Normalement je ne cause pas de politique par ici, parce que ce modeste bloug est un truc de crafteuse et que bon, vous vous en foutez un peu de ce que je pense non ? Mais voila, en Tunisie une jeune femme, Amina, est séquestrée et on menace de la lapider parce qu’elle a revendiqué haut et fort sa liberté. Je précise que je ne fais pas partie des Femen, il ne s’agit pas ici de s’affilier à un mouvement particulier, juste de dire que NON : infantiliser, droguer, séquestrer, battre, menacer un homme ou une femme au nom de la morale n’est pas acceptable. Le texte suivant mérite d’être partagé avec le plus grand nombre :

Free Amina !
Par Les signataires : Carine FAVIER Co-presidente planning familial Nadia El FANI Réalisatrice Lubna AZABAL Comédienne Safia LEBDI fondatrice des Insoumise-s Loubna MELIANE co-fondatrice Insoumise-s Ingrid RENAUDIN co-fondatrice Insoumise-s Christelle RASPOLINI co-fondatrice Insoumise-s Astrid Hadja AÏCHOUR militante anti-raciste Ouarda SADOUDI militante féministe Home Alina Isabel PEREZ Artiste Mariella NUVOLETTA Avocate Cyrcé ALLEPOT militante anti-raciste
Nous, femmes du monde disons avec elle : «Mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne».
À Tunis, une jeune femme de 19 ans, Amina, est privée de liberté de mouvements et de paroles par sa famille. Avec l’assentiment de sa mère, elle a été enlevée dans la rue avec l’appui des forces de police et le soutien physique de son cousin qui s’est permis de la battre.
Pourtant, Amina est majeure !
Quelques jours plus tôt, elle avait posté sur Facebook une photo d’elle sur la page «Femen Tunisia». Sur son torse nu, inscrit à l’encre noire, elle nous livrait les mots de sa révolte. Clairement, elle s’exprima sur un plateau de télévision, son acte était mûrement réfléchi et, en cela il se doit d’être compris comme un acte politique qui dénonce l’oppression et les inégalités que subissent encore aujourd’hui les femmes.
Le corps des femmes est le lieu où s’éxerce la domination, la privation des libertés élémentaires, et la crispation des évolutions vers la démocratie la liberté et l’égalité.
Démocrates levons nous !
Amina c’est nous, écoutons la jeunesse qui crie, ne l’oublions pas. Nous réclamons l’ouverture d’une enquête internationale pour qu’enfin la lumière soit faite sur ce qui est arrivé à Amina depuis le 18 mars. La police a-t-elle vraiment prêtée main forte à la famille pour son «kidnapping» comme la revendiqué sa propre tante dans une vidéo postée sur You Tube quelques jours après ? En avait-elle le droit ? Une jeune femme majeure peut-elle être retenue même par sa famille «qui ne souhaiterait que son bien» ? Amina est citoyenne tunisienne. Amina a droit à une protection, protection qui ne signifie pas la séquestration !
Nous sommes toutes Amina !
Nous réclamons également que cessent immédiatement les sentences de morts, les promesses de lapidation, les mises en garde menaçantes à son égard et aussi à l’encontre de celles qui la soutiennent ! Nous rappelons, que déclarer folles ou fous, toutes celles et ceux qui osent emprunter des voies nouvelles dans la conquête de la démocratie, est une vieille rhétorique qui, pour avoir fait long feu, n’a pas fait ses preuves ! Ces méthodes d’un autre âge semblaient pourtant révolues à jamais et voilà quelle réapparaissent dans la bouche même de certains démocrates incapables de comprendre – quel paradoxe – que soutenir la liberté ne souffre d’aucune exception.
La mondialisation économique ne s’accompagne pas de la mondialisation des droits humains. La diplomatie soutient les guerres sans soutenir les peuples, les premières victimes sont les femmes, la moitié de l’humanité, bafouées, humilées, violées, battues.
Quand une femme se lève et crie sa rage de liberté, nous crions avec elle ! Et nous nous devons de crier si fort que l’écho de nos voix atteigne Amina et toutes les autres ! La Tunisie et son pouvoir islamiste ne peuvent plus rester sourds à ces appels, par centaine de milliers, à travers le monde, qui hurlent : FREE AMINA !
Nous, femmes qui refusons toutes les formes de totalitarisme, nous affirmons haut et fort notre universalisme. Nous attendons, de toutes les organisations de défense des droits humains, de tous les démocrates, de toutes les féministes, de tous les humanistes, à travers le monde en général et en Tunisie en particulier, qu’ils et elles se lèvent avec nous pour soutenir Amina mais également toutes les autres dans notre combat pour l’émancipation des femmes.
