond à une approche plus libérale.”

Image : capture d’écran de l’interface cartographique du logiciel de Predpol et sa prédiction de zones à risques.
Pourtant, on trouve peu d’études critiques sur les résultats mêmes de Predpol. Notamment parce que si la société communique beaucoup, elle livre bien peu de données. Comme si son algorithme secret devait être parfait parce que secret.
D’où l’idée d’Ismaël Benslimane, qui dans le cadre d’un master en physique à l’université Joseph-Fourier de Grenoble et en tant que membre du CorteX, un collectif d’enseignement et de recherche en esprit critique, de s’attaquer aux résultats mêmes de Predpol – Cortex est une association de chercheurs qui cherche à créer du débat public par l’analyse critique et scientifique.
Bien sûr, le chercheur grenoblois n’a pas eu accès aux données de Predpol. Mais il a utilisé des données accessibles comparables et la rare littérature grise publiée par les scientifiques de Predpol pour construire un modèle similaire et l’interroger avec d’autres types d’algorithmes. Dans son remarquable et très accessible article (voir également cette présentation .pdf et cet article plus technique (.pdf)), Ismaël Benslimane dresse une très convaincante critique des limites de Predpol, en soulignant que l’algorithme de la société américaine prédit surtout de bien piètres banalités. A l’heure où se profile un PredPol à la française, comme le révélait il y a peu Mediapart, voilà l’occasion de nous intéresser concrètement aux limites de ces outils.
Les biais de la mesure de la criminalité
Dans son article, après avoir souligné les limites de la communication scientifique de la société américaine, Ismaël Benslimane rappelle les biais inhérents à la mesure de la criminalité. Tout d’abord, ne sont comptés que les crimes et délits constatés. Il suffit donc d’un changement dans les procédures d’enregistrement pour faire varier les chiffres. Or, Predpol est aussi et d’abord un outil d’enregistrement et de classification des délits. Ce qui pose la question des types de délits enregistrés et de ceux utilisés pour l’évaluation et la prédiction, ainsi bien sûr que leur géolocalisation. Si Predpol est efficace là où il est déployé, que sait-on de l’augmentation de la criminalité dans les quartiers où il n’est pas présent ? Comme le montrent plusieurs études sur les caméras de surveillance (voir notamment les enquêtes de Jean-Marc Manach), Predpol ne risque-t-il pas avant tout de déplacer la criminalité ?
Autre problème comment valide-t-on l’efficacité du logiciel ?
Imaginons un policier, en pause, en train de manger un donut gras et collant dans sa voiture, l’ordinateur signale une zone à risque :
1. il va sur les lieux, il remet le donut à plus tard :
A. il y a un délit qui se produit, le policier valide donc la prédiction du logiciel.
B. il n’y a pas de délit, le policier valide aussi la prédiction du logiciel, car il a empêché tout incident.2. il ne va pas sur les lieux, il finit son donut :
A. Il y a eu un de délit, le policier apprend la nouvelle, il validera la prédiction du logiciel, car il aurait dû finir son donut et se déplacer.
B. Il n’y a pas eu de délit, le policier finira son énième donut et oubliera l’événement, car personne ne lui rappellera qu’il n’y a pas eu de délit.”
Visiblement, comme le souligne l’exemple, Predpol gagne à tous les coups !
Enfin, l’usage de Predpol repose sur l’augmentation des patrouilles de police, ce qui a pour effet logique de diminuer la criminalité. Cette diminution est-elle alors le fait du logiciel ou de l’augmentation du nombre de patrouilles ?
Ces biais signalés, intéressons-nous maintenant à la démonstration.
80% des délits ont lieu dans 20% du territoire… ou la démonstration du principe de Pareto
N’ayant pas eu accès aux données de Predpol, Ismael Benslimane a dû construire son propre modèle. Pour cela, il a exploité la base de données de criminalité de la ville de Chicago publiée en accès libre par la police de la ville depuis 2001 qui a d’ailleurs servi de base aux rares études accessibles de Predpol. À partir de cette base répertoriant plus 5 millions de délits, il a pu créer une cartographie reproduisant le quadrillage de Predpol et l’exploiter avec des données les plus proches de celles indiquées par Predpol dans ses articles de recherche. Il a ensuite utilisé plusieurs algorithmes assez basiques pour générer pour chaque jour une carte de prédiction dont il pouvait vérifier la pertinence avec les enregistrements des crimes des jours suivants. Il a développé un algorithme de prédiction aléatoire (où chacune des zones du territoire a chaque jour une chance sur l’ensemble d’être tirée au sort), un autre pondéré par le taux de criminalité (favorisant les zones avec une plus forte activité criminelle), et un dernier qui favorise les zones à plus haut risque sur les autres.
Ce dernier algorithme obtient des scores de prédiction très proche de la courbe de Predpol et même meilleure si on élargit la carte du territoire. Le problème, souligne Ismaël Benslimane, c’est que lorsque l’on quadrille la ville, la plupart des délits ont toujours lieu dans les mêmes secteurs, suivant la classique loi de Pareto qui date du XIXe siècle : à savoir que 80% des délits à arme à feu ont lieu dans 20% du quadrillage.

Image : exemple de courbe de roc permettant de comparer l’efficacité de deux algorithmes. C’est cet outil qu’utilise Ismaël Benslimane dans son article pour comparer ses résultats à ceux de Predpol. Predpol avait utilisé le même outil pour montrer la supériorité de son logiciel sur son ancêtre, Promap.
“Cette découverte relativise grandement l’autosatisfaction de Predpol qui se félicite de prédire 50% des délits en pointant 10,3% de la surface de la ville. Le graphique nous montre que 50 % des délits ont lieu dans 7,5 % de la ville. Étant donné que la criminalité évolue peu, il suffit de prédire toujours les mêmes lieux « à risque » pour être aussi performant que Predpol : c’est ce que démontre notre algorithme concurrent.”
Pour résumer simplement, ce que nous dit cette étude, c’est que Predpol réinvente l’eau chaude.
C’est certes une banalité de la criminologie que les crimes se répètent dans le temps et l’espace, mais pour le sociologue Dominique Cardon, ce n’est pas pour autant que la loi, que la théorie, est fausse. Cette répétition de la victimisation est d’abord inscrite dans le social. On sait que le crime est contagieux spatio-temporellement, qu’une victime qui ne se protège pas risque de se faire à nouveau cambrioler, elle ou ses voisins. “Les policiers à l’ancienne savent que les crimes reviennent. C’est pour cela qu’ils maraudent aux mêmes endroits. Pourtant, ils ne savent pas faire la liste des 20 lieux qu’ils doivent visiter dans la journée, qu’ils auraient potentiellement faite. L’algorithme de Predpol permet juste de déployer ce qu’ils auraient fait naturellement.”
En fait, si les calculs peuvent être compliqués, les outils sont à disposition. Les universitaires produisent les théories et les algorithmes et les sociétés qui les exploitent font des ajustements : ce que semble montrer Ismaël Benslimane, c’est que dans le cas de Predpol, il ne semble pas y avoir beaucoup d’ajustements… Encore que. L’ajout de variables environnementales sur les données peut permettre d’ajouter des règles et de modifier les résultats, qui ne se voient pas nécessairement sur l’ensemble des données, mais sur les coeurs, sur la prédiction de lieux et de moments.
Le jeune chercheur, lui, est modeste et prudent. Il nous explique surtout que son analyse est bien lacunaire à ce stade, qu’il n’a fait qu’un test, avec des algorithmes de base, naïfs… scolaires pourrait-on presque dire. “Mon étude montre que leur analyse manque d’information. Quand on construit un algorithme simple consistant à envoyer les unités de polices dans les zones les plus criminogènes d’une ville, on obtient des résultats équivalents”.
“Mon analyse n’est qu’un premier pas. Mes résultats sont incertains du fait de manque de données. (…) On pourrait aussi reproduire leur algorithme depuis leur formule mathématique pour faire une simulation… Ce pourrait être une vérification supplémentaire qu’il serait nécessaire de faire”, confie-t-il encore comme pour montrer que les pistes pour démonter Predpol peuvent être encore nombreuses.
Pour le physicien Pablo Jensen de l’Institut rhônalpin des systèmes complexes, il est important que des chercheurs des sciences se mettent au rétro-ingéniering, c’est-à-dire “à démontrer ce que ces systèmes font”. Il faut démythifier les boites noires, sans les prendre au sérieux. “Quand on le fait, on constate alors que nous ne sommes pas vraiment dans Minority Report”. Pour lui, Predpol est survendu, sans avoir réellement montré qu’il était vraiment capable d’améliorer les prévisions, comme souvent quand on cherche à tirer du sens de bases de données pour apprendre des choses du monde réel. “Sur des domaines où la sociologie ou les sciences sociales ont déjà un passé, on ne voit pas beaucoup de choses très concluantes sortir de l’analyse de données.”
Pour Yves-Alexandre de Montjoye, chercheur au laboratoire Human Dynamics du Media Lab du MIT, ce très bon travail technique pose des questions intéressantes. Le machine learning, l’apprentissage automatisé qui consiste à faire que les algorithmes apprennent de leurs données, rappelle-t-il a, été inventé pour résoudre des problèmes techniques, comme pour classer des images ou des données. Mais l’appliquer aux politiques publiques pose beaucoup de questions, notamment parce qu’il encode nos propres biais. Certes, même avant Predpol, les policiers n’ont jamais patrouillé au hasard. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin d’une méthode plus scientifique, mais il ne faut pas oublier qu’au bout du compte cela revient à mettre des gens en prison. Il n’y a aucune magie dans les calculs qui ont lieu. Mais il est plus que jamais nécessaire de se poser la question du sens de la prédiction que l’on veut réaliser, des données dont on dispose pour se faire, de celles qu’on omet de prendre en compte et du mécanisme de contrôle que l’on met en place.
Comme nous le confie Benslimane : “il faut rester prudent avec les prédictions, car on peut souvent en être satisfait”, notamment si on ne les compare pas avec d’autres analyses. “Or Predpol, entreprise privée, n’a aucun intérêt à comparer son algorithme ou à en montrer ses limites. Ce qui est moins le cas de la société civile qui va être amenée à les utiliser” ou à en subir les conséquences.
Qu’est-ce que la prédiction cherche à prédire ?
Dans un article qui vient de paraître dans la revue Champ pénal, le sociologue Bilel Benbouzid retrace la récente histoire de la prédiction algorithmique du crime. Pour lui non plus, Predpol ne prédit pas des banalités, mais s’appuie sur la “théorie de la répétition de la victimisation”. La force des outils prédictifs est d’intégrer des variables spatiales et temporelles qui vous indiquent qu’aux alentours d’un lieu où il a déjà eu un crime, il y a une forte chance qu’il se répète avec un risque très fort qui chute rapidement au bout d’un mois. “Un crime précédent est lié au crime à venir, un peu comme le cancer : si vous en avez un, vous devenez un terrain, comme disent les médecins. On prédit mieux les cancers aux gens qui en ont déjà eut un”.
“Predpol tire d’ailleurs son modèle de la sismologie. Une science où l’on prédit assez mal les tremblements de terre, mais très bien les répliques”, ajoute Bilel Benbouzid. Dans le modèle mis en place par Predpol, le crime n’est plus qu’un point chaud, nettoyé de son histoire et de son contexte social. Les paramètres s’ajustent par auto-apprentissage.
Le problème de ce modèle, c’est qu’il se concentre sur la répétition des victimisations. Or la réalité est qu’on est dans un modèle où on a beaucoup de gens qui ne sont jamais victimes de crimes, un petit groupe qui est victime de manière chronique et un autre plus aléatoire. Faut-il se concentrer sur la seule répétition quand la dynamique d’ensemble est plus complexe ? C’est la critique qu’adresse le chercheur Tim Hope, éminent spécialiste du sujet, à ses confrères à l’origine de Predpol et de son ancêtre Promap. Les gens qui ont été victimes d’un crime ont néanmoins plutôt tendance à devenir des victimes immunes. Pour Benbouzid, “comprendre une société qui a un haut niveau de sécurité est très liée à la vulnérabilité extrême d’un petit groupe”. Pour les critiques de Predpol, comme Time Hope, il faut envisager la lutte contre la victimisation dans une logique de solidarité, afin de pouvoir la redistribuer à ceux qui n’en bénéficient pas. Pour le dire autrement : le fait que la quasi-totalité des crimes se répète sur un petit groupe de la population est avant tout lié à la surprotection de la majorité. L’enjeu n’est alors pas tant de surveiller ce petit groupe que d’élargir la protection. Comme Bilel Benbouzid le souligne dans son article : “fonder une politique publique sur le seul modèle de l’exposition au risque, c’est ignorer le fait que l’immunité des uns est liée à l’exclusion des autres de la sécurité”. La manière dont les gens se protègent a certainement plus à nous apprendre pour protéger la population que la manière dont le crime se répète.
Pour Bilel Benbouzid, Predpol intègre dans son algorithme même une conception de l’action publique des plus libérales. Les données et les traitements ne sont pas neutres, elles intègrent une conception de l’action de l’État. Il est intéressant de souligner que la prédiction nait à l’heure où la criminalité recule, aux Etats-Unis comme dans beaucoup de pays industrialisés, et ce n’est pas tant l’efficacité de la police qui s’est améliorée. C’est une tendance longue qui montre que les changements en cours sont profonds et qu’ils nous offrent l’occasion de repenser nos institutions et nos programmes d’action publique et envisager une autre conception de la police.
Les services publics peuvent-ils fonctionner sur des boîtes noires ?
Pour Ismaël Benslimane, Predpol semble surtout exprimer d’une manière politiquement correcte, grâce à des données chiffrées sur une carte, qu’il y a plus de délits dans certaines zones d’une ville, sans rien dire de la précarisation de ces zones. “Predpol est un moyen de cacher une réalité sociale. Au lieu de dire que c’est un quartier pauvre, on va dire que c’est une zone de criminalité.” On donne ainsi une valeur de probabilité à un délit, alors qu’on pourrait corréler la criminalité à d’autres facteurs, comme la densité de population par exemple…
Le jeune chercheur souligne encore une autre limite de Predpol. Il semble que ce soit surtout des villes américaines qui ont eu des problèmes de budgets avec leur police qui se sont lancées avec cette entreprise. “Mis de côté les problèmes éthiques ou moraux d’avoir recours à Predpol, si ça marchait si bien, pourquoi il n’y aurait pas plus de villes qui l’utiliseraient ? Le seul projet en Europe, dans le Kent, est toujours au stade d’expérimentation. En fait, Predpol n’a pas montré que leurs résultats étaient aussi probants qu’ils l’affichent. C’est ce que montre mon article. Et quand bien même leurs résultats seraient probants, vu le nombre de biais, cela ne montrerait pas pour autant l’efficacité de leur logiciel”.
Ce que montre l’étude d’Ismaël Benslimane en tout cas, c’est, comme nous l’avons déjà répété, l’importance d’interroger les modèles. Les algorithmes, contrairement à ce que semble indiquer leur nom, ne sont pas obscurément magiques, car complexes. Leurs fonctionnements peuvent même être très simplement expliqués, comme le montre le très pédagogique article d’Ismaël Benslimane.
Cette étude illustre en tout cas l’importance et l’urgence de comprendre ce à quoi on est confronté. Et combien ces systèmes techniques doivent être ouverts et ce d’autant plus qu’ils agissent sur des systèmes aussi publics que la police. Or, comme le souligne Ismaël Benslimane, “le problème est qu’on ne connaît pas les variables qui font tourner l’algorithme”. Peut-on faire reposer des services publics sur des boîtes noires, sur des systèmes dont nul ne peut observer ou discuter des modalités ? Assurément, plus que les services privés, les services publics doivent reposer sur des systèmes techniques ouverts, vérifiables, dont les modalités doivent pouvoir être contrôlables par les citoyens ou par des experts. Pour Benslimane, Predpol pose une question morale plus que politique. “Est-ce si utile pour la société civile comme pour la police ?”
En tout cas, pour l’instant, cela ne semble pas le cas. La police prédictive n’aligne, sous le sceau du secret, que des évidences. De quoi relativiser bien des certitudes sur notre avenir.
Hubert Guillaud
algorithmie, analyse des réseaux, big data, politiques publiques, prospective, smart city, surveillance, vie privée, villes2.0Voir aussi : Predpol, le big data au service de la police, par Yves Eudes pour Le Monde, son enquête avec une équipe de police de Modesto, en Californie, qui utilise le logiciel.
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Microsoft: don’t expect HoloLens' field of view to get much better
Microsoft's HoloLens headset has surprised the world in recent months thanks to its impressive use of augmented reality. While an initial demo of developer hardware back in January left us amazed and intrigued about the possibilities for HoloLens, subsequent demonstrations of near-final hardware have one big problem: field of view. I've used both versions of HoloLens (the dev unit and headset model) and there's a big difference between the two. The demo back in January (with dev hardware) was a lot more immersive, but the unit I tried on my head back in April was disappointing. Instead of being immersed, it's like looking through a letterbox.
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HoloLens games are too good for HoloLens
HoloLens is turning into the technological equivalent of a tragic hero — the kind whose extraordinary talent isn’t enough to overcome a terrible personal flaw. At this spring’s Build conference, Microsoft showed off beautifully clever demos that were undercut at every point by the complete inability to see them through the headset’s narrow field of view. This is more obvious than ever at E3, where you’re not looking at business or research tools. You’re supposed to just be having fun.
This week, the HoloLens team officially unveiled a gorgeous augmented reality version of Minecraft, which Microsoft bought last year. Watching the stage demo was incredible — it’s a whole pixelated diorama, projected onto a coffee table. It’s also testing...
L’appli qui va rendre fous les profs de math !
Si seulement j’avais été au collège ou au lycée en 2015 ! Oui, avec mon smartphone en poche j’aurais pu diaboliquement tricher.. même en mathématiques ! Bouh, c’est mal ![]()
Je plaisante évidemment mais je reste bouche bée devant PhotoMath, une application assez incroyable qui résout l’intégralité des calculs et équations qu’on lui soumet. L’application vous permet donc :
- de lancer l’appareil photo de votre smartphone pour scanner un calcul
- de reconnaître ce calcul
- d’afficher le résultat directement
- d’afficher la démarche pour atteindre ce résultat (et ça, c’est top!)
L’application



Démo vidéo de PhotoMath
Cliquer ici pour voir la vidéo.
Haaa, et dire qu’à l’époque (au collège) j’allais sur CyberPapy pour m’aider à faire mes devoirs de latin… mais chuuut ![]()
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Abandoned Green Village in China
Situé sur l’île de Goqui, à l’embouchure du fleuve Yangtze, cet étrange village abandonné était autrefois un village de pêcheurs à l’activité prospère. Aujourd’hui désertées par ses habitants pour cause d’exode rurale et de changements économiques, les maisons sont aujourd’hui recouvertes par une végétation faite de lierre et de vigne. À découvrir à travers les images de Tang Yuhong.
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We'll probably be hearing a lot more about Oculus (and seeing some of the games it just announced) at E3 next week. For now, though, we've put together all the best parts of yesterday's event.
RIP Christopher Lee 1922-2015

“Christopher Lee at the Berlin International Film Festival 2013″ by Avda – Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
Sir Christopher Lee, star of many horror, fantasy and sci-fi films, has died aged 93. Although his death has only just been made public, officials say he died on Sunday. It’s believed he had been taken to hospital with breathing problems and heart failure.
His first credited role came in 1947 and his last on-air appearance was in The Hobbit: The Battle of the Five Armies last year. However, he had already recorded on-screen and voiceover work for three movies yet to be released.
With the sheer breadth of his career — IMDB credits him with almost 300 roles in movies, TV shows and video games — it’s tough to label anything as being his best known work. Today’s youngest generation will perhaps best recognize him as Saruman in The Lord of the Rings trilogy (and associated games) and Count Dooku in the Star Wars prequels, roles he took on in his 80s.
To an older generation he was Scaramanga in The Man With The Golden Gun, while he originally made his name in Hammer horror movies in such iconic roles as Dracula and Frankenstein’s Monster. Unlike some actors who make their name, fall into obscurity and then reinvent themselves as an older performer, Lee worked consistently, albeit concentrating more on TV movies in the 1980s.
Lee also had a side career in music, recording everything from opera to Italian disco before taking the somewhat unusual career path of concentrating on metal in his late 80s. In 2013 he became the oldest ever living performer to have a song on the Billboard charts with his metal take on Jingle Bells.
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Samsung’s transparent and mirrored displays look like optical illusions
Samsung has unveiled a pair of new 55-inch OLED displays — one of which is transparent, and the other functions as a mirror. Both, the company says, can do wonders for the worlds of retail and advertising, but let's face it, they also look very, very cool. While mirrored and transparent LCD displays have been around for a while now, Samsung says its OLED technology (the first of its kind) offers better contrast and viewing angles. The company says that while the transparent displays might be used for (slightly dull) tasks like better signage, mirrored OLED panels could be combined with Intel's 3D RealSense cameras to create virtual changing rooms. We imagine the same technique could be applied to ads too, although a world full of shop...
Zombie Sleeping Mask
Enjoy some peace and quiet while you rest by keeping others away from you with the zombie sleeping mask. This one size fits all mask features a terrifying graphic that makes you look like a brain hungry undead zombie while you sleep.
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Soli Project by Google
« Soli » est le nom du nouveau projet visionnaire de Google. Il repousse les limites des nouvelles technologies et des objets connectés grâce à un capteur sensitif réagissant aux simples mouvements de la main. L’utilisateur peut, par exemple, changer l’heure de sa montre ou augmenter et baisser le volume de sa musique sans toucher à ses objets.
AK-47 vs. Armored Car ( Video )
Texas Armoring Corporation (TAC) CEO Trent Kimball sits behind the wheel of a Mercedes-Benz SUV equipped with bullet-resistant glass as one of his employees fired at his face.(Read...)
A Pizza Hut Box Turned Into a Movie Projector
Pizza Hut et Ogilvy Hong Kong ont imaginé des packagings qui peuvent également servir de rétroprojecteur, taillé sur le profil de la boite. Commander une pizza revient donc à amener un peu de divertissement à la maison par la même occasion. Chaque packaging présente un design différent.
Le français prochaine langue d'IBM Watson
Sen.se, Mother & her Cookies acquired by Eridanis

French IoT Startup Sen.se announced that Eridanis, an consulting & strategy firm specialized in IoT product development, has taken a majority stake in its startup, a partnership which the two hope will enable them to provide B2B companies with IoT services in the future.

The news comes on the back of rumors concerning Sen.se’s lack of appeal in the US market, which left many ambitious retailers with an abundance of stock sitting in warehouses, which even Sen.se couldn’t get back for months. A big financial weight for a company that never publicly crowdfunded or raised from VCs.
The acquisition by Eridanis will enable the consulting firm to leverage some in-house technology when providing services and product development for clients, while enabling Rafi & his team to leverage Eridanis’ existing B2B pipeline, abandoning the B2C use-case for Mother and her Cookies.
In what seems like a fitting foreshadowing, Haladjian took the stage last week at Web2Day, giving a keynote that he called “The end of the Internet of Things.” While this is an eye-grabbing tagline that Rafi has been using as far back as 2012, when he launched Sen.se, this time seemed rather fitting. While it may not be nearly the end of IoT, it seems a fitting end for Sen.se. Eridanis has taken a majority stake in Sen.se, and Rafi will remain on the board.
"Sen.se, Mother & her Cookies acquired by Eridanis" by Liam Boogar originally appeared on Rude Baguette
Le compte bancaire vu autrement
Présenté par Stephanie Hollgarth, qui remporte donc les 5 000 dollars mis en jeu, « Beyond Banking » a été plébiscité par les internautes parmi les 10 finalistes qu'un jury professionnel avait préalablement sélectionnés, à l'issue d'une soigneuse évaluation des 25 vidéos soumises au total. En effet, l'objet de la compétition était pour les participants d'exposer comment ils imagineraient leur banque idéale, sous la forme d'un film (de moins de 2 minutes), à publier sur la page Facebook dédiée à l'initiative.
Le principe de ce « Beyond Banking » est finalement très simple : considérant que les événements du quotidien sont intimement liés à la situation financière de chaque personne, pourquoi ne pas combiner dans une même solution agenda et comptes bancaires ? Il s'agirait en quelque sorte d'un « planificateur budgétaire », avec lequel il deviendrait possible d'organiser sa vie – une facture à payer comme l'anniversaire d'un ami ou une fête annoncée sur Facebook – en ayant toujours un œil sur son budget.
L'approche proposée laisse envisager une multitude d'options additionnelles, s'intégrant naturellement dans cet agenda financier : alertes et rappels pour tous les événements à venir, personnels, professionnels et relatifs aux comptes, combinaison automatique des transactions enregistrées avec les moments de la vie courante… Relevons encore le niveau d'ambition : dans le prolongement de sa fonction planificatrice, le calendrier pourrait également offrir des prédictions sur l'évolution du budget de l'utilisateur, accompagnées de recommandations personnalisées associées aux dates importantes.
En dépit d'une participation plutôt limitée (autant en termes de concepts proposés que de votes publics, apparemment), BankMobile peut se féliciter de son opération, qui lui permet de capter une idée extrêmement séduisante et potentiellement disruptive. Ce succès est certainement dû à la chance, au moins en partie, mais l'organisation n'y est pas étrangère non plus. La définition d'objectifs pratiques, clairs et précis ainsi que la ferme volonté de matérialiser le résultat en sont quelques ingrédients essentiels…
Food Compositions of Famous Movies
« Hollyfood » est une série du photographe Nicolas Knepper qui réalise d’intelligentes compositions de nourritures reprenant des scènes de célèbres films et séries tels que Kill Bill, Hulk, NCIS, Breaking Bad ou encore The Lord of the Rings. Son travail sera exposé du 4 juin au 3 septembre dans la Galerie Célina, au Luxembourg.























































