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Le Mois de l’architecture contemporaine en Normandie
Plus de 100 événements dédiés à l’architecture sont programmés, en Normandie, entre le 28 février et le 31 mars 2015. Les deux maisons de l’architecture de Haute et Basse-Normandie ont préparé ensemble ce rendez-vous annuel qui touche les cinq départements normands et concerne 23 villes.
70 événements en Seine-Maritime
En Seine-Maritime, 70 événements ont lieu sur 15 communes dont Rouen, Sotteville-lès-Rouen, Darnétal, mais aussi Le Havre. Tous les publics, petits et grands, associations, entreprises, techniciens, professionnels, élus sont invités à arpenter villes et campagnes pour découvrir les territoires en mutation, pour rencontrer des professionnels et des spécialistes de l’acte de construire et d’aménager, pour dialoguer avec des artistes, des historiens et des sociologues. Les buts de cette opération sont de forger une culture commune pour construire et co-construire notre région et faire comprendre que l’architecture est un art majeur.
Nombreuses interventions
180 architectes, urbanistes et paysagistes, 70 élus et techniciens des collectivités normandes, 30 artistes plasticiens et photographes interviendront au cours de ce mois de mars. Ils animeront 35 parcours, visites de chantiers et 14 expositions. Les deux principaux parcours pour découvrir l’architecture du XXe siècle concerneront Dieppe et Sotteville-lès-Rouen. Les participants s’interrogeront sur le thème : Comment vivre ensemble demain au regard du passé dans une véritable cohésion sociale ? Quel avenir pour nos territoires ?
Ils sont déjà nombreux, professionnels et élus, à y réfléchir et à agir en vue de dynamiser les territoires, de construire les lieux de vie de demain en réhabilitant les quartiers sous-utilisés ou délaissés, en construisant de nouvelles architectures. Architectes et élus rediront que l’attractivité d’un territoire passe par la qualité de l’urbanisme et de l’architecture contemporaine.
Fabrication des villes
Le Mois de l’architecture en Normandie met en lumière la fabrication des villes à travers plusieurs approches : la relation au patrimoine, la transformation des villes aujourd’hui et construire pour demain.
Le programme détaillé pour s’inscrire et réserver est disponible principalement sur www.mdahn.fr et à la Maison de l’architecture de Haute-Normandie, située 111 boulevard de l’Yser, à Rouen. Au mois d’avril prochain, la Maison déménagera au 48 rue Victor Hugo, dans de nouveaux locaux plus proches du centre-ville et plus vastes : 450 m2 contre 260 actuellement.
De notre correspondant André Morelle
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Infos pratiques :
Renseignements sur le site : www.mdahn.fr
Réservations au 02 35 71 85 45.
Les activités du Mois de l’architecture sont gratuites à l’exception des séances cinéma
Le Mont-Saint-Michel a retrouvé son insularité vendredi à 19h50
(fil-fax 20/02/15)
Vendredi soir, une grande marée de coefficient 118 a montré que le Mont-Saint-Michel a bel et bien retrouvé son insularité après neuf ans de travaux. A 19h50, l’île était complètement entourée d’eau pour la première fois depuis le XIXème siècle et les visiteurs ont dû patienter 1h20 la décrue avant de pouvoir regagner la terre ferme. Un peu auparavant, vers 17H00, les élus par « un geste symbolique » ont opéré la destruction de la digue-route construite en 1879. Dans la réalité, celle-ci a été démantelée début janvier en même temps qu’était aménagée l’esplanade submersible où abouti, à 300 mètres des remparts, la nouvelle passerelle d’accès au Mont.
Ce moment tant attendu marque le lancement de la dernière étape du chantier : l’effacement des traces des travaux et surtout l’ouverture prévue au printemps du bras Est du Couesnon, pierre angulaire du volet hydraulique du projet. Les chasses régulées depuis le barrage construit en 2009 sur cette rivière qui sépare la Normandie de la Bretagne repoussent déjà par l’Ouest les sédiments loin vers le large et abaissent le niveau des grèves. Suivi scientifiquement, le phénomène doit permettre à l’estuaire du Couesnon de se reformer complètement d’ici 2025. Les mesures effectuées en 2014 ont montré que sur 307 hectares surveillés depuis 2009 dans un rayon d’un kilomètre autour du Mont, une vingtaine avait déjà retrouvé un niveau maritime. Le phénomène est appelé à s’accentuer avec l’ouverture du bras Est.
L’inauguration officielle de l’insularité retrouvée est prévue pour l’été mais aucune date n’a encore été fixée. La cérémonie devrait être à la hauteur du dessein initial : faire en sorte que le Mont ne devienne une simple colline au milieu des prés salés à l’image du Mont-Dole son frère jumeau breton complètement banalisé. Le pari est réussi. Le Mont-Saint-Michel au péril de la mer, comme nos ancêtres l’appelaient, a retrouvé son caractère maritime et sauvage avec une insularité totale au moment des grandes marées, c’est-à-dire durant quelques heures, vingt jours de l’année. Durant ces laps de temps, l’accès au Mont est interrompu, l’esplanade se retrouvant noyée sous les eaux. Le visiteur peut profiter du spectacle depuis le Mont ou depuis la passerelle qui, elle, reste toujours insubmersible. Permis par les travaux hydrauliques, ce retour aux origines s’accompagne d’une révision complète des conditions de visite. L’accès en voiture n’est plus autorisé et le parking est transféré à trois kilomètres des remparts sur la terre ferme. Le visiteur pourra gagner la Merveille par des navettes qui fonctionneront sept jours sur sept, 24 heures sur 24, ou, à pied, au gré de chemins ouvrant des perspectives changeantes sur le Mont et sa baie. Pour relancer le tourisme, un contrat de destination de 1,3 M€ visant à promouvoir à l’international ces lieux classés au Patrimoine mondial de l’Unesco sera signé vendredi.
Un projet à 185 M€
• Porté par un syndicat mixte, le projet de Rétablissement du caractère maritime (RCM) du Mont-Saint-Michel a mobilisé quelque 185 M€ d’argent public.
• La facture a été partagée entre l’Etat (85 M€), la Région Basse-Normandie (35 M€), l’Europe (21 M€), la Région Bretagne (16 M€), le Département de la Manche (12 M€), celui de l’Ille et Vilaine (8 M€) et les agences de l’eau (4 M€).
• L’argent rassemblé a servi principalement à construire les ouvrages hydrauliques (69 M€), les ouvrages d’accès (38 M€) et les ouvrages d’accueil (9 M€).
• A cette enveloppe s’ajoute 24 M€ investis par Véolia dans le cadre de la DSP afférent aux parking et aux navettes.
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L’Université de Rouen n’a pas les crédits pour construire une nouvelle bibliothèque universitaire
La bibliothèque universitaire (BU) de Mont-Saint-Aignan date de 1964... et cela se voit. Son architecture géométrique avec ses modules hexagonaux juxtaposés respire les sixties et, passé le côté vintage amusant, les étudiants en retiennent surtout les désagréments. « Cette BU est en mauvais état, résume Pierre Hants, inscrit en master 1 d’histoire et secrétaire général de l’Unef de Rouen. Il y a des fuites d’eau quand il pleut. Il n’y a aucune isolation, ce qui fait qu’il fait très froid en hiver et chaud en été. Et son agencement fait qu’elle n’est pas attractive. Une BU, c’est fait pour permettre aux étudiants de se poser et d’étudier. On est nombreux à juste prendre les livres et repartir. »
Pas de nouvelle bibliothèque d’ici 5 ans
Sans compter que le bâtiment n’est plus adapté aux usages 2.0 des nouvelles générations. « Des travaux ont déjà été menés. Une centaine de prises ont ainsi été installées en moins de cinq ans, rappelle Laurence Boitard, directrice des BU. Selon une enquête d’opinion que nous avons menée, ce que les étudiants demandent surtout, c’est d’avoir des espaces de travail séparés. » Ce qui est difficile à aménager dans cet immense espace, haut de plafond...
Le ras-le-bol n’est pas nouveau. Lors de sa réélection en 2012, le président de l’Université de Rouen, Cafer Özkul, avait fait de la construction d’une nouvelle bibliothèque réunissant les sciences et les sciences humaines et sociales la priorité de son second mandat. Mais le contrat de plan État-Région 2015-2020 (CPER), signé le 13 février, a contrarié le projet. « Cette nouvelle BU devait être financée dans ce cadre-là. Mais la somme réservée pour les opérations immobilières de l’Université est de moins de 17 M€ pour la part État [les crédits alloués, au total, pour l’enseignement supérieur, sont de 90,88 M€ NDLR]. Alors que l’on comptait sur 38 M€ rien que pour la bibliothèque ! » Au final, le président a décidé de privilégier l’autre idée phare du mandat : la création d’un guichet unique, rassemblant tous les services administratifs à destination des étudiants.
En attendant un prochain CPER et de providentiels crédits, l’Université va donc devoir investir, au coup par coup, pour éviter de laisser sombrer le vaisseau amiral des sept BU. « Rien que sur 2015, nous avons prévu 2 M€. Des travaux au niveau de la toiture et de l’éclairage vont être menés afin de permettre aux étudiants de travailler dans de bonnes conditions », conclut Cafer Özkul tout en « en regrettant d’investir dans un bâtiment qui, de toute manière, devra être déconstruit tôt ou tard ».
Céline Bruet
c.bruet@presse-normande.com
Horaire
L’Université de Rouen a reçu en 2010 le label NoctamBU qui distingue les ouvertures tardives des bibliothèques universitaires. Ainsi, les étudiants peuvent veiller jusqu’à 22 h dans la BU de médecine et pharmacie, et quatre BU sont ouvertes le samedi. Le président de l’Université, Cafer Özkul, aimerait élargir le dispositif : « L’évolution vers le numérique pourrait permettre d’ouvrir même le dimanche. Car en un seul endroit on trouverait les documents nécessaires. »
Des structures ouvertes à tous
Pas besoin d’être étudiant ou enseignant chercheur pour accéder aux bibliothèques universitaires. Chacun peut pousser la porte, consulter les documents, s’asseoir et bouquiner. Seule différence, pour emprunter un livre, l’adhésion est de 35,50 € pour le grand public. Chaque année, le réseau des BU enregistre près d’un million d’entrées ainsi que 157 000 prêts. « Ça tend à baisser alors que le nombre de documents vus en ligne sur notre BU numérique (585 000) augmente, constate Laurence Boitard, directrice des bibliothèques universitaire. C’est l’évolution logique. » Un rush vers le numérique qui ne sonne pas pour autant le glas des bibliothèques universitaires, bien au contraire. Le rôle des équipes (72 emplois à temps plein plus les vacataires) reste d’enrichir et de mettre à jour le fonds (manuels, revues spécialisées, DVD, etc.) qu’il s’agisse de tomes papier ou de contenu dématérialisé. « Derrière chaque contenu mis en ligne, il y a des heures de travail. »
Apprendre à mener des recherches sur un sujet
Autre évolution liée aux nouvelles technologies, les équipes des BU délivrent de plus en plus de formations aux étudiants. « Avec internet, ils ont accès à une somme immense d’informations. D’où la difficulté, pour eux, de faire le bon choix. Nous leur apprenons à mener des recherches en fonction de leur sujet, et à repérer les sources fiables. » 300 heures de formation sont ainsi dispensées dans l’année.
Et si les collections tendent sans cesse à se renouveler pour coller aux plus près des programmes universitaires, les BU possèdent aussi des documents très anciens, à l’image de cette reliure du XVIe siècle. « Il n’en existerait que trois en France... »
Le réseau de bibliothèques de l’Université de Rouen a également reçu les dons de bibliothèques de certaines personnalités telles que les historiens médiévistes Jean Favier et Robert-Henri Bautier et les archives de l’association des amis de Xenakis.
carnet d’adresses
Lettre, Staps et sciences humaines : 178 000 ouvrages, 400 DVD et 365 titres de presse répartis dans les magasins et deux salles en libre accès à Mont-Saint-Aignan.
Médecine et pharmacie : 36 000 ouvrages et 1 223 titres de presse, boulevard Gambetta à Rouen.
Droit, économie et gestion : 85 000 ouvrages et 430 périodiques, avenue Pasteur à Rouen.
Sciences et techniques : deux pôles, l’un à Mont-Saint-Aignan (26 000 ouvrages, 74 titres de presse, romans et BD), l’autre au Madrillet (30 000 ouvrages, 66 titres de presse, romans et BD).
Formation des maîtres : 60 000 ouvrages, 140 titres de presse, fonds spécialisé en littérature jeunesse à l’Espe (ex-IUFM).
À Evreux : 35 000 ouvrages dans toutes les disciplines.
Dans l’Eure, un architecte et un industriel développent un concept d’habitat évolutif
Tous deux sont connus dans l’Eure mais pour des réalisations différentes. Guy Schumacher reste associé à la marque Saveurs de France-Brossard. Christian Picois au grand nombre de réalisations que l’architecte a signées à travers le département (collège de Damville, gendarmerie de Saint-André-de-l’Eure, logements sociaux, siège social d’APV à Évreux, maisons individuelles, agence de l’eau à Conches-en-Ouche, mairie de Vieux-Villiez, école de Saint-Élier...). Les deux personnalités sont aujourd’hui associées pour développer des maisons individuelles qu’on peut sans conteste qualifier de novatrices. Elles sont commercialisées sous la marque Génius.
« Le secret des maisons Génius, c’est leur conception en usine. À Ézy-sur-Eure sont fabriqués des modules, de 30 m² sur une hauteur de 3 m, qu’il suffit ensuite d’assembler là où la maison doit être construite », explique Christian Picois.
La maison qui grandit
Le concept va plus loin que l’assemblage d’éléments préfabriqués : il fait penser à la station spatiale internationale, où des modules viennent s’arrimer régulièrement. Précision : les maisons Génius ne ressemblent pas à un vaisseau spatial ! Mais à une maison individuelle de style classique, de plain-pied ou R + 1.
La fabrication industrielle des modules présente plusieurs avantages : « Sur la dalle, l’assemblage des modules ne va prendre que quelques heures, pas plus. Il faut y ajouter une petite dizaine de jours pour la pose de la charpente et de la couverture. Après c’est fini ! » Adieu les chantiers interminables : « La maison est livrée prête à vivre, les sols sont faits, les murs peints, les fenêtres triple vitrage posées et équipées de volets roulants électriques... », détaille Christophe Martel, directeur marketing de Génius.
Outre le fait qu’elles poussent comme des champignons, les maisons Génius sont aussi marquées par leur capacité à évoluer, en termes de surface habitable : « Il est possible d’agrandir sa maison en ajoutant des pièces, une chambre, un bureau, un dressing... C’est très simple et très rapide puisqu’il suffit d’accoler un module supplémentaire à la maison existante. Il n’y a même pas besoin de casser de mur. Nous ouvrons juste la porte prévue pour communiquer avec la pièce supplémentaire tout comme pour la station spatiale internationale quand un module vient d’arrimer. »
Cette possibilité d’agrandissement est à même de séduire de jeunes couples sans enfants : « Au lieu d’acheter une maison surdimensionnée en prévision des enfants qu’ils comptent avoir, ils vont pouvoir limiter l’investissement initial en choisissant une maison de 60 m². Ensuite, au fur et à mesure que les enfants vont arriver, on va pouvoir ajouter des pièces. » Un système qui permet d’ajuster son investissement à la réalité de ses besoins en mètres carrés.
« La mise de départ pour une maison de deux pièces (60 m²) est de 60 000 €. » Soit un tarif au mètre carré revendiqué 25 % moins cher qu’un constructeur traditionnel. « Et avec des garanties identiques à celles fournies par un constructeur traditionnel », ajoute l’architecte, qui estime que ce concept de maison peut aussi rendre service à la collectivité : « La demande en logements en France est de 500 000 unités mais seulement 300 000 le sont avec des techniques actuelles de construction. Les maisons que nous proposons peuvent participer à combler le déficit. » Et à faire d’Évreux un territoire d’innovation.
Richard Mesnildrey
r.mesnildrey@presse-normande.com
Innovant
Smartbox
En 2003, l’Ébroïcien Pierre-Édouard Stérin crée Smartbox, spécialisée dans le coffret-cadeau. En 2012, la marque est présente dans 13 pays.
Cosmetolab
Fruit d’un partenariat d’acteurs ébroïciens du privé et du public, le Cosmetolab fait le pari de développer des cosmétiques sans conservateurs.
Vélo
À Nétreville, Ixow invente et produit des accessoires qui sont autant de solutions pour le vélo de loisirs dans le domaine de la sécurité et du confort.
Peu d’intervention sur le terrain
« Nous ne sommes pas constructeurs mais fabricants de maisons », explique Christian Picois.
Les 25 premiers emplois liés à la conception et à la fabrication des maisons Génius ont vu le jour en 2010. L’effectif devrait atteindre 70 personnes fin 2015. À ce jour, une cinquantaine de maisons Genius ont éclos à travers le département de l’Eure.
« Nous sommes capables de construire mieux, plus vite et moins cher », assure Christian Picois. Des performances rendues possibles grâce au mode industriel de production : « Dans nos usines, nous contrôlons 95 % du processus de fabrication de la maison. Nous réduisons au strict minimum notre intervention sur le terrain. »
Du fait d’un montage en 10 jours, les conditions de travail des ouvriers du bâtiment s’en trouvent améliorées.
« Un niveau de finition supérieur »
Les concepteurs soulignent aussi les économies en termes de transport : « Imaginez le nombre d’allers-retours de camions de livraison chargés de matériaux que nous économisons. » Pour le particulier, la brièveté du chantier est aussi un gage d’économies : « La période pendant laquelle il va devoir continuer à louer son logement en attendant d’habiter sa nouvelle maison est réduite au minimum. »
« Il faut plus de temps à l’administration pour délivrer le permis de construire ou à ERDF pour vous raccorder au réseau qu’à nos maisons pour être construites du fait de notre process d’industrialisation », s’amuse Christophe Martel, qui devance une interrogation récurrente chez les particuliers : « Nos maisons sont livrées avec un niveau de finition et d’équipement nettement supérieur aux maisons traditionnelles. Elles comprennent des panneaux photovoltaïques, la VMC double flux et une pompe à chaleur... Nos maisons sont quasiment passives en termes d’énergie. Elles anticipent la réglementation thermique 2020. »
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Le Kindarena de Rouen parmi les mots interdits de la communication de Nutella

Nutella, la pâte à tartiner fabriquée en Normandie (le siège France de Ferrero est à Mont-Saint-Aignan, aux portes de Rouen. Et c’est l’usine de Villers-Écalles, à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale de Seine-Maritime qui produit la célèbre pâte), dont l’inventeur est décédé, samedi 14 février 201, fait le buzz sur internet.
Mardi 24 février 2015, la marque a lancé sa campagne, Dites-le avec Nutella, invitant les consommateurs à personnaliser une étiquette (virtuelle) de Nutella pour y inscrire un message, celui du choix de l’internaute. Sauf que cette communication, guidée et contrôlée, afin d’éviter tout dérapage, a prévu d’interdire l’utilisation d’un ensemble de mots, parmi lesquels figure le Kindarena, le palais des sports de Rouen dont le partenaire officiel est Ferrero, terme interdit comme le mot poétique « caca » et autres expressions fleuries.
Un dérapage médiatique
Alors que Nutella voulait encadrer la communication et se prémunir de tout dérapage verbal, empêchant ainsi les internautes moqueurs de détourner le célèbre pot avec des messages inconvenants ou critiquant la marque, elle doit désormais faire face à un mauvais buzz médiatique. En effet, des petits malins, voyant qu’ils ne pouvaient indiquer les mots qu’ils voulaient, sont allés chercher dans le code source du site internet pour découvrir la liste des mots proscrits. Sont listés un ensemble de termes injurieux, polémiques ou sexuels, de « vagin » à « caca », en passant par « pourriture » ou encore « gras du bide ».
La liste interdite
Si la marque a cherché à éviter les dérapages, elle a également, par cet arsenal verbal, verrouillé sa communication, pour empêcher que l’image du Nutella ne soit détournée par de fervents opposants à la malbouffe, susceptibles de relayer les polémiques concernant l’usage de l’huile de palme par Ferrero. Ainsi, les mots « malbouffe », « huile de palme », « cellulite », « obèse » sont aussi prohibés. Tout comme, donc, l’emploi du mot Kindarena, du nom de la salle de sport de Rouen (Seine-Maritime), dont le partenaire officiel est Ferrero.
Nutella : malbouffe et sport ?
Qu’une salle de sport soit soutenue par un confiseur ne manque pas de susciter la moquerie chez les partisans de la saine alimentation. Ferrero, commercialisant sa célèbre pâte à tartiner, se défend d’être un produit mauvais pour la santé, mettant en valeur la qualité des composants et les vertus de la marque. Après la polémique sur l’huile de palme (ndlr : elle entre dans la composition des pâtes à tartiner comme le Nutella, mais aussi des biscuits et viennoiserie et est facteur d’obésité. L’huile de palme favorise le diabète par résistance à l’insuline, elle stimule les réponses inflammatoires et peut augmenter le taux de cholestérol dans le sang. Mais elle se niche partout, et pas seulement dans le Nutella, à qui elle donne sa consistance…), la marque a voulu se racheter une image, multipliant les campagnes de communication.
La dernière en date, bel exemple de communication virale, fonctionne : la marque fait parler d’elle, mais pas forcément à bon escient. Interdire l’usage des mots « orang-outan » (animal décimé par la déforestation et donc victime de notre consommation d’huile de palme) et Kindarena met en exergue les craintes de la marque sur différents volets polémiques, comme notamment la malbouffe, l’écologie et la défense de valeurs saines et sportives.
Nutella contre-attaque
Face à ce bad buzz généré par l’opération de communication, Nutella réagit et répond avec dérision à ses détracteurs. Sur Twitter, la marque s’est empressée de poster une image animée, indiquant « Notre imagination n’égalera jamais la vôtre.»
RT si tu as essayé de contourner les mots bloqués sur #ditesleavecNutella. pic.twitter.com/C6WjYOdpzp
— Nutella France (@NutellaFR) 24 Février 2015
Un message destiné aux internautes qui ont tenté de contourner les mots bloqués et une réponse pleine d’humour qui contraste avec le premier communiqué diffusé par la marque : « Les messages négatifs ou insultants ont été directement supprimés du champ des possibles, l’idée étant de se servir du pot de Nutella comme d’un support de communication pour partager son enthousiasme. De la même manière, les mots désignant des communautés qui font souvent l’objet d’attaques de la part de personnes malintentionnées ont été retirés des propositions », rapporte MeltyBuzz.
Usine Chapelle Darblay, près de Rouen : les salariés obtiennent un sursis

À l’usine de papier la Chapelle Darblay (entreprise UPM), à Grand-Couronne, près de Rouen (Seine-Maritime), 196 emplois sont toujours menacés, mais l’affaire n’est pas encore entendue. Lundi 23 février 2015, un nouvel « accord de calendrier » a été établi, et accepté par les salariés. Cet accord prévoit que des projets alternatifs à la fermeture pure et simple de la machine numéro 3, dont ceux proposés par les salariés eux-mêmes, soient examinés par la direction d’UPM, d’ici le 30 mai 2015. Ensuite, la direction du groupe industriel finlandais UPM-Kymmene rendra son avis, le 18 juin. La machine 3 est assurée de tourner jusqu’au 20 juin 2015, et aucun licenciement ne pourra donc intervenir avant le 30 juin 2015.
Étude des solutions alternatives
Un sursis a été obtenu, mais bien sûr, les salariés espèrent bien qu’une solution pérenne soit trouvée pour éviter ce PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), qui prévoit la suppression de près de 200 postes.
La commission industrielle peut voir le jour et travailler des alternatives industrielles jusqu’au 30 mai 2015, ce qui va permettre de trouver le financement pour le projet de reconversion de la PM3, explique le syndicat CGT, en première ligne du conflit social depuis plusieurs semaines.
Ces dernières semaines ont en effet été marquées par plusieurs journées de grève musclées, comme lorsque la direction du site avait été séquestrée durant une nuit (du mercredi 28 au 29 janvier 2015), ou quand des kilomètres de papier avaient été déversés dans les rues du centre-ville de Rouen (21 janvier et 17 février 2015).
« Le droit d’espérer »
Notre lutte aboutit à cette première reconnaissance de nos droits, droit d’y croire, droit d’espérer qu’un industriel, des politiques, trouvent que notre PM3 peut encore produire, avec son personnel qualifié, précise la CGT. Pour l’instant, elle n’est pas sauvée, mais pas arrêtée non plus, grâce à notre combat.
Par ailleurs, les salariés réclament la tenue d’une « table ronde de la filière papetière », au niveau national. Une attente exprimée également par le sénateur Didier Marie (PS), qui a demandé au gouvernement, mardi 17 février, de « désigner un chargé de mission national pour animer la réflexion autour de la filière bois/papier et impliquer toutes les parties prenantes ».
Près de Rouen, d’importants travaux prévus au centre Abbé Pierre Emmaüs

Le Centre Abbé Pierre Emmaüs, à Esteville, au nord de Rouen (Seine-Maritime), se prépare à connaître d’importants travaux qui devraient durer deux ans. Ils consisteront à rénover le bâtiment ancien du XVIIIe siècle – sans toucher au deux-pièces qu’occupait l’abbé Pierre, et qui reste le cœur du lieu de mémoire -, et à démolir l’aile nord de 1970. Le tout, pour permettre la construction d’un bâtiment moderne, comprenant une vingtaine de studios, et l’aménagement d’une salle polyvalente et d’une salle de restauration pour les groupes.
Une pension de famille
Le Fonds Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, propriétaire des bâtiments, est maître d’ouvrage et financeur principal du projet conçu par l’architecte Pascal Victor, de l’atelier les Deux Anges. Ce nouveau lieu de vie répondra au cahier des charges de l’association : qualité des lieux, du suivi et de l’accompagnement des pensionnaires, hommes ou femmes. Un logement très social, comme l’explique Philippe Dupont, directeur du Centre Abbé Pierre-Emmaüs d’Esteville :
Pour le bien-être des personnes qui vivent une situation d’exclusion, il s’agit de construire une pension de famille, c’est-à-dire des logements de type studio pour personnes en semi-autonomie. Des travailleurs sociaux accompagneront les résidents dans leur vie quotidienne ( animations, démarches administratives, santé, développement de projets).
La Halte Emmaüs, comme elle fut longtemps nommée, a hébergé par le passé de très nombreux sans-abri, venus principalement de Paris, en rupture avec l’errance urbaine. Les 25 derniers ont été relogés progressivement dans d’autres communautés pour permettre la réalisation des travaux à venir. Il reste à Esteville trois compagnons, en mini-communauté, logés dans l’ancienne conciergerie.
Une vie au milieu des compagnons
C’est à la suite de la grande collecte organisée par les chiffonniers d’Emmaüs de Seine-Maritime en 1964 que le manoir de la famille Sanlaville, inhabité, est transmis à l’abbé Pierre par l’entrepreneur rouennais, Georges Lanfry, président du Comité des amis d’Emmaüs de Rouen. Les chiffonniers-bâtisseurs travailleront dur pour en faire un lieu d’accueil fonctionnel, le siège de leur communauté, le secrétariat de l’abbé Pierre et le Centre international de rencontres et d’études sociales. L’abbé y viendra souvent. Il y résidera en permanence de 1992 à 1998 au milieu des compagnons. « Ici, j’ai fait mon nid » disait le capucin célèbre, longtemps personnalité préférée des français.
Un lieu de mémoire et de vie
Depuis janvier 2007, l’abbé Pierre repose au milieu d’un cinquantaine de ses compagnons au cimetière d’Esteville. Le manoir est devenu « lieu de mémoire-lieu de vie », le 22 janvier 2012, pour mieux faire connaître à toutes les générations le message de solidarité de l’abbé Pierre. 7200 visiteurs sont venus en 2014. Objectif 8 500 en 2015 et 15 000 dans 5 ans. Parmi les animations proposées en 2015, il y aura, le 6 mars 2015, à 18h, le lancement de la nouvelle bouquinerie. Plus de 2 000 livres d’occasion, sur des sujets variés, sont en vente à petit prix aux horaires d’ouverture du lieu de mémoire, tout au long de l’année. Et chaque premier samedi du mois jusqu’en octobre, Emmaüs sortira de ses réserves des centaines d’ouvrages anciens supplémentaires. Les sommes récoltées serviront à l’animation du lieu de mémoire auprès des plus jeunes. Puis, du 1er avril au 31 mai 2015, une exposition de chefs-d’œuvre d’art naïf et singulier de la Dieppoise Nicole Bayle, sera présentée.
De notre correspondant André Morelle
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Infos pratiques :
Visite tous les jours de 10h à 18h au 280, route de Cailly à Esteville
Participation : 2, 4 ou 6 euros
Le centre inaugure sa nouvelle bouquinerie, vendredi 6 mars 2015, à 18h
Tous ceux qui désirent contribuer à l’extension et au fonctionnement du lieu d’hébergement peuvent se rendre sur le site de la Fondation Abbé Pierre.
Climat: les vaches continueront de roter, alors que faire?
Certains diront qu'ils ne faut plus manger de viande. D'autres que les éleveurs ont les moyens de réduire significativement leur bilan carbone. Les agriculteurs eux font valoir leurs atouts, à commencer par leurs prairies.
En France, l'agriculture est responsable de 21% des émissions de gaz à effet de serre (Ges) et l'élevage bovin est responsable à lui seul de plus de la moitié de ces émissions, selon le centre d'étude de la pollution atmosphérique (Citepa).
Face à ces chiffres sans appel, 'il y a une prise de conscience des éleveurs', analyse Arnaud Gauffier en charge des questions agricoles en France pour le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Les éleveurs laitiers européens ont même initié en 2013 un plan baptisé 'Carbon dairy' qui vise à réduire de 20% d'ici 10 ans l'empreinte carbone du lait. Les éleveurs bovins préparent une initiative similaire.
Les vaches mangent de l'herbe, ruminent. Cette fermentation naturelle produit du méthane qu'elles dégagent lorsqu'elles rotent puisque, contrairement aux idées reçues ce sont les rots, et non les flatulences, qui sont à l'origine de l'essentiel du problème !
La fermentation entérique produit d'ailleurs plus de 50% des Ges d'un élevage, bien loin devant les déjections, ou la consommation d'énergie.
Aujourd'hui, il n'y a aucun moyen de changer cela. A moins de greffer des estomacs de kangourou dans les vaches, le kangourou étant l'un des rares, voire le seul animal, qui rumine sans produire de méthane grâce à une bactérie qui lui est propre.
Avant d'en arriver là, les éleveurs ont d'autres moyens d'actions.
'On peut déjà travailler sur le nombre d'animaux. Cela passe soit par une intensification de la production par vache en passant par exemple de 5.000 litres de lait par an et par vache aujourd'hui, à 7.500. On peut aussi envoyer à la réforme (l'abattoir, ndlr) toutes celles qui ne produisent plus ou pas assez', explique Jean-Baptise Dollé, responsables des questions environnement à l'Institut de l'élevage (Idele).
Éleveurs et chercheurs tentent également d'améliorer la digestion des ruminants. 'Il y a des additifs alimentaires, certains extraits de plantes, de lipides' qui peuvent jouer, poursuit Jean-Baptiste Dollé.
C'est la démarche de Bleu-Blanc-Coeur. Cette association promeut une alimentation des troupeaux à base de luzerne ou de graines de lin, naturellement riche en oméga 3, qui permettrait de réduire de 15% les émissions de méthane.
'Sur le méthane entérique, on a pas de solution alors on fait la chasse au gaspillage', raconte Bruno Dufayet, éleveur de Salers dans le Cantal.
Lui essaie ainsi d'optimiser la pousse de l'herbe en faisant tourner son troupeau sur ses différentes parcelles pour réduire ses achats externes de fourrage. Même chose pour les engrais: il tente au maximum de produire son fumier pour la fertilisation.
Prairies menacées
Mais surtout, les éleveurs français se mobilisent pour que les prairies soient intégrées dans leurs bilans carbone et pour faire reconnaître les services qu'ils rendent à l'environnement, en entretenant les paysages ou en stimulant la biodiversité.
Car 'lorsqu'on intègre le carbone stocké dans les prairies, on compense quasiment l'intégralité des émissions de méthane', relève Jean-Baptiste Dollé.
Chez WWF on partage cette approche multi-critère mais Arnaud Gauffier insiste: 'il faut avoir une analyse au cas par cas'.
En France, 'le système français d'élevage à l'herbe est durable et vertueux'. Mais ce n'est pas le cas partout. En Amérique latine, 'l'élevage à l'herbe est une pratique très extensive et la première cause de déforestation devant la culture de soja', souligne-t-il.
En intégrant le facteur prairie, nait aussi une autre nécessité: maintenir les élevages en pâture à l'heure où la France voit pousser des élevages géants hors-sol comme la ferme des futures 1.000 vaches dans la Somme, où les animaux ne verront jamais la couleur de l'herbe.
Entre 2006 et 2010, les surfaces de prairies permanentes ont déjà chuté de 6,3%, souligne le commissariat général au développement durable.
Pour le WWF, il devient donc urgent d'aider financièrement les exploitants à maintenir leurs prairies. Et, ajoute Arnaud Gauffier, pour lutter contre le changement climatique, il faut aussi que le consommateur se résolve à 'limiter' durablement sa consommation de viande.
Les collectivités du 276 renouvellent leur contrat pour cinq ans
Un nouveau Contrat 276 – 2015 2020 qui définit les actions que la Région Haute-Normandie et les Départements de l’Eure et de la Seine-Maritime s’engagent à mener conjointement a été signé mardi à Evreux par les présidents des trois collectivités. Il prévoit pour les six ans à venir un engagement de 862 M€ répartis entre la Haute-Normandie pour 402 M€, la Seine-Maritime pour 172 M€ et l’Eure pour 169 M€. Le 276 contraction de 27 et 76 a été lancé 2004 après la victoire de la gauche au conseil général de la Seine-Maritime qui permettait aux trois collectivités d’avoir un président socialiste.
Le premier contrat a été signé en 2007 dans la foulée de la contractualisation avec l’Etat. Par nature, celui qui vient d’être signé sera le dernier sous cette forme puisque la Haute-Normandie disparaîtra le 1er janvier 2016. Son contenu passera sous la responsabilité de la nouvelle région Normandie.
Sur les 896 M€, la plus grosse enveloppe sera consacrée à l’accessibilité du territoire par un volet routier (129 M€), le développement de l’intermodalité et les pôles d’échange des gares (136 M€) et le numérique avec le très haut débit (135 M€). A l’intérieur d’un chapitre consacré à la gestion durable du territoire, le 276 prévoit d’engager 213 M€ pour les performances énergétique des établissements locaux d’enseignement.
Parmi les autres actions, on relève un engagement pour l’amélioration des structures d’hébergement des personnes âgées dépendantes (33 M€). Dans un chapitre consacré à la « valorisation du territoire » on trouve un volet en faveur du tourisme et du patrimoine culturel (33 M€) et un programme pour l’extension des voies vertes (29 M€).
En signant ce contrat 2015 – 2020 à un moment où les collectivités sont à un tournant de leur histoire tant politique qu’institutionnelle, les trois présidents ont ardemment défendu leur « exemple réussi de l’association volontaire » de collectivités, « levier fort pour le développement, l’aménagement et la cohésion et aussi une façon optimale de gérer l’argent public ». Nicolas Mayer-Rossignol à la Région, Nicolas Rouly, en Seine-Maritime et Jean Louis Destans dans l’Eure disent mesurer le succès de la formule par « l’émergence » dans les 13 pays et 6 agglomérations et la Métropole de dizaines de projets.
Goûter-Croisière sur la Seine
L'Office de Tourisme Rouen Normandy organise un goûter-croisière à bord du bateau La Lutèce le mercredi 4 mars à partir de 14h15.
Le départ se fera depuis Rouen à l'embarcadère Jehann Ango jusqu'à Belbeuf pendant deux heures. Les participants pourront découvrir, ou redécouvrir les paysages de la vallée de la Seine.
Un goûter avec viennoiseries, boissons chaudes et jus de fruit sera servi pendant la croisière.
Tarif : 18€ (12€ pour les 3-12 ans)
Réservations : 02 32 08 32 40
Eric Piolle, maire de Grenoble : « Désormais, à vélo, je respecte le code de la route »
Cette photo, des journalistes la lui ont demandée des dizaines de fois. Alors maintenant, il la propose d’emblée : "Vous voulez une photo à vélo ? On se retrouve dans cinq minutes devant la mairie." Et le maire de Grenoble (son portrait à lire ici) va chercher sa bicyclette à assistance électrique dans le garage puis pose, casque sur la tête, devant l’escalier en béton de l’Hôtel de ville avant de filer, seul, à son prochain rendez-vous. Ce jour-là, il part chez le coiffeur. Le maire écologiste, élu en mars 2014, effectue ses déplacements à bicyclette, dans toute l’agglomération, comme 5 % des Grenoblois. Le maire espère tripler le nombre de trajets à vélo dans sa ville d’ici à 2020. Interview.
Que change, pour vous, le fait de circuler à vélo ?
"Rien, puisque je pédalais déjà avant l’élection, comme ceux qui sont devenus mes collaborateurs, d’ailleurs. Le fait que le maire se déplace à vélo constitue toutefois une rupture forte. La voiture de fonction avec chauffeur est l’apanage de l’élu puissant, mais éloigné des préoccupations des citoyens. Lorsque je suis en selle, les gens m’interpellent dans la rue, pour me parler de leur quartier, du logement, de la propreté, ou simplement pour me saluer. Ils sont souvent étonnés de me voir à vélo les jours où il pleut." (A lire, au sujet de la voiture de fonction).
Depuis votre élection, vous portez un casque. Pourquoi ?
"En fait, j’ai décidé d’en mettre un à la suite de l’agression dont j’ai été victime deux jours avant le second tour. Heureusement, je n’avais pas chuté sur la tête, mais cela m’a fait prendre conscience du risque. Et puis à la maison, j'ai la pression : ma femme me dit d’en porter un…"
Votre pratique du vélo n’a donc pas changé depuis l’an dernier.
"Si ! Je respecte désormais le code de la route. Je m’arrête à tous les feux rouges. En revanche, je n’ai jamais roulé sur les trottoirs."
La Métro, la communauté d’agglomération grenobloise, a adopté en décembre une délibération consacrée à la politique cyclable. Quelles en sont les grandes lignes ?
"L’objectif est triple. Nous souhaitons créer ce que l’on appelle parfois des 'autoroutes cyclables', des éléments structurants permettant la desserte de l’ensemble de l’agglomération. Il faut aussi aménager les endroits où les cyclistes subissent des ruptures de parcours. Enfin, nous voulons communiquer auprès des nouveaux habitants de Grenoble. On leur offre déjà une chasuble jaune lorsqu’ils s’installent dans la ville, on pourrait également leur proposer une cape de pluie. Enfin, nous allons lancer au printemps une campagne sur le civisme, pour améliorer les relations entre cyclistes et piétons. Les vélos n’ont pas leur place sur les trottoirs mais sur la chaussée."
Au fond, pourquoi encourager le vélo ?
"Grenoble est la troisième ville la plus dense de France, après Paris et Lyon. Cette caractéristique géographique rejaillit sur sa culture, son économie, la répartition de l’espace public, les manières de se déplacer. Le vélo y est particulièrement adapté. La bicyclette présente également l’avantage ne pas saturer les transports en commun, qui sont très utilisés ici. Et bien sûr, tout cela est bon pour la santé, la convivialité, etc."
La gare SNCF est actuellement en pleine rénovation. Les cyclistes y trouveront-ils une place ?
"Le projet de rénovation était engagé avant l’élection. Nous l’avons amendé en demandant un parking en silo. A terme, on pourra y stationner 2 000 bicyclettes. Mais la demande est forte et le parking risque bientôt d’être saturé. A la gare de Leyde, aux Pays-Bas, où je suis allé à de nombreuses reprises au cours de ma carrière professionnelle, on peut garer 20 000 vélos."
Le stationnement, c’est un élément clé d'une politique cyclable…
"Oui, c’est pour cela que nous avons créé 900 arceaux dans la métropole depuis l’élection. Et ils sont positionnés sur la voirie, à la place d’un stationnement automobile, et non sur le trottoir. Cela contribue également à sécuriser le carrefour, puisque les piétons voient désormais les voitures arriver."
Parvenez-vous à convaincre l’exploitant des transports publics de l’intérêt de développer le vélo ?
"Il faut sortir de l’idée que la bicyclette est concurrente du tramway et du bus. Ces modes sont complémentaires. En juin, j’ai signé l’arrêté permettant la circulation entre les voies du tram. Cela rend des services au cycliste, même s’il faut apprendre à passer les rails sans se mettre en danger."
Cette politique se heurte-t-elle à des résistances ?
"Parfois, je constate un peu d’ironie, lorsque le président du conseil général, par exemple, explique lors de ses vœux qu’il continuera à construire des routes 'parce qu’on ne peut pas faire tous les trajets à vélo'. Un autre élu, parlementaire et adjoint du maire précédent, a dit en plaisantant qu’il fallait éviter de s’asseoir à côté d’un élu écologiste en fin de journée, parce qu’on sentirait la transpiration…"
Propos recueillis par Olivier Razemon
Les responsables politiques et les transports :
Ce que racontent les trois vélos de Christiane Taubira (avril 2013)
François Fillon sur un scooter à Capri, un accident normal (juillet 2012)
Paris-Lille à 20€: Martine Aubry sème la panique à la SNCF (mai 2013)
Pour Jean-Vincent Placé, l'abus de bagnole ne nuit pas à la carrière (décembre 2013)


