Près de 200 riverains du tracé retenu par l'Etat pour le contournement est de Rouen ont manifesté samedi 14 juin, près du site de l'échangeur de Gouy / Les Authieux.
Près de 200 riverains du tracé retenu par l'Etat pour le contournement est de Rouen ont manifesté samedi 14 juin, près du site de l'échangeur de Gouy / Les Authieux.
Quelles sont les invariants, les ruptures et les évolutions dans la manière dont l’agglomération tourangelle projette son développement ?
L’autocar filant à vive allure sur une voie réservée de l’autoroute plutôt que le RER bondé et brinquebalant, soumis à des grèves dont les motifs échappent aux voyageurs. Puisque les transports ferrés d’Ile-de-France sont saturés matin et soir, pourquoi ne pas utiliser le réseau routier ?
Pour les zones denses d’Ile-de-France, on s’y prépare. Le STIF, syndicat des transports de la région, ainsi que la Direction des routes, ont décidé ce jeudi 12 juin de construire des voies dédiées au bus sur 11 axes autoroutiers de la région. Ces axes, qui appartiennent à l’État, seront aménagés d’ici à 2020 pour un coût de 65 millions d’euros, un budget environ 50 fois inférieur à celui du Grand Paris Express, le super métro souterrain qui doit relier 72 gares de la banlieue relativement proche de la capitale dans les prochaines décennies.
Une méga-galère quotidienne et explosive. L’autocar plutôt que le train, c’est aussi l’idée défendue avec ardeur par Vinci autoroutes, la branche du groupe de construction chargée de construire et d’exploiter des voies autoroutières. En région parisienne, la durée des déplacements quotidiens n’a cessé de s’allonger depuis 30 ans. Les incidents récurrents rencontrés dans les transports ferrés, même lorsque personne ne fait grève, plombent le moral des salariés et finiront tôt ou tard par peser sur l’économie de la région. Pour ne rien arranger, on a appris le mois dernier que l’argent manquait pour entretenir le réseau existant.
Face à cette méga-galère, les décideurs politiques de tous bords ne juraient jusqu’à présent que par de nouvelles infrastructures. Le 3 juin, Frédéric Cuvillier, secrétaire d’État aux transports, a donné le coup d’envoi du "Charles de Gaulle Express", qui doit relier Paris à l’aéroport de Roissy. Par ailleurs, le super métro du Grand Paris Express est systématiquement présenté comme une solution permettant de désengorger les réseaux existants tout en favorisant le "report modal" entre voiture individuelle et réseau ferré. Rien n’est moins sûr. "Une étude récente de la Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement d’Ile-de-France (DRIEA) montre que l’impact du super métro sera marginal. Seuls 1% des automobilistes seront amenés à quitter leur voiture pour prendre le Grand Paris Express", rapporte André Broto, directeur de la stratégie de Vinci autoroutes.
Plus polluant? Pas sûr. L’autoroute comme supplétif à la voie ferrée va certainement faire grincer des dents. Le car pollue et émet des gaz à effet de serre, dira-t-on. Au moment où il circule, certes. Mais si on prend en compte l’ensemble du "cycle de vie" du moyen de transport, de la construction à sa destruction, un car plein circulant sur une autoroute existante à la place de 50 voitures individuelles devient intéressant, même du point de vue environnemental.
Souplesse et simplicité. Par ailleurs, on transporte bien moins de personnes dans un autocar que dans une rame de RER ou de train Transilien. Mais le car est plus souple, ses horaires peuvent être adaptés, et il ne nécessite pratiquement aucune infrastructure nouvelle, au contraire du transport ferré, qui implique d’énormes travaux et génère la réorganisation de quartiers entiers.
La grande banlieue oubliée. A entendre Vinci, l’autocar constitue surtout une solution dans les départements périphériques d’Ile-de-France, en "grande banlieue". Le réseau ferré y est peu dense, les trains moins fréquents, les cars publics méconnus. "C’est l’hinterland de Paris, le territoire où se trouve la force productive", affirme M. Broto, qui tranche : "les grands-banlieusards sont dépendants de la bagnole" et subissent les inconvénients liés à l’utilisation quotidienne de la voiture : congestion, précarité énergétique, poids dans le budget, sans oublier, pour le reste de la société, la pollution et le CO2.
2,2 millions d’habitants vivent à Paris, 4 millions en petite couronne, 5 millions en grande couronne, rappelle M. Broto, qui précise : "Les colloques sur les transports ont toujours lieu dans le centre de la métropole, on construit les infrastructures dans la petite couronne, mais c’est dans la grande couronne que les problèmes se font sentir !"
L'exemple madrilène. Vinci autoroutes met volontiers en avant l’exemple de Madrid. Le Consorcio Transportes Madrid dispose de sept "corridors", lignes de bus radiales qui empruntent les autoroutes se dirigeant vers la capitale espagnole. A certains endroits, sur la dernière partie du parcours, les véhicules circulent sur une voie réservée, prise à la circulation automobile, ce qui leur permet de maintenir une vitesse constante. Les voyageurs en autocar rejoignent le réseau ferré de Madrid dans des gares multimodales situées en périphérie.
Pour M. Broto, ce dispositif pourrait être transféré en Ile-de-France sans difficultés. Pour le moment, seule une ligne de car, qui emprunte l’autoroute A10, propose un tel service (détails à lire ici). Le bus 91.03, qui relie Dourdan à Massy (Essonne), circule avec une fréquence inférieure à 10 minutes entre 6h et 8h30. La ligne dessert une gare routière unique en France, celle de Briis-sous-Forges, installée à même l’autoroute, derrière des portes vitrées qui s’ouvrent lorsque se présente un autocar.
Covoiturage et taxi. Les voies réservées imaginées par le STIF pourraient en outre être "ouvertes au covoiturage, dès qu'une définition légale sera trouvée", affirme Pierre Serne, vice-président (EELV) chargé des transports à la région Ile-de-France. Et sur les autoroutes A1 et A6 reliant les aéroports de Roissy et Orly, les voies dédiées seront également ouvertes aux taxis.
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Pour un individu, la dépendance est le fait de devoir se reposer sur l’action d’autrui pour réaliser certaines actions. De façon administrative, la dépendance est appréciée en fonction de l'état physique, psychique et de l'autonomie dans la vie quotidienne. Elle concerne en particulier les personnes âgées.
Un classement baptisé Autonomie gérontologie groupe iso-ressource (Aggir) a été construit, qui s’étend de un (personnes totalement dépendantes) à six (personnes autonomes dans les actes de la vie courante). Ce classement est utilisé pour l’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie (Apa) dont peuvent bénéficier les plus de 60 ans. Seules les personnes classées du niveau un à quatre y sont éligibles.
Niveau 1 : personnes confinées au lit ou en fauteuil qui nécessitent une présence indispensable.
Niveau 2 : personnes confinées au lit ou en fauteuil qui nécessitent une prise en charge pour la plupart des activités.
Niveau 3 : personnes ayant conservé une partie de leur autonomie, mais qui nécessitent une aide plusieurs fois par jour.
Niveau 4 : personnes qui peuvent se déplacer, mais qui doivent être aidées pour la toilette et l’habillage.
Niveau 5 et 6 : personnes peu ou pas dépendantes.
La Haute-Normandie que l'on présente souvent comme en perte de vitesse, « se maintient » au 8ème rang pour le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant, bénéficiant de « son profil très industriel », selon une étude que vient de publier l'Insee. La croissance régionale pourrait être plus forte, si elle n'était « pénalisée par une dynamique démographie faible et par des services moins créateurs de valeur ajoutée qu'ailleurs », observe l'Insee. En France le PIB a progressé dans toutes les régions depuis 1990, même si cette croissance est disparate.
En 2011, dernière année de référence pour cette étude, le PIB de Haute-Normandie s'est élevé à 49,6 milliards d'euros, soit une progression de 23% depuis 1990, (+1 % par an en moyenne) qui est toutefois inférieure d'un tiers à la hausse métropolitaine (+ 38 %, soit + 1,6 % par an en moyenne). Cette progression modérée situe la Haute-Normandie en position médiane pour la croissance du PIB, au 14e rang des régions métropolitaines.
La crise de 2008 est passée par là, plus intense que celle de 1993. Jusqu'en 2007, le PIB haut-normand augmentait de 1,4 % par an, un quart de moins qu'en métropole (+ 1,9 %). « Pour l'économie régionale, les ralentissements ressortent plus appuyés et les reprises moins vives : ainsi l'écart de croissance avec la moyenne de province se creuse », souligne l'étude. La Haute-Normandie s'inscrit toutefois parmi la moitié des régions métropolitaines, qui avaient retrouvé en 2011 leur niveau de 2008.
Ce premier constat plutôt encourageant pour l'économie de la Haute-Normandie est tempéré par la mollesse démographique. Sa population n'augmente que de +0,3% par an en moyenne sur la période, presque deux fois moins qu'en métropole (+0,5%). A la différence des régions dynamiques, la Haute-Normandie bénéficie peu de l'effet démographique, « ce qui pèse sur la croissance de sa richesse ».
En revanche, l'industrie de la Haute-Normandie qui présente « un profil industriel des plus marqués, comme l'Alsace et la Franche-Comté », est un atout alors que la contribution du tertiaire à la valeur ajoutée est en retrait par rapport aux autres régions (70% contre 75%). Pendant la crise, l'industrie a souffert en France mais la Haute-Normandie a bénéficié « d'une dynamique propre positive » tirée par les secteurs fortement exportateurs du raffinage, de la chimie, de la pharmacie, ce qui a contrebalancé le faible dynamisme des activités commerciales et des services. La part de l'industrie, déjà relativement élevée, a progressé passant de 21% en 1990 à 22,6% en 2011.
En métropole, le fort recul de l'emploi industriel est une tendance lourde et ancienne. Cependant, en 2011, l'emploi total en Haute-Normandie reste un peu plus industriel qu'en province (17,5 %, contre 14,4 %), et un peu moins tertiarisé (73,2 % contre 75,5 %).
• Le rôle prépondérant de l'industrie dans la croissance du PIB haut-normand depuis vingt ans. Auteur : Jérôme Marajda (Insee). Revue Aval, Juin 2014
Le groupe de quinze géographes qui s'est mobilisé en faveur de la réunification de la Normandie vient de publier un nouveau texte sur la nécessité « d'inventer » une métropole pour la future région à partir des agglomérations de Rouen, de Caen et du Havre. Ils plaident pour « un moteur urbain puissant entrainant tout son territoire et créant une dynamique propre supérieure à ce que chacune des villes existantes ne peut faire ».
Ces géographes parmi lesquels Bruno Lecoquierre, Madeleine Brocard, Michel Bussi, Gérard Granier ou encore Sophie de Ruffray soulignent la singularité de la Normandie où trois agglomérations coexistent à moins d'une heure l'une des autres, avec chacune plus de 200.000 habitants. « Une telle configuration (…) se retrouve peu tant en France qu'à l'étranger ». Ils citent a contrario le cas de la Randstad hollandaise qui réunit Leyde, Amsterdam, La Haye, Rotterdam, Utrecht et Harlem. Cette configuration génère des inconvénients (étalements urbains, concurrence dans la captation d'activités…) mais aussi des avantages (activités complémentaires, réservoirs de ressources humaines, diversité et richesse des cadres de vie…).
L'un des fils conducteurs de la démarche est de tirer avantage de la proximité des trois villes entre-elles et avec Paris. Selon eux l'effort doit porter par exemple sur les capacités d'échanges immatériels ainsi que des personnes et des marchandises. « L'objectif d'un transport collectif tous modes, intervilles, cadencé toutes les 30 mn est un objectif réaliste à court terme », écrivent-ils. Mais il doit aussi s'exercer dans le domaine universitaire, dans celui de la santé ou de l'économie avec en particulier le développement du fluvio-maritime, une question « trop absente », disent-ils du débat autour de la liaison ferrée Paris-Normandie. A leurs yeux il faut aussi considérer qu'entre les trois villes l'espace n'est pas vide mais plein. « D'Etretat à Courseulles, le littoral quasi continuement occupé de communes de plus en plus liées entre elles, constitue la villégiature et la promenade privilégiée (…) des habitants, urbains comme ruraux, du triangle ».
La Normandie en débat, une métropole à inventer, n°2, juin 2014.
A leurs yeux, la question est d'autant plus fausse aujourd'hui qu'il n'existe pas de métropole en Normandie au sens où ils l'entendent. Selon eux, le terme administratif métropole qui désigne depuis peu les grandes agglomérations françaises, dont Rouen, ne prend en compte que « le simple critère démographique » et pas « leurs capacités à exercer des fonctions supérieures, à polariser une aire d'influence étendue et à s'intégrer dans les grands réseaux internationaux ». Ils estiment enfin que la répartition des fonctions de pouvoir entre les trois villes qui découlerait de ce choix ne serait pas une difficulté à l'aune des réseaux d'aujourd'hui.
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