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24 Nov 19:04

Quand Cédric O parle « reconditionnement », la Commission Copie privée pense déjà « assujettissement »

Les temps sont durs pour les sociétés de gestion collective. 268 millions d’euros en 2016, 276 millions en 2017, 289 en 2018, les collectes de redevance pour Copie privée sont tombées à 260 millions en 2019. Soit presque le niveau de 2014. Et 2020 devrait être pire, Covid oblige. Heureusement, tout est prêt pour préserver les récoltes des intempéries actuelles.  

Les tatillons qualifieraient ces fluctuations d’absolument « normales ». Et pour cause, la « rémunération » pour copie privée, comme on l’appelle en France, est tout sauf… une rémunération. Il s’agit juridiquement d’une compensation venant combler le préjudice subi par les titulaires de droit.

Quel préjudice ? Celui né de la copie d’une œuvre légalement acquise par une personne physique, mais réalisée sans l’autorisation du créateur.

Un barème est à ce titre établi dans une commission administrative où sont représentés 6 consommateurs, 6 industriels et surtout 12 ayants droit. Une découpe qui permet aux sociétés de gestion collective d’avoir la main sur ces flux qu’ils vont percevoir, via leur société civile Copie France.

L’assujettissement de chaque support (téléphone, tablette, disque dur externe, box, etc.) s’applique à chaque fois qu’un produit est importé en France. Ce flux est donc finalement tributaire des ventes. Moins de produits sont importés en France pour y être vendus, moins les sociétés de gestion collective collectent. Et inversement. 

Depuis des années, les ayants droit considèrent cette manne comme un droit, une subvention qui ne dit pas son nom, dont le moindre coup de rabot est considéré comme la pire des injustices. Aujourd’hui, la crise du COVID n’est pas la seule menace pesant sur ces flux. L’an passé, 70 % des flux de redevances provenaient de l’importation de smartphone. En somme, les œufs dorés sont dans le même panier. Gare à la casse en cas de rhume sur ce créneau !

Trois autres leviers sont cependant prêts à entrer en scène et éviter la fonte des perceptions : l’assujettissement des disques durs nus et des ordinateurs, les « feature phones » ou téléphones basiques et enfin, les supports d’occasion, soit une gifle assénée à l’économie dite circulaire.

Trois sujets qui ont été à l’ordre du jour le 16 novembre dernier, en Commission Copie Privée.

Nouveau barème pour les téléphones « basiques »

Ce segment vise des téléphones achetés par des personnes âgées notamment. De grosses touches. De gros caractères. Des capacités ridicules, mais un barème commun à celui des Android ou iPhone de dernière génération.

Le barème actuellement en vigueur date d’octobre 2018. Jusqu’à 8 Go, l’importateur doit ainsi payer 4 euros par unité, que le téléphone dispose donc de 8 Go ou… de 128 Mo de stockage. La situation tranche avec l’ancien barème datant de 2012. En cette période, un appareil de 128 Mo était lesté d’à peine 0,09 euro de redevance pour copie privée. Une multiplication par plus de 50, expliquée par un changement de calcul : le passage d’un système proportionnel (0,7 €/Go autrefois) à un système aujourd’hui par tranche.

Ce changement a fait l’objet de nombreuses critiques dans le camp des industriels qui siègent au sein de la Commission copie privée. Début octobre, les ayants droit ont donc mis sur la table une proposition de correction avec un barème de 1 à 3 euros concocté spécialement pour téléphones de base :

  • Jusqu’à 128 Mo : 1 euro
  • Entre 128 Mo et 512 Mo : 2 euros
  • Entre 512 Mo et 2 Go : 3 euros

Avant la réunion de lundi, cette proposition a été affinée avec une deuxième barème pour le moins étrange puisqu'exprimé selon une logique binaire (en Mio) et non plus seulement décimale (en Mo). Finalement, un troisième barème a été examiné lors du vote :

  • Jusqu’à 135 Mo : 0,50 euro
  • Supérieure à 135 Mo et inférieur ou égale à 525 Mo (ou 537 Mo, selon les versions) : 1,50 euro
  • Supérieur à 525 Mo (ou 537 Mo) et inférieur ou égale à 2 Go : 2,50 euros
  • Supérieur à 2 Go et inférieur ou égale à 8 Go : 4 euros

C’est ce barème, après corrections de dernière minute, qui a été adopté. Il est prêt à être publié au Journal officiel. S’il l’est avant le 1er décembre, il s’appliquera pour les produits importés à partir de cette date. Au-delà du 1er décembre, le barème de 2015 l’emportera jusqu’au 31 décembre. Soit, sous le sapin, un barème plus avantageux pour les ayants droit.

Les disques durs nus, les ordinateurs fixes et portables

En Commission Copie privée, le thème de l’assujettissement de cette gamme de produits n’est pas encore acté officiellement. « Il n’est pas encore certain que les ordinateurs soient soumis à la RCP », indiquait en juin 2020 l’un des représentants de Copie France, siégeant en Commission copie privée.

En coulisse, les troupes sont en ordre de bataille. Le ministère de la Culture a lancé un marché portant « réalisation d'une étude des pratiques de copies privées sur les familles de supports suivantes : - supports de stockage intégrés à des PC portables - supports de stockage intégrés à des PC de bureau - supports de stockage interne d'ordinateurs vendus nus ».

Sans vouloir « spoiler », les étapes suivantes peuvent facilement être prophétisées  : alors que quatre entreprises se sont déjà portées candidates pour répondre à ce marché, l’idée sera de jauger des pratiques de copies d’œuvres auprès d’un panel d’utilisateurs.

Si des copies sont effectivement déclarées par ces sondés, alors la Commission sera en capacité juridique de discuter d’un barème. Et puisque les 12 ayants droit sont en position de force et qu’ils perçoivent le fruit des tarifs qu’ils votent, autant dire qu’ils auront tort de se priver d’un vote favorable en cette période de vaches maigres.

Lundi dernier une visioconférence a déjà été organisée avec les quatre soumissionnaires. Viendra bientôt le moment du choix du vainqueur. Puis la poursuite de ce plan aux petits oignons consacrant la renaissance de la taxe Tasca.

L’assujettissement des supports d’occasion

Durant cette dernière réunion, un autre sujet d'ampleur est arrivé sur la table de la Commission copie privée. Officiellement, son inscription à l’ordre du jour n’émane pas des collèges de la commission, mais directement du président Jean Musitelli.

L’idée ? Envisager l’application de la redevance pour copie privée non plus seulement sur les produits neufs, mais également sur les produits d’occasion, et donc le marché du reconditionné.

Le sujet tombe au plus mal pour Cédric O. Le secrétaire au numérique a vanté pas plus tard que le 8 octobre dernier les actions du Gouvernement « dans le cadre de la Loi Anti-Gaspillage et Economie circulaire ».

Il a dévoilé surtout, aux côtés de la ministre de la Transition Écologique Barbara Pompili, sa feuille de route en la matière, un programme qui « intègre des actions pour produire moins et mieux : réparabilité, reconditionnement et réemploi, écoconception ».

Et Cédric O de vouloir « inciter beaucoup plus largement au réemploi des millions voire des plus de 100 millions de smartphones qui dorment dans les tiroirs des Français ». Ainsi, « nous allons lancer d'ici la fin de l'année avec les opérateurs Telecom une opération de communication et de récupération systématique des téléphones usagés, au bénéfice de leur réemploi et de leur reconditionnement ».

Selon nos informations, le sujet n’a pas échappé à la Rue de Valois, qui voit dans ces ventes autant de possibles redevances s’envoler. Après intervention du ministère de la Culture et arbitrages gouvernementaux, finalement, la question de la redevance sur ces produits d’occasion a été poussée sur la scène de de la Commission Copie privée, sous l’intitulé : « Examen de la question des supports reconditionnés ».

Ainsi, alors que Cédric O met le cap sur l’économie circulaire et le réemploi, les ayants droit s’apprêtent à installer leur aspirateur à redevances.

Aucune surprise finalement. Le sujet a d’ailleurs déjà été anticipé par ces bénéficiaires puisque, comme révélé par Next INpact le 26 mai dernier, la société des organismes de gestion collective a assigné plusieurs acteurs du marché du produit de seconde main. Dans son dernier rapport annuel, Copie France révèle avoir « engagé une réflexion et a pris position officiellement quant à l’assujettissement des appareils reconditionnés - comme les smartphones et les tablettes », considérant qu'ils « offrent à un nouvel utilisateur la possibilité de bénéficier de fonctions identiques de copie privée ».

« Si on assujettit les produits reconditionnés, le consommateur va payer deux fois cette redevance. Une fois sur le produit neuf. Une fois sur le produit d’occasion », regrettait pour sa part Jean-Lionel Laccourreye, président du SIRRMIET, le Syndicat Interprofessionnel du Reconditionnement et de la Régénération des Matériels Informatiques, Électroniques et Télécoms.

20 Nov 19:08

Playstation 5 : les stocks sont vite partis, des sites d’ecommerce sont tombés… y compris Amazon

Depuis hier, Sony propose sa nouvelle console à la vente, un lancement qui a rapidement tourné au drame pour les sites d’ecommerce et à la frustration pour de nombreux joueurs.

Peu de stocks et une forte attente, l’équation est connue et le résultat sans surprise : des sites sont tombés : Auchan, Boulanger, Cdiscount, Fnac… la liste est longue. C’est également le cas d’Amazon, comme nous avons pu le remarquer.

Comme toujours, nous avons eu droit hier à un concours Lepine d’actualités et de « bons plans » suite à cette mise en vente. Pas de quoi apaiser la situation sur les sites des revendeurs, mais de quoi placer des liens d’affiliation.

On trouve également des PlayStation 5 en vente à plusieurs milliers d’euros sur des sites comme Le bon coin ou des vendeurs tiers. Là encore, rien de neuf malheureusement sous les cocotiers.

Reste maintenant à savoir quand de nouveaux stocks seront proposés, et avec quelle quantité.

20 Nov 19:02

Utiliser des modèles pour les message fréquents - Gmail

Si vous utilisez fréquemment les mêmes messages ou les mêmes phrases dans Gmail, vous pouvez les enregistrer comme modèle et les insérer ensuite dans vos messages en quelques clics.
17 Nov 17:38

Crew-1 : les membres d’équipage sont entrés dans la Station spatiale internationale

Si la mission VV17 d’Arianespace est un cuisant échec (avec la perte de deux satellites), fort heureusement Crew-1 de Space (avec quatre membres d’équipage) est un succès sur toute la ligne.

La capsule s’est arrimée tôt ce matin à l’ISS, avec une manœuvre entièrement automatisée. Les astronautes pouvaient évidemment reprendre la main si nécessaire. On peut voir sur cette vidéo l’entrée des membres de l’Expedition 64.

16 Nov 18:35

Top départ pour la publicité segmentée sur Orange et France TV

En août dernier, un décret a autorisé les chaînes de TV à diffuser des publicités « adressées » ou « segmentées », comprendre adaptées à chaque foyer. 

Derrière le texte, un traitement de données personnelles, permettant de scruter les habitudes de consommation pour fournir des pubs en rapport, fondé sur le consentement des téléspectateurs.

Abonné Orange, ne vous étonnez pas donc si les pubs de votre écran diffèrent de celles de vos voisins. Le FAI vient d’annoncer qu’une dizaine d’annonceurs se lancent dans une telle campagne sur une période de 6 à 9 mois, en association avec France Télévisions. Au menu, Carte Noire, EDF, Engie, Intermarché, Citroën ou encore Renault.  

« Le recueil du consentement explicite indispensable pour recevoir les publicités segmentées a été préalablement réalisé par Orange auprès de ses abonnés TV. La diffusion de ces campagnes s’effectuera dans le plus strict respect de la réglementation sur les données personnelles », promet le communiqué.

Le consentement a été recueilli par l’opérateur de manière globale, non chaîne par chaîne, montre cette capture.  

16 Nov 17:55

Crew-1 : SpaceX envoie avec succès quatre astronautes dans l’espace

Ce week-end, SpaceX a effectué sa première mission commerciale afin d’amener des astronautes dans la Station spatiale internationale pour le compte de la NASA. Quatre passagers étaient à bord pour ce lancement. Ils devraient rejoindre l’ISS cette nuit. 

Le lancement avait pour rappel été décalé de quelques semaines, le temps de changer deux moteurs. Lors de la prochaine mission Crew-2, le français Thomas Pesquet prendra place à bord de la capsule Crew Dragon.

09 Nov 19:30

Importante fuite de données chez Prestige Software, plateforme utilisée par Hotels.com, Expedia, Booking…

C’est l’histoire que rapporte Engadget en se basant sur une découverte de Website Planet

En cause, un bucket Amazon Web Services (AWS) S3 avec 24,4 Go de données et plus de 10 000 000 de documents qui était librement accessible. Plus de 100 000 numéros de cartes bancaires seraient aussi de la partie.

Les premières données remonteraient en 2013, tandis que pas moins de 180 000 enregistrements dateraient d'août 2020. Selon nos confrères, Prestige Planet a confirmé la fuite. Il n’est par contre pas indiqué pendant combien de temps les données étaient accessibles, ni si elles ont été téléchargées.

07 Nov 12:07

Pas de PS5 dans les boutiques le 19 novembre, l'extension du stockage pour plus tard

La console de SONY accumule les mauvaises nouvelles alors que les tests des Xbox Series S|X viennent d'être publiés. Ainsi, le blog français du constructeur nous apprend que « les ventes du jour de la sortie seront uniquement effectuées en ligne cette année ». La raison invoquée est la volonté « d'assurer la sécurité de nos joueurs ».

Une décision qui apparaît comme logique alors que le contexte du confinement en France réduit la vente physique de produits à des biens « essentiels », ce que ne sont pas les consoles de jeu. « Nous vous prions donc de ne pas camper ou faire la queue devant votre magasin habituel dans l’espoir d’acheter une PS5 le jour de la sortie. Soyez prudents, restez chez vous et commandez en ligne » ajoute SONY.

Plus problématique, le géant nippon a confirmé à The Verge qu'il serait impossible de revoir le stockage à la hausse dès la sortie de sa console, intégrant 825 Go de stockage, ce qui peut vite être une limite au regard de la taille de certains jeux. Selon les sources de nos confrères, le programme de certification de SSD tiers n'aurait même pas encore commencé.

Si l'emplacement M.2 est facilement accessible, profiter de cet avantage ne sera pas pour tout de suite.

07 Nov 11:49

Covid-19 : trafic de faux certificats de tests négatifs à Roissy-CDG

by Ricardo Moraes
Sept personnes ont été interpellées dans le cadre du démantèlement d’un trafic de faux certificats de tests négatifs au Covid-19, qu’elles vendaient illégalement à des voyageurs à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. L’enquête …

suite de l'article à lire en cliquant sur le titre
05 Nov 17:53

Drone DJI Mavic Mini 2 : 249 grammes, jusqu’à 10 km de portée et vidéo 4K, dès 459 euros

Ce modèle est compact : 138 x 81 x 58 mm lorsqu’il est plié, contre 245 x 289 x 56 mm en position de vol. La télécommande utilise une liaison OcuSync 2.0. L'autonomie est de 31 minutes grâce à une batterie de 2 250 mAh.

Il peut atteindre 57,6 km/h en vitesse de pointe, et résister à des vents de force 5 (30 à 38 km/h environ) sur l’échelle de Beaufort. Il est équipé d’une caméra de 12 Mpixels pouvant enregistrer des vidéos en 4K à 30 ips et en 1080p jusqu’à 60 ips.

Tous les détails se trouvent par ici. Le Mavic Mini 2 est disponible en précommande, à partir de 459 euros

05 Nov 17:46

PlayStation 5 : Coronavirus : pas de PlayStation 5 en vente en magasin au jour du lancement

by Uther
Au regard du contexte sanitaire et pour éviter de longues files d'attente devant les revendeurs, Sony précise qu'aucune PlayStation 5 ne sera disponible à la vente en boutique physique le jour du lancement. Toutes les ventes se feront...
04 Nov 19:17

Laetitia Avia promet des obligations de moyens pour les plateformes et un permis Internet pour les ados

Habu

Remettez la dans sa boite.

Interview après interview, Laetitia Avia dévoile son plan de bataille remanié contre la haine en ligne. Une seconde saison imposée par la morsure constitutionnelle de juin dernier, sa proposition de loi ayant été jugée excessivement attentatoire à la liberté d’expression.

Son deuxième volet sera intégré au projet de loi contre le séparatisme présenté la semaine prochaine en Conseil des ministres, pour un débat à l’Assemblée nationale en janvier. « Il y aura dans le projet de loi un titre entier consacré à la lutte contre les discours de haine et les contenus illicites sur internet », annonce la députée LREM dans les colonnes du Figaro et de l’Obs.

On devrait retrouver dans son texte les obligations de moyens qu’elle rêvait d’imposer aux plateformes, avant censure. L’idée ? Contraindre ces intermédiaires à mettre les instruments suffisants pour (tenter de) lutter contre la haine en ligne, et démontrer l’ampleur de ces moyens. Devrait être imposée aussi la désignation d’un représentant en France pour les acteurs installés à l’étranger.

Dernière chose, la députée voudrait faire voter un « permis Internet » pour les collégiens. « Un petit examen du même ordre que l'attestation scolaire de sécurité routière qui permettrait de sensibiliser dès le plus jeune âge à l'usage des réseaux sociaux ». 

Une mesure qui ressemble à celle qui fut lancée en… 2013, à l’initiative de la gendarmerie et d’Axa, et à destination des élèves de CM2, ou à celle décrite sur le site education.gouv.fr

04 Nov 19:02

Health Data Hub : le sombre diagnostic du Dr CNIL

La plateforme des données de santé, hébergée par Microsoft, fut mise en œuvre de façon anticipée en avril 2020, urgence sanitaire oblige. Sa consécration dans le droit commun peine : sur la rampe de la CNIL, un avis très sec sur le futur texte d’application préparé par Olivier Véran. Next INpact révèle ces deux documents encore confidentiels.

Le système national des données de santé prend la forme d'« un entrepôt de données médico-administratives pseudonymisées couvrant l'ensemble de la population française et contenant l'ensemble des soins présentés au remboursement ».

Dans cet espace gigantesque, on trouve cinq bases :

  • les données de l'assurance maladie
  • les données des hôpitaux
  • les causes médicales de décès
  • les données relatives au handicap
  • et certaines données des organismes complémentaires.

À l’heure du Big Data, l'enjeu est d'aiguiser l'information sur la santé et l'offre de soins, mais aussi d'évaluer les politiques de santé, informer les professionnels, ou encore améliorer la recherche, les études, l'évaluation et l'innovation.

Un stock pour le moins imposant puisque « l'ensemble de ces données permet la reconstruction des parcours de santé de 67 millions de personnes sur près de 12 années » relevait le Sénat dans ce rapport

Ce vivier est mis à disposition par le « Health Data Hub », lui-même hébergé dans le ventre du géant Microsoft.

Le groupement d'intérêt public, traduit en français « Plateforme des données de santé », a en effet pour mission « de réunir, organiser et mettre à disposition les données du système national des données de santé », dixit l’article 41 de la loi du 24 juillet 2019, si bien nommée loi « relative à l'organisation et à la transformation du système de santé ». 

Multiples infections

Ces rouages auraient pu être parfaitement pensés/pansés, soignés, désinfectés. En lieu et place, l'infection menace.

Mi-octobre, le Conseil d’État a reconnu que sur le plan technique, l’hébergeur Microsoft pouvait être amené à faire droit à une demande de communication des services du renseignement américain sur ces données sensibles.

La décision faisait suite aux « observations » de la CNIL produites quelques jours plus tôt, où l’autorité rejetait sans nuance ce choix made in Redmond. Des observations elles-mêmes rédigées dans le sillage de l’invalidation de l’accord « Privacy Shield ». Ce 16 juillet dernier, la justice européenne épinglait les tentacules de la NSA et des autres services « US » sur les données personnelles des Européens.

Enfin, le 9 octobre un arrêté a interdit les transferts outre-Atlantique et le 23, le secrétaire d’État au numérique Cédric O de révéler que le gouvernement avait pris la décision de rapatrier le Health Data Hub « vers une plateforme européenne ». 

Un projet de décret, un projet d'avis de la CNIL

Plus près de nous, jeudi dernier, la CNIL a donc examiné le projet de décret relatif au « système national des données de santé ». Attendu de longue date, ce futur texte entend donner une entière base légale à ce projet de centralisation et traitement des données. 

Covid oblige, ce dispositif controversé a en effet fait l’objet d’une mise en œuvre « dérogatoire », profitant des prérogatives spécifiques du gouvernement pour faire face à la crise sanitaire.

C’est encore la loi du 24 juillet 2019 qui a programmé ce texte d’application (dont une version avait déjà été obtenue en septembre dernier par TIC Pharma).

Gouvernance, désignation des responsables de traitement, droits de personnes concernées… Il faut dire que les problématiques sont denses, d'autant que le RGPD classe ces données dans la catégorie « sensible ».

L’enjeu est d’autant plus important que cette même loi a modifié le périmètre de ce qu’on appelle le « système national des données de santé élargie » (ou SDNS élargie). En plus des cinq bases précitées, y sont ajoutées notamment les données recueillies à l'occasion d'activités de prévention, de diagnostic, de soins ou de suivi médico-social.

Pêle-mêle, s'y trouvent les données de prises en charge médicale par la Sécu, mais aussi celles issues des visites médicales scolaires, des visites de santé au travail.

Selon l’étude d'impact associée au projet de loi, cet élargissement vise à multiplier « l'utilisation du SNDS aussi bien en recherche clinique qu'en termes de nouveaux usages notamment ceux liés au développement des méthodes d'intelligence artificielle ».

Malgré ces bonnes intentions pour la recherche, la délibération récente de la CNIL met en exergue les nombreuses failles et incomplétudes du projet. Qu'en retenir ? 

« Un manque de lisibilité et de clarté »

L'avis de la CNIL, encore au stade de projet, n’est pas d’une tendresse particulière. Dès ses observations liminaires, elle « regrette vivement, au regard de l’enjeu essentiel s’attachant à la protection des données de santé de millions de Français, le manque de lisibilité et de clarté ».

Les dispositions relatives à ce système national des données de santé vissé au Health Data Hub, « au-delà de l’insécurité juridique ainsi créée, réservent son éventuelle compréhension – et les enjeux importants qui y sont attachés – aux seuls experts du domaine ».

L’autorité administrative indépendante ne s’arrête pas là : alors que le Code de la santé publique exige que soit dressée la liste des catégories de données réunies au sein du SNDS et des modalités d’alimentation, outre les responsables de traitement, le projet de décret, considère-t-elle, « ne répond que partiellement » à ces objectifs.

Le risque de transfert hors UE

Surtout, insiste-t-elle, elle demande que la doctrine imposée par arrêté au seul Health Data Hub interdisant les transferts de données hors UE soit également imposée aux données du système national des données de santé.

Il importe en effet de poser une « interdiction à l’ensemble des données (…) de faire l’objet d’un transfert de données en dehors de l’Union Européenne ».

Rappelons qu’un colmatage de cette brèche ne règlera en rien la totalité des problèmes.

Une telle interdiction ne malmène en rien les programmes de surveillance américains si le prestataire choisi est Microsoft ou une autre structure d'origine US.

Dès lors qu’un fournisseur américain détient des renseignements relatifs à des personnes situées en dehors des États-Unis, les services y ont d'une manière ou d'une autre accès, tout simplement parce que les entreprises américaines restent soumises au droit national et à ses généreux effets extraterritoriaux.

Surface d'attaque et risques

Selon la Commission, le ministère de la Santé entend se diriger vers une base centralisée, alors que le régime était à l’origine décentralisé.

Un choix qui, rappelons-le, n’engage pas le même niveau de risque, d’autant que la base sera dupliquée. « Ces diff��rentes opérations augmentent mécaniquement la surface d’attaque et les risques de violations sur ces données » réagit la CNIL au point 86 de son projet d'avis.

Au fil de l'analyse, elle relève d'ailleurs que le Health Data Hub sera chargé « de vérifier la conformité des bases ayant vocation à figurer au catalogue, au regard du RGPD et de la loi de 1978 ».

La Commission a tenu à rappeler son existence et son rôle : cette vérification relève « au premier chef, du champ de [sa] compétence ». L’arrêté qui précisera dans le détail cette réforme devra donc lui être soumis, non pour simple « information », mais pour avis.

L’information de millions de Français et ces 30 % sans compte Ameli

Le projet de décret est victime d’un autre oubli fâcheux. Des dizaines de millions de Français seront informés de ces traitements sur le site de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et leur compte Ameli.

Bien, mais un peu court : la Commission réclame des informations par voie d’affichage ou dans les médias.

Surtout, elle rappelle au ministère de la Santé que… « 30 % d’assurés » ne disposent pas d’un compte Ameli ! À l’attention de ces millions de citoyens, elle sollicite en conséquence une information individuelle délivrée par voie postale.

Ces informations devront en outre être enrichies par l’indication des bases de données alimentant le système national et les modalités d’exercice des droits, le tout en des termes clairs et aisément accessibles comme le veut le sacro-saint RGPD.

Un exercice des droits RGPD contrarié

Malgré ces multiples canaux, l’autorité craint l'évaporation des droits des personnes. Alors que le décret se dirige donc vers un système national centralisé lié à de multiples organismes, la cible des demandes variera « selon la base de données et le droit concerné ».

Exemple alchimique : le droit d’opposition sera inapplicable pour la base principale et la base « catalogue », mais « si une personne s’est opposée à la réutilisation de ses données dans une base source inscrite au catalogue », alors « ses données n’alimenteront pas le SNDS ».

Selon la CNIL, le droit d’opposition devrait effectivement empêcher la remontée des données dans le catalogue. Elle juge néanmoins nécessaire de prévoir aussi un droit à l’effacement au cas où ces données seraient remontées avant l’exercice du droit d’opposition. Alchimique, on vous dit.

Levée du pseudonymat à coup de numéro de sécurité sociale

La situation devient même ubuesque lorsqu’une demande sera effectuée auprès de la Plateforme des données de santé. Dans un tel cas, « cette dernière met en œuvre un circuit de traitement du numéro d’inscription au répertoire des personnes physiques », le NIR ou numéro de sécurité sociale.

S’ensuit alors… une levée du pseudonymat des données pour identifier les données se rapportant au demandeur.

L’hypothèse fait bondir la gardienne des données personnelles : « un des principaux fondamentaux de la sécurité du SNDS repose sur la pseudonymisation de ses données et un strict cloisonnement entre les données identifiantes et les données pseudonymisées, excluant par principe qu’une même entité ait accès simultanément au NIR et aux données du SNDS ».

Le gouvernement est donc prié de revoir profondément sa copie. Dit autrement, il devrait revenir à un tiers de confiance de détenir la clef de passage entre le « numéro de Sécu » et l’identifiant chiffré, mais sûrement pas à la plateforme du Health Data Hub.

Des droits impraticables et ineffectifs

Plus globalement, la Commission estime que les droits RGPD sont bien vains. Pour le droit d’accès et de rectification, s’adresser soit à la CNAM soit aux organismes responsables de chaque base de données alimentant le SNDS « n’est pas de nature à permettre un exercice effectif des droits » regrette-t-elle.

C’est d’autant plus vrai à ses yeux que le système programmé ne permettra pas à une personne physique « d’avoir connaissance des données consolidées et appariées qui lui sont attachées dans le catalogue centralisé sur la PDS », la Plateforme des données de santé.

Elle suggère faute de mieux la mise en place d’un guichet unique au niveau des gestionnaires du régime d’assurance maladie obligatoire.

Les difficultés s’amoncèlent s’agissant de l’organisme responsable de traitement. Selon le ministère, ce sera donc la CNAM et la PDS. Une « responsabilité conjointe ». Toutefois, la CNIL a réclamé que cette qualification soit expressément inscrite dans le décret à venir avec une ventilation des rôles respectifs, histoire « d’améliorer la lisibilité » du texte.

Des accès permanents, sans les justifications requises

L’avis en gestation de la CNIL se penche aussi sur les organismes qui auront accès à ces dizaines de millions de données.

Au passage, on découvre que des acteurs qui disposaient déjà d’un accès permanent n’avaient pas apporté les justifications nécessaires : certains n'ont même pas pensé à déposer une demande d'autorisation auprès de la CNIL.

En principe, pour bénéficier d’un tel accès permanent, il faut justifier de la nécessité de réaliser une grande volumétrie de traitement ou des traitements urgents de données du SNDS au regard des missions dévolues.

Déjà, en l’état, le texte allonge « considérablement la liste existante », passant de 25 à 32 organismes concernés. De nouveaux acteurs ont certes adressé des demandes d’accès, mais « la Commission s’étonne de l’incomplétude de certaines des fiches transmises ».

Sont cités l’Institut national d’études démographiques, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, etc. (point 66).

Les équipes de l'INRIA et du CNRS n'ont quant à elles déposé aucune demande d'autorisation alors qu'elles « sollicitent pourtant un accès à la profondeur historique maximale », soit 19 ans plus l'année en cours (point 65). 

L’autorité réclame lourdement que l’ensemble « mette en place une gouvernance formalisée des accès au SNDS ainsi qu’un programme permanent et renforcé de formation, de sensibilisation et d’accompagnement des utilisateurs habilités ».

Vos conditions sociales, habitudes de vie et le contexte socio-économique

Toujours sur cette même veine, au point 72 du projet d'’avis, on découvre que plus de la moitié des organismes qui disposaient déjà d’un accès permanent « n’a pas transmis de rapport ou de liste des études et des caractéristiques des traitements » envisagés.

C’est pourtant là encore « une obligation réglementaire » s’étonne l’autorité, qui se souvient qu’un tel accès permanent évite à l’organisme qui en bénéficie de respecter des formalités auprès de la commission, outre que le droit d’opposition devient… inapplicable (page 6 du projet de décret, au point III du 9° de l'article 1er).

Elle plaide d'ailleurs pour des sanctions contre les oublieux, toujours dans le projet de décret renvoyé au ministère. Au point 72, elle estime que « l'absence de transmission d'un rapport complet devrait être assortie d'une sanction ». Elle suggère également le non renouvellement de l'accès permanent, et la suspension des accès par la CNAM et la PDS. « La Commission demande que le projet de décret le prévoie expressément ».

Le texte en gestation entend enfin élargir la liste des catégories de données réunies au sein du SDS. 

Parmi elles, les informations relatives aux pathologies des personnes concernées et au contexte socio-économique, mais aussi celles révélant leurs « conditions sociales, environnementales, habitudes de vie ». Soit la vie de tous les Français, dans un « nuage » d'origine américaine.

03 Nov 17:01

Depuis 20 ans, la Station spatiale internationale est continuellement habitée

Cela fait maintenant 20 ans que des humains sont présents de manière ininterrompue dans l’espace, plus précisément à bord de la Station spatiale internationale. Une barrière symbolique, alors que la fiabilité de la partie russe soulève des questions, tout comme l’avenir de ce monstre de 420 tonnes.

C’est en 2000 que l’Expédition 1 a été lancée à bord d’une fusée Soyouz TM-31, avec trois membres d’équipages : les Russes Yuri Gidzenko et Sergei K. Krikalev, ainsi que l’Américain William Shepherd, qui était le premier à avoir le titre de commandant.

À l’époque, la Station spatiale internationale ne comprenait que trois modules. Aujourd’hui, « c’est un complexe de recherche aussi grand qu’une maison de cinq pièces avec une salle de sport, deux salles de bain et une baie vitrée à 360 degrés avec vue sur la Terre », la fameuse Cupola.

L’ESA l’affirme sans détour : c’est « le plus grand projet commun jamais mené à bien dans le domaine scientifique », avec la participation de cinq agences spatiales : NASA (États-Unis), Roscosmos (Russie), ESA (Europe), l’ASC (Canada) et la JAXA (Japon).

Deux dates marquantes : 20 novembre 1998 et 2 novembre 2000

Les trois premiers résidents ont décollé le 31 octobre, mais l’arrimage et l’ouverture de l’écoutille du module de service russe Zvezda se sont déroulés le 2 novembre 2000. C’est à partir de cette date que le décompte a été lancé… sans jamais s’arrêter depuis.

L’assemblage de ce puzzle spatial avait évidemment commencé sans attendre cette mission. Le premier module de la Station spatiale internationale (alias ISS) a ainsi été mis en orbite deux ans auparavant : « le 20 novembre 1998, un lanceur russe Proton décollait du centre spatial de Baïkonour, au Kazakhstan, avec à son bord Zarya, le premier composant de la Station. Trois semaines plus tard, le 4 décembre, la navette spatiale livrait le second module, qui fut attaché à Zarya le 6 décembre ».

Pour les nostalgiques, la NASA a publié un communiqué retraçant le voyage de cette première expédition avec la Station spatiale internationale telle qu’elle était à l’époque, accompagnée de photos des trois astronautes bien tassés dans leur vaisseau Soyouz.

Le début d’une longue aventure. 

ISS 20 ans

13 ans d’assemblage pour ce puzzle de 420 tonnes

En 2007, la Station s’est agrandie avec l’ajout du module italien pressurisé Harmony et du laboratoire de l’ESA Columbus. Un an plus tard, le laboratoire japonais Kibo fait son entrée. Depuis son lancement, l’ISS est aussi un « port spatial international ». Des véhicules comme Soyouz, Progress, HTV, (Crew) Dragon, Cygnus, et Automated Transfer Vehicles (ATV) de l’ESA viennent s’y amarrer. Ils peuvent être jusqu’à huit à la fois.

Pour rappel, l’ISS pèse 420 tonnes et occupe l’équivalent d’un terrain de football. Elle se situe à un peu plus de 400 km d’altitude « seulement » diront certains – la limite de l’espace se trouve à 100 km, au-delà de la ligne imaginaire de Kármán– et se déplace en orbite à plus de 27 000 km/h. Elle fait ainsi 15 à 16 fois le tour de la Terre chaque jour.

La NASA propose une animation chronologique de l’assemblage et de l’évolution de l’ISS, dont la construction s’est terminée en 2011 : 

240 personnes, dont 18 de l’ESA et 4 Français.

La durée des missions est généralement de six mois en moyenne. De trois membres d’équipage jusqu’en 2009, ils sont désormais six à se relayer depuis un peu plus de dix ans. Avec la mise en service de Crew Dragon de SpaceX, ils seront même sept puisque la capsule peut emporter quatre personnes (contre trois pour Soyouz). 

Un Japonais sera à bord de Crew-1 dont le décollage est prévu pour le 14 novembre, tandis que le Français Thomas Pesquet sera le premier Européen à prendre place dans la capsule de SpaceX, avec la mission Crew-2 pour le moment prévue pour la première moitiée de 2021.

Au total, 240 personnes (touristes compris) ont séjourné dans l’ISS. Dans le lot, 18 astronautes sont de l’ESA, dont 4 français. Des sorties dans l’espace ont été réalisées pas moins de 227 fois depuis 1998, et le compteur devrait continuer de grimper.

Passer plusieurs mois dans l’espace nécessite une « gymnastique » particulière, aussi bien pour manger, pour son hygiène que pour s’entretenir physiquement. Pour connaitre le détail de la routine de la vie dans l’ISS, vous pouvez lire ce billet de blog de l’ESA.

Tout y est abordé : se laver les dents, aller aux toilettes, boire, manger, préparer la nourriture et choisir les aliments (sur Terre), etc. Notez au passage que la partie pressurisée de l’ISS, où les astronautes peuvent vivre, est équivalente (en termes de volume) à un Boeing 747. 

ISS 20 ansISS 20 ans

L’avantage de la microgravité

Vous l’aurez compris, ce laboratoire est unique en son genre et permet de réaliser des expériences scientifiques en microgravité, notamment dans le module Columbus construit par l’Agence spatiale européenne.

Le Centre National d'Études Spatiales donne quelques exemples : « Concrètement, il peut s’agir d’évaluer les incidences de l’apesanteur sur le système cardio-vasculaire, comme avec CARDIOMED, un équipement médical développé par le CNES, à bord de l’ISS depuis 2010. Ou bien d’observer le comportement de fluides dans certaines conditions bien précises, par exemple grâce au mini-laboratoire Déclic (Dispositif d’Étude de la Croissance et des LIquides Critiques), développé par le CNES et lancé sur l’ISS en 2009 ».

L’intérêt de la Station à cette altitude est qu’elle n’est que très peu soumise à la gravité terrestre. Il est ainsi possible de réaliser des expériences afin « de détecter des phénomènes physiques et physiologiques qui, au sol, seraient invisibles à cause de la pesanteur ».

« Certains de ces expériences et tests préparent la voie à l’exploration humaine de la Lune et au-delà », ajoute l’ESA. Le gouvernement américain explique de son côté que « le projet consiste à observer sur les membres de l’équipage les propriétés biochimiques des muscles, comme leur tonus, leur rigidité et leur élasticité ».

ISS Les différentes participations. Crédits : CNES

Des débouchés pour les humains sur Terre et dans l’espace 

Bien connaitre et anticiper les effets à long terme sont nécessaires à la préparation de l’exploration martienne, par exemple. Il faut pour rappel compter plusieurs mois pour se rendre sur place, attendre une fenêtre de retour optimale (une fois tous les deux ans) puis de nouveau plusieurs mois pour le retour.

Alors que les missions vers l’ISS durent généralement six mois au maximum, les Russes et les Américains ont déjà doublé la mise – 340 jours dans l’espace – avec Scott Kelly (son jumeau était resté sur Terre pour pouvoir ensuite effectuer des comparaisons) et Mikhaïl Korniyenko.

Au-delà des voyages interplanétaires, cette expérience « pourrait aider les scientifiques à mieux comprendre le tonus musculaire humain au repos, et peut-être déboucher sur de nouveaux traitements pour la rééducation sur Terre ».

« Cela pourrait nous donner des informations sur les maladies qui atrophient les muscles sur Terre, et sur de nouvelles contre-mesures pour que les astronautes puissent conserver leur tonus musculaire lors des missions futures de longue durée sur la Lune ou sur Mars », ajoute Bryan Dansberry, un chercheur de la NASA affecté à la Station spatiale internationale.

Autre étude soutenue par la NASA et l’ESA : l’expérience BioAsteroid, qui étudie la manière dont des microbes pourraient détruire petit à petit les roches sur lesquelles ils se développent afin d’extraire minéraux et métaux utiles. Dans quel but ? « Les microbes pourraient servir un jour, sur la Lune par exemple, à transformer en terre les roches et les matériaux rocheux meubles pour faire pousser des plantes et des aliments ».

Plus de 2 700 expériences par plus de 100 pays

Au total, « plus de 2 700 expériences ont été menées à bord de la station spatiale par 108 pays. Ces expériences ont étudié des technologies novatrices, telles que le recyclage des déchets plastiques et la filtration de dioxyde de carbone, deux éléments critiquent pour les missions de longue durée sur la surface lunaire », explique le Bureau des Affaires publiques internationales du département d’État des États-Unis.

Mais la Station spatiale internationale offre également une vue unique sur la Terre, dont Thomas Pesquet (qui a aussi mené de très nombreuses expériences) a profité pour réaliser ses photos. Vous pouvez les consulter sur son compte Flickr.

Maintenant se pose la question de l’avenir de ce gigantesque laboratoire « volant » à 400 km au-dessus de nos têtes. Comme nous l’avons déjà détaillé, l’état de la partie russe inquiète certains observateurs, même si Roscosmos affirme que tout va bien (mais les Russes ont déjà fait des cachoteries par le passé).

ISS 20 ans

L’ISS fêtera-t-elle ses 30 ans ?

Il faut dire qu’en fêtant son 20e anniversaire, elle arrive presque au bout de sa durée de vie théorique. Mais il ne faut pas dramatiser non plus. En 2016, François Spiero (responsable des vols habités au CNES), rappelait que « les systèmes de la station sont qualifiés jusqu’en 2028 ». Même son de cloche chez l’ancien astronaute français Jean-François Clervoy : « On sait qu’on peut la prolonger au-delà de 2024. La structure métallique de l’ISS n’a pas vraiment de limite ».

Le coût de sa maintenance et des lancements réguliers sont également à prendre en compte. Afin de les optimiser, plusieurs agences spatiales se penchent sur la question d’accueillir de riches touristes prêts à payer 35 000 dollars pour une nuit (sans compter le voyage).

Pour le moment, le financement de la Station spatiale internationale est garanti jusqu’en 2024, mais qu’adviendra-t-il ensuite ? La question reste ouverte. Lors de la conférence Space19+ en novembre 2019, l'Europe a annoncé une mesure forte : maintenir « sa participation aux activités jusqu’en 2030 »…mais l’ESA ne pourra pas le faire seule, elle a besoin de l’appui des autres agences spatiales.

International Station spatiale En orbite terre
Crédits : 3DSculptor /iStock
02 Nov 17:45

Morte du Covid en plein vol sans que personne ne soit alerté

by Thierry Blancmont
Une passagère de la compagnie aérienne low cost Spirit Airlines est morte du nouveau coronavirus en plein vol intérieur, sans qu’aucun passager ne soit averti. Les procédures auraient cependant été …

suite de l'article à lire en cliquant sur le titre
29 Oct 17:52

Le « dernier mystère » de Philae sur la comète 67P est enfin résolu

Philae a enfin livré son dernier mystère : l’emplacement du second point d’impact lors de son atterrissage, bien plus mouvementé que prévu. Il a en effet réalisé plusieurs acrobaties de haute voltige (ou presque), permettant aux scientifiques d’en déduire des informations sur la composition de la comète.

C’est un retour de presque six ans que nous font revivre l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Observatoire de Paris. Il est en effet question des aventures du petit robot Philae qui est devenu, le 12 novembre 2014 (après un voyage de 10 ans et 6,5 milliards de kilomètres dans l'espace), le « 1er objet construit par l'homme » à se poser sur un noyau cométaire : la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, alias « Tchouri ».

Le petit module d’atterrissage a fait le voyage dans la sonde Rosetta, avant d’être largué. Il est alors descendu tranquillement vers la comète à une vitesse moyenne de 3,5 km/h (moins rapide qu'un homme qui marche). Ce voyage a duré plusieurs heures, avant que le verdict ne tombe : Philae avait bien touché la comète… avant de rebondir deux fois (et même davantage).

Lors de sa mission, Philae est en effet arrivé sur le site prévu : Agilkia. Problème, ses harpons n’ont pas fonctionné correctement pour le retenir sur la surface. Il a donc rebondi en repartant pour un tour de deux heures tout de même. Pendant cette phase, « il est entré en collision avec le bord d’une falaise et a dégringolé vers un second site d’atterrissage ».

Un second rebond plus tard – de sept minutes cette fois-ci – et il se pose finalement dans lieu abrité où il est resté par la suite : Abydos. Ce dernier n’a été formellement identifié dans les images prises par la sonde Rosetta que prés de deux ans après l’atterrissage (en 2016), soit quelques semaines seulement avant la fin de la mission Rosetta. La sonde a pour rappel fait un ultime baiser à la comète. Pour parler crument, on peut dire qu’elle s’est écrasée volontairement (pour éviter d’errer comme une âme en peine).

De ce périple, restait une inconnue de taille : où se trouvait le second site d’atterrissage de Philae ? « Après des années d’un travail de détective, [il] a été identifié sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko dans un lieu dont la forme rappelle un crâne », explique l’ESA. Ces travaux font l’objet d’une publication scientifique dans Nature.

Un voyage riche en rebondissements !

« Philae nous avait laissé un dernier mystère à résoudre », explique Laurence O’Rourke (ESA) qui était dans l’équipe qui a retrouvé, en 2016, la trace du petit module sur sa comète. Il précise que « c’était important de trouver le site d’atterrissage parce que les capteurs de Philae indiquaient qu’il avait pénétré la surface, exposant ainsi vraisemblablement la glace primitive cachée sous celle-ci, ce qui nous donnerait un accès inestimable à de la glace vieille de plusieurs milliards d’années ».

Pour lancer les recherches, les scientifiques pouvaient s’appuyer sur les images haute-résolution de la caméra OSIRIS de la sonde Rosetta, ainsi que sur les données de la perche du magnétomètre ROMAP. Cette dernière a été « la star des recherches ». Elle se trouve sur le module Philae (elle dépasse de 48 cm) avec pour mission d’observer le champ magnétique proche de la comète.

Dans cette quête du second site d’impact, l’équipe a examiné les changements de données quand la perche était en mouvement alors que l’atterrisseur touchait la surface : « Cela a créé une série caractéristique de pics dans les données magnétiques alors que la perche se déplaçait par rapport au corps de l’atterrisseur, ce qui a fourni une estimation de la durée pendant laquelle Philae a marqué la glace de son empreinte. Les données ont également pu être utilisées pour évaluer l’accélération de Philae pendant ces contacts ».

Ces données ont ensuite été mises en corrélation avec celles du magnétomètre RPC de Rosetta « afin de déterminer l’attitude de Philae et d’exclure toute influence du champ magnétique de l’environnement ionisé de la comète ». Pour Philip Heinisch, qui a dirigé l’analyse des données de ROMAP, c’est « extraordinaire » d’avoir pu « combiner les données de Rosetta et de Philae d’une façon qui n’avait pas été prévue  ».

Philae ESA

Quatre contacts distincts, dans des positions improbables

Ce second rebond est en fait bien plus complexe qu’il n’y parait : « Philae a passé presque deux minutes complètes sur le second site d’atterrissage et effectué au moins quatre contacts distincts avec la surface alors qu’il la "labourait" ». 

Une des empreintes intéresse particulièrement les chercheurs puisqu’elle a été créée alors que la partie supérieure de Philae « s’enfonçait de 25 cm dans la glace de la paroi d’une crevasse, laissant des marques identifiables de son instrument de forage et de ses côtés ». Une petite acrobatie de trois secondes seulement.

Le site a été baptisé « crête du crâne » car sa forme rappelle un crâne avec un chapeau pointu. Lors de son deuxième touchdown, Philae a créé le second œil. Une animation avec Philae à l’échelle est disponible par ici, ainsi qu’une vidéo de « présentation » du crâne.

Voici le détail chronologique de l’atterrissage de Philae (les heures sont en TU ou Temps Universel) : 

  • 15h34 : premier touchdown à Agilkia
  • 16h20 : collision avec un bord de la falaise
  • 17h23 : deuxième touchdown sur la crête du crane (plusieurs interactions pendant deux minutes environ)
  • 17h31 : troisième et dernier touchdown sur Abydos, à 30 mètres du précédent

Un diaporama interactif est proposé par l’ESA.

Une surface plus moelleuse que la mousse d’un cappuccino

Il n’en fallait pas plus aux scientifiques pour en déduire des informations sur la composition de cette « glace ». Tout d’abord, une première analyse qui ne nécessite pas de s’appeler Sherlock Holmes : comme Philae a pu laisser son empreinte sur la paroi, les chercheurs en déduisent « que ce mélange de glace et de poussière vieux de plusieurs milliards d’années est extraordinairement mou – plus moelleux que la mousse d’un cappuccino, d’un bain moussant, ou encore que l’écume des vagues sur la plage ». Cette matière est même « plus légère que celle de la neige fraichement tombée », ajoute l’Observatoire de Paris.

En allant plus loin, ils ont déterminé la porosité de la roche au niveau du module. Elle est d’environ 75 %, conforme aux résultats d’une autre étude de 2015 qui tablait sur 75 à 80 %. « C’est un fantastique résultat multi-instruments qui non seulement comble les lacunes de l’histoire des rebonds de Philae, mais nous en apprend davantage sur la nature de la comète », affirme Matt Taylor, scientifique du projet Rosetta de l’ESA.

L’Observatoire de Paris ajoute que « le contact de Philae a soulevé la poussière sombre recouvrant la surface et mis au jour de la matière enfouie, bien plus primitive, 6 à 8 fois plus brillante que la comète ». En se basant sur les images d’OSIRIS et les données du spectromètre VIRTIS de Rosetta, les scientifiques précisent que « cette zone brillante était de la glace d’eau fraichement exposée d’une surface d’environ 3,5 mètres carrés ». Elle est bien visible dans cette animation.

Philae ESA
Crédits : ESA

Ces connaissances permettent de mieux se préparer pour les prochaines missions embarquant un atterrisseur, des mécanismes de forage et/ou de récoltes d’échantillons. Ce genre de mission se multiplie, afin de ramener des échantillons sur Terre pour les analyser avec des moyens bien plus conséquents que de petits laboratoires envoyés dans l’espace.

C’est notamment le cas de la mission Osiris-Rex, qui a de son côté récupéré des échantillons (un peu trop) sur l’astéroïde Bennu. La sonde a notamment été surprise par la composition et le relief de cet objet. Le retour est prévu pour 2023. Avant, dès ce mois de décembre, la sonde japonaise Hayabusa 2 (en collaboration avec la France) devrait rapporter un peu de matière d’un autre astéroïde : Ryugu.

28 Oct 18:43

Dans l’espace, les débris sont « une menace pour notre avenir »

Les débris spatiaux se comptent en centaines de milliers et se déplacent à plusieurs dizaines de milliers de km/h, ils peuvent donc faire de gros dégâts. L’ESA dresse un portrait peu flatteur de l’état de l’espace et met en garde contre le syndrome de Kessler. Des initiatives existent, mais il reste encore du travail pour arriver à un espace « durable ».

Le Bureau des débris spatiaux de l’Agence spatiale européenne (ESA) surveille en permanence la situation des satellites et des débris. Chaque année, il publie un rapport sur « l‘état actuel de l’environnement spatial ».  L’édition 2020 est disponible depuis peu.

L’enjeu est important, d’autant que l’environnement spatial doit être considéré « comme une ressource naturelle partagée et limitée ». L’ESA explique que, si nous continuons à créer des débris de manière non contrôlée, « nous pourrions en arriver au syndrome de Kessler ».

Ce scénario catastrophe est à la base du film Gravity. Pour faire simple, il s’agit d'un seuil au-delà duquel « la densité des débris en orbite terrestre basse est suffisamment forte pour que les collisions entre les objets et les débris créent une réaction en chaîne, chaque collision générant des débris qui augmentent à leur tour la probabilité de collisions supplémentaires ».

Conséquence, certaines orbites deviendraient « complètement inhospitalières ». Il faut donc éviter que la réalité rejoigne la fiction. Des initiatives et règles existent au niveau international, mais elles ne sont pas toujours suivies et le nombre de débris ne cesse d’augmenter. Il y en a près de 130 millions d’un millimètre ou plus, largement suffisant pour causer des dégâts. 

Explosions, collisions : des débris par centaines de milliers

Dans son rapport, l’Agence spatiale européenne commence par revenir sur les débuts de la conquête spatiale depuis 1957 : « des tonnes de lanceurs, de véhicules et d’instruments ont été envoyées dans l’espace. Il n’y avait alors aucune disposition relative à ce qu’il fallait en faire une fois qu’ils arrivaient en fin de vie. Leur nombre a continué à augmenter, et les explosions et les collisions dans l’espace ont créé des centaines de milliers d’éclats de débris dangereux ».

Holger Krag, chef du Programme de sécurité spatiale, explique que les explosions – causées par des restes d’énergie comme du carburant et des batteries – « sont le plus grand contributeur actuel au problème des débris spatiaux ».

L’ESA pense néanmoins que « les collisions entre les débris et les satellites en opération vont devenir la principale source de débris ». C’est d’autant plus d’actualité que le nombre de satellites en orbite augmente considérablement ces dernières années, notamment avec les constellations de plusieurs (dizaines de) milliers de satellites. C’est le projet de SpaceX avec Starlink par exemple.

Malgré des directives internationales, toujours plus de débris

Problème, et malgré des mesures mises en place depuis des années, « aucun ralentissement de la fréquence de ces événements » n’est constaté, regrette l’ESA. Par contre, le nombre de désorbitages en fin de mission s’améliore… mais « lentement ».

Cette situation a poussé les acteurs du spatial à prendre des mesures de prévention concernant les débris, y compris au niveau des gouvernements. Pour conserver une autonomie d’accès à l’espace, il faut en effet non seulement avoir des lanceurs, mais aussi des moyens pour détecter, surveiller et éviter les débris. 

L’ESA rappelle qu’il existe des normes et directives internationales pour une utilisation « durable » de l’espace :

  • Concevoir les lanceurs et les véhicules spatiaux pour qu’ils « perdent » le moins possible d’éléments – tant au décollage que pendant l’exploitation – suite aux conditions hostiles rencontrées dans l’espace.
  • Prévenir les explosions en libérant l’énergie stockée, c’est-à-dire en « passivant » les véhicules en fin de vie.
  • Mettre les missions terminées hors de portée des satellites opérationnels, soit en les désorbitant, soit en les envoyant vers une orbite cimetière.
  • Éviter les collisions dans l’espace en choisissant avec soin ses orbites et en effectuant des manœuvres d’évitement de collision.

De son côté, le CNES détaille de son côté cinq règles proposées par la NASA en 1995, reprises par le Japon en 1997 et la France en 1998. Elles reprennent une partie des directives de l’ESA, mais proposent des mesures supplémentaires :

  • L’interdiction de générer volontairement des débris dans l’espace (capots de protection de télescope par exemple) et de détruire volontairement des satellites dans l’espace
  • La mise en œuvre de tous les moyens possibles pour éviter l’explosion en orbite. En fin de mission, il faut mettre l’objet dans un état inerte en dissipant toute son énergie, ce qui induit d’avoir prévu cette opération lors de sa conception
  • L’interdiction de rester plus de 25 ans en orbite basse ou de rester sur l’orbite géostationnaire après la fin de mission (ces 2 orbites étant les plus concernées par la prolifération de débris spatiaux).
  • La mise en œuvre de tous les moyens possibles pour éviter les collisions : éviter l’évitable
  • La protection des populations au sol. Dans les cas où l’on ne peut éviter un retour au sol des débris, privilégier la désorbitation contrôlée dans une zone non peuplée

Fin 2017, le CNES affirmait que « la France est le seul pays à avoir une loi qui traite des débris spatiaux : il s’agit de la Loi sur les Opérations Spatiales promulguée en 2010 ».

Est-ce suffisant pour autant (au niveau international) ? La réponse est pour l’instant « non » pour l’Agence spatiale européenne, qui revient sur « des tendances inquiétantes », la première étant que « nous créons de plus en plus de débris ».

Jan Wörner, directeur général de l’ESA, proposait récemment une comparaison pour essayer d’imaginer l’état de l’espace proche de nous : « Imaginez combien il serait difficile de naviguer en haute mer si tous les navires n’ayant jamais fait naufrage dans l’histoire dérivaient à la surface de l’eau. C’est ce qui se passe aujourd’hui en orbite, et cela ne peut pas continuer ainsi ».

Combien y a-t-il de débris dans l’espace ?

Ainsi, « le nombre de débris, leur masse combinée, et la surface totale qu’ils occupent sont en constante augmentation depuis le début de l’ère spatiale ». Le Bureau des débris spatiaux de l’ESA en dénombre ainsi pas moins de 25 297 dans son rapport. Ils représentent une masse de 8 782,5 tonnes et occupent l’équivalent d’une superficie de 83 414,5 m², soit une douzaine de terrains de foot.

  • ESA Annual Space Environment Report
  • ESA Annual Space Environment Report
  • ESA Annual Space Environment Report
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L’orbite terrestre basse (LEO, jusqu’à 2 000 km d’altitude) regroupe le gros des débris avec pas moins de 13 932 objets, soit plus de la moitié de l’ensemble. Ils représentent par contre « seulement » 2 751 tonnes pour une superficie de 21 206 m². Ils sont donc nombreux, mais assez peu lourds et imposants. 

Sur l’orbite géostationnaire (GEO, entre 35 586 et 35 986 km) prisée par les satellites de télécommunications, l’ESA dénombre 862 objets pour une masse de 2 521,8 kg et une superficie de 24 872,1 m². La masse et la superficie sont du même ordre de grandeur que sur l’orbite basse, mais avec 16 fois moins d’objets répertoriés. 

Un rapport sénatorial se faisait récemment l’éco d’un décompte du CNES concernant les débris spatiaux : « on estime à 23 000 le nombre d’objets suivis dont la taille est supérieure à 10 cm. Seulement 5 % de ces débris sont actifs et la plupart se situent en orbite basse ». On est assez proche des 25 297 de l’ESA.

  • ESA Annual Space Environment Report
  • ESA Annual Space Environment Report
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Par contre, les chiffres explosent si on considère les débris de plus petite taille : « il y aurait au-dessus de nos têtes 35 000 objets compris entre 1 et 10 cm et environ 35 millions de débris inférieurs à 1 cm ». C’est probablement encore bien pire que cela.

En février 2020, l’ESA a mis en ligne une estimation du nombre de débris en s’appuyant sur des modèles statistiques. Il augmente de manière inversement exponentielle à la taille des objets. Nous avons ajouté entre parenthèses des valeurs données par la NASA de début 2012 afin de voir l’évolution sur un peu moins de 10 ans :

  • 5 500 objets de plus de 1 m
  • 34 000 objets de plus de 10 cm (21 000 en 2012)
  • 900 000 objets entre 1 et 10 cm (500 000 en 2012)
  • 128 000 000 objets entre 1 et 10 mm (plus de 100 000 000 en 2012)

L’Agence spatiale européenne en profitait pour faire le décompte des lancements : plus de 5 560 fusées ont été envoyées dans l’espace (sans compter les échecs donc), plaçant environ 9 600 satellites en orbites, dont 5 500 étaient encore en place en février 2020. Près de la moitié seulement – 2 300 environ – étaient encore en fonctionnement à ce moment-là. 

  • Débris espace
  • Débris espace
  • Débris espace

Quelle est leur vitesse ? Quels sont les risques ?

Dans cette foire aux questions, l’Agence spatiale américaine explique que la vitesse moyenne des débris est de 25 000 à 29 000 km/h environ (7 à 8 km/s). Lors d’une collision, la vitesse d’impact moyenne est de 36 000 km/h. « Par conséquent, même les collisions avec un petit morceau de débris impliqueront une énergie considérable » et des dégâts du même ordre de grandeur.

Pour se donner une idée des forces dont il est question, on se souviendra de l’impact sur une des vitres de la Cupola (coupole) sur la Station spatiale internationale. Il était heureusement sans gravité pour l’intégrité de la structure et ne mesurait que 7 mm de diamètre. L’astronaute européen Tim Peake l’a pris en photo.

Un dégât minime causé par… « un flocon de peinture ou un petit fragment de métal pas plus grand que quelques millièmes de millimètre de diamètre ». Pour rappel, la coupole est équipée d’un quadruple vitrage, tandis d’un « blindage » renforce les zones sensibles de la Station.

De son côté, l’ESA explique qu’un « objet d’une taille allant jusqu’à 1 cm pourrait rendre inopérant un instrument ou un système de vol critique sur un satellite. Tout ce qui dépasse 1 cm pourrait pénétrer dans les boucliers des modules d’équipage de la Station spatiale internationale, et tout ce qui dépasse 10 cm pourrait briser un satellite ou un vaisseau spatial en morceaux ».

Le CNES y va aussi de sa comparaison : « un objet de 1 cm de diamètre aura la même énergie qu’une berline lancée à 130km/h ». 

Cupola débris impact La conséquence d’un débris de « quelques millièmes de millimètre de diamètre ». Crédits : NASA/ESA

Déjà plus de 500 fragmentations

Bref, même quelques millimètres peuvent suffire à faire de gros dégâts. Plus il y a de débris, plus les risques sont importants. Le problème étant que « les événements qui génèrent des débris sont de plus en plus courants ». Au cours des deux dernières décennies par exemple, il y a eu en moyenne « douze fragmentations accidentelles […] chaque année, et cette tendance est malheureusement à la hausse ». 

Depuis le début de la conquête spatiale, le nombre de fragmentations estimé par l’ESA dépasse les 500. Une fragmentation, explique l’Agence, correspond au moment où des débris sont créés. Ce phénomène peut avoir plusieurs origines : collision, explosion, souci électrique, morceaux se détachant d’eux-mêmes, etc. 

Parfois, les débits sont la conséquence directe d’une démonstration de force d’un pays. Après les États-Unis, la Russie et la Chine, l'Inde est le quatrième pays à avoir détruit un de ses propres satellites avec un missile. Selon l’administrateur de la NASA, cette explosion aurait généré au moins 400 débris, dont une soixantaine de plus de 15 cm.

Voici un tableau regroupant l’ensemble des fragmentations identifiées en 2019. Il y en a eu 16, pour un total de près de 2 000 objets catalogués pour une masse totale d’environ 25 tonnes.

ESA Annual Space Environment Report
L’événement « délibéré » du 27 mars 2019 correspond au tir de missile de l’Inde. Crédits : ESA

24 morceaux auraient même été expulsés à une altitude supérieure, menaçant potentiellement la Station spatiale internationale. N’allez pas croire que c’est de l’histoire ancienne et que les traités évoqués précédemment n’étaient pas encore en place. Le tir de missile de l’inde date de… mars 2019.

Il y a certes des expérimentations pour déployer des engins capables de nettoyer l’espace en récupérant des débris, mais aucune ne semble avoir abouti pour le moment. L’Agence spatiale japonaise (JAXA) a tenté de déployer une « longe électrodynamique », un genre de « corde » composée d'acier et d'aluminium qui devait se charger en électricité afin d'attirer par électromagnétisme des débris. Le système n’a pas fonctionné. 

ESA Annual Space Environment ReportESA Annual Space Environment Report

De plus en plus de mesures d’atténuation… et heureusement

Tout n’est pas noir pour autant : certains acteurs tentent de respecter les règles et directives internationales… « mais ils ne sont pas encore assez nombreux », regrette l’ESA. Selon son Bureau des débris spatiaux, « à l’heure actuelle, 80 % des lanceurs tentent "d’évacuer" l’orbite terrestre basse, et la grande majorité y parvient, alors que seuls 20 % essayaient au début du millénaire ». C’est « une très bonne nouvelle », car les lanceurs sont parmi les plus gros objets lancés dans l’espace, les rayer rapidement de l’équation permet de limiter les risques de fragmentation.

Comme nous l’avons déjà indiqué, le nombre d’objets sur une orbite basse (LEO) est très important, c’est dû à la « prolifération des petits satellites et des constellations ». De par leur position, « autour de 88 % des petits satellites lancés dans cette région vont naturellement respecter les mesures d’atténuation » et donc « se désintégrer dans l’atmosphère ».

En orbite géostationnaire (GEO) aussi la problématique des débits est prise en compte, mais il n’est évidemment pas question de parcourir les 36 000 km dans le sens inverse pour bruler dans l’atmosphère. Les satellites sont poussés un peu plus haut, sur une orbite cimetière.

Les acteurs ont dans tous les cas tout intérêt à respecter un minimum de civisme les uns envers les autres, car ils risquent autant de mettre en danger leurs satellites que ceux de leurs « concurrents » s’ils génèrent trop de débris spatiaux.

Sur les « dix dernières années, entre 85 et 100 % des satellites en fin de vie ont essayé de se conformer à ces mesures [d’atténuation des débris, ndlr], et 60 à 90 % d’entre eux ont réussi ». Notez d’ailleurs qu’il existe déjà une « dépanneuse de l’espace » afin de redonner un peu de vie à certains satellites et/ou de les guider jusqu’à une orbite de cimetière.

L’ESA optimiste, mais prudente

L’ESA se réjouit que des mesures soient mises en place et toujours plus prises en compte dans les missions, mais elle reste très prudente : « L’analyse méthodique du changement des attitudes dans l’espace, en ce qui concerne l’adoption de mesures d’atténuation de débris, nous donne des raisons de nous montrer prudemment optimistes – ce n’était pas le cas il y a dix ans ».

Un optimisme de mise, car « même si tous les lancements spatiaux prenaient fin demain, les projections montrent que le nombre global de débris continuerait d’augmenter puisque les collisions entre objets créent de nouveaux débris par effet de cascade ». On n'est pas loin du syndrome de Kessler dans cette déclaration de l’ESA.

Dans son rapport, le sénateur Christian Cambon (LR) rappelait que le risque de collision pouvait être renforcé par… l’effet du réchauffement climatique : « Quand l'atmosphère se réchauffe, la densité de ses couches supérieures diminue. À 300 kilomètres d'altitude, elle s'amenuise d'environ 5 % chaque décennie », explique-t-il en se basant sur des données de scientifiques de l'université de Southampton.

Les débris et les satellites seraient alors moins freinés par les couches supérieures de l’atmosphère et « donc susceptibles de rester plus longtemps en orbite », entrainant mathématiquement plus de risques de collisions et donc de débris.

26 Oct 19:22

Station spatiale internationale : inquiétudes et pannes en série dans la partie russe, jugée trop vétuste

Y a-t-il une recrudescence de pannes dans le segment russe de la Station spatiale internationale (ISS) ? Pour certains observateurs, il semblerait que oui : vétusté, modules « à bout »… La Russie affirme que tout va bien, mais elle n’a pas forcément l’habitude de tout dire.

L'ISS est un immense patchwork de modules provenant de plusieurs pays. Cela tient au principe même de sa construction : « Tout a commencé le 25 janvier 1984, lorsque les États-Unis ont invité d’autres nations à participer à la construction d’une station spatiale habitée en permanence », explique l’Agence spatiale européenne (ESA).

« L’Europe, représentée par l’ESA, le Canada et le Japon ont répondu à cette invitation avec un grand enthousiasme et ont commencé à collaborer à la définition du projet ». En 1993, la Russie devient le cinquième partenaire. Américains et Russes l'ont depuis développé conjointement et sont les deux principaux contributeurs.

Segment russe vs américain : deux salles, deux ambiances

On retrouve cette bicéphalité dans la Station actuellement en orbite autour de nous. On parle en effet des segments orbitaux américain (USOS) et russe (ROS), respectivement exploités par la NASA et Roscosmos.

Le second, inspiré de la station spatiale Mir, est moins imposant que le premier qui abrite notamment le laboratoire de recherche Columbus développé par l’Europe. Des réparations ont régulièrement lieu un peu partout sur l'ISS (parfois avec des sorties dans l’espace, toujours impressionnantes), mais les pannes et autres petits soucis techniques s’enchainent ces derniers temps sur le segment russe, soulevant des inquiétudes…

D’autant que les Russes ont un certain passif.

Des pannes à répétitions… Les Russes se veulent rassurants

Il y a quelques jours « le système d’approvisionnement en oxygène Elektron-VM qui se trouve dans le module Zvezda, sur le segment russe de l’ISS, s’est éteint […] Un deuxième système, sur le segment américain, fonctionne normalement et rien ne menace la sécurité de l’équipage et de l’ISS », expliquait le service de presse de Roscosmos.

Des réparations ont depuis été faites. Mais une autre panne a « perturbé le fonctionnement des toilettes [pendant plusieurs heures, ndlr], et un aspirateur a senti le brûlé », détaille l’AFP reprenant des déclarations de l’agence de presse publique RIA Novosti, elle-même se basant sur des échanges entre les astronautes russes dans l’ISS et le Centre de contrôle des vols spatiaux russe (TsUP).

Une fuite d’air avait pour rappel été détectée en août : « Il a été établi que le problème se trouve dans le module de service Zvezda, qui contient des matériels scientifiques », ont confirmé les Russes. Elle a été réparée « temporairement avec les moyens disponibles », affirmait Roscosmos le 19 octobre, sans donner plus de détails.

Depuis, le centre de contrôle et le chef russe d’équipage de l’ISS « travaillent à un programme d’opérations visant à sceller de façon permanente l’emplacement des fuites », là encore sans information supplémentaire. Roscosmos se veut rassurante dans un communiqué transmis à l’AFP : « Les défaillances survenues à bord de l’ISS dans la nuit du 19 au 20 octobre ont été entièrement réparées de manière opérationnelle par l’équipage […] Tous les systèmes de la station fonctionnent normalement, rien ne menace la sécurité de l’équipage et du vol de l’ISS ».

ISS
Crédits : NASA

La « communication » aléatoire de la Russie sur les incidents

Un des problèmes avec la Russie dans ce genre de situation est le manque de communication officielle claire et précise, sauf à se faire prendre en flagrant délit, ou presque. Dans le cas de l’explosion d‘un lanceur Soyouz en route vers l’ISS (heureusement sans perte humaine), il était par exemple difficile de faire l’autruche.

Mais ce n’est pas toujours aussi simple. On se souvient à ce sujet du lancement de la mission ExoMars de l’ESA avec l’explosion du dernier étage du lanceur Proton juste après avoir largué sa charge utile. Cet incident était sans gravité pour le reste de la mission, mais « les Russes se sont bien gardés de nous le dire », lâchait Francis Rocard, responsable du programme d'exploration du système solaire au CNES, durant une conférence de presse.

Une autre obscure affaire s’est déroulée en 2019, suite à une fuite sur un vaisseau Soyouz en 2018. Plusieurs hypothèses avaient été soulevées par les Russes, y compris celles d‘un sabotage. Lors de l’annonce de la fin de l’enquête, Dmitri Rogozine (patron de l’agence spatiale russe) déclarait, comme le rapporte Le Parisien : « Ce qui est arrivé est clair pour nous, mais nous ne vous dirons rien […] Il doit y avoir des secrets entre nous ». 

La NASA confirmait et regrettait cette situation : « Ils ne m'ont rien dit […] Il n'est clairement pas acceptable qu'il y ait des trous dans la Station spatiale internationale », lâchait ainsi Jim Bridenstine, administrateur de la NASA. Ambiance… Pour ajouter une touche symbolique, le commandement de la Station spatiale internationale vient de passer de l’Américain Christopher Cassidy au Russe Sergueï Ryjikov, avec un échange de clé. 

Bonjour 🔑
Hier soir, changement de commandement à l' #ISS.
Chris Cassidy a remis à Sergey Ryzhikov la clé symbolique de la Station Spatiale internationale.
📷 @roscosmos pic.twitter.com/o70tyGlhNv

— Rêves d'Espace (@RevesdEspace) October 21, 2020

« Tous les modules du segment russe sont à bout »

Mais dans cet imbroglio, le pire vient certainement de la déclaration d’un Russe – Guennadi Padalka (62 ans) – une légende locale qui a été dans Mir et l’ISS, et qui compte plus de 800 jours dans l’espace à son actif : « Tous les modules du segment russe sont à bout », affirme-t-il sans détour à l'agence RIA Novosti, repris par l’AFP.

Il précise que les équipements sont vieux de 20 ans et qu’ils ont donc déjà dépassé de cinq ans leur durée de vie. De son côté, l’AFP rappelle que « le secteur spatial russe a traversé une série de scandales de corruption, de détournements de fonds, mais il est aussi miné par les coupes budgétaires ». Pas de quoi arranger la situation…

D’autant que la Russie vient de perdre un monopole dont elle disposait depuis longtemps, n'étant plus seule à envoyer des humains dans l’espace. SpaceX fait de même avec Crew Dragon et Boeing se prépare avec Starliner.

Pour rappel, la construction de l’ISS a débuté en novembre 1998 « à l'occasion de la mise sur orbite du module de contrôle russe ZARYA, pierre inaugurale de la station », explique le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation. Elle est occupée en permanence depuis novembre 2000.

La question de son avenir a souvent été soulevée, mais sa mise à mort n’est pas actée pour le moment. Le tourisme spatial – aussi bien par les  États-Unis que la Russie – pourrait être une source de revenus importante.

24 Oct 06:32

Conan Exiles : Mise à jour 2.1 : vers une refonte de l'artisanat de Conan Exiles

by Uther
Funcom se dit peu satisfait du système d'artisanat de Conan Exiles, qui repose actuellement sur les Thralls. Le développeur en prévoit une refonte (laissant davantage de place aux ateliers d'artisanat), et invite les joueurs à ...
24 Oct 06:30

Deleting Facebook Also Deletes Oculus Purchases And Account Information

by Ian Hamilton

If you’ve linked your Oculus account to Facebook and decide you want to delete your Facebook account, your purchases on Oculus will be lost as well.

While Facebook is required for Quest 2 usage, we confirmed directly with Facebook that if you’re an owner of the original Quest, Rift or Rift S, aren’t getting another Oculus headset and have held out from linking your accounts for this long — you could still delete your unlinked Facebook account for now and your Oculus store purchases would be unaffected. Starting in 2023, Facebook will no longer support Oculus accounts and details are still unknown about how exactly that will work.

“We’ll update existing users who choose not to log in with a Facebook account as we get closer to ending support for Oculus accounts in 2023,” a Facebook spokesperson wrote in an email.

Facebook announced in August that it would require your real identity to use future headsets, but a tweet this week illustrated the purchase policy with a screenshot showing the text Facebook displays when you try to delete your account.

 

Oculus Account Purchases

We checked as well and confirmed the text reads as follows:

Deleting your account is permanent.

When you delete your Facebook account, you won’t be able to retrieve the content or information you’ve shared on Facebook. Your Messenger and all of your messages will also be deleted.

Deleting your Facebook account will also delete your Oculus information. 

This includes your app purchases and achievements. You will no longer be able to return any apps and will lose any existing store credits.

Here’s a screenshot of the text we captured ourselves:

Deleting Your Facebook Account Will Also Delete Your Oculus Information

 

While Quest 2 appears to be selling faster than the original and some long-time VR developers are reaping the benefits, Facebook is faced with some unhappy customers who described their Quest 2 purchases as “paperweights” because of problems logging into Facebook, and some buyers of the Oculus Quest 2 Elite Strap say their accessory snapped apart.

Conversation surrounding the account deletion policy continues to unfold and there was a recent House subcommittee report which seemed to suggest Congress should view policies like Facebook’s as anticompetitive.

The Oculus support website says it will refund orders returned within 30 days of when the order shipped.

24 Oct 06:26

Orbx Announces Volanta App – Personal Flight Tracker

by Calum Martin
Orbx is going beyond scenery development and will soon be releasing a personal flight tracker called Volanta. This all-new easy to use smart flight tracker integrates flight data across all simulators. The concept behind Volanta will be to provide simmers more reasons to fly and find new inspiration challenges, friends to fly with and track your […]
22 Oct 18:41

Le principal DRM de protection vidéo sur le net cassé : adieu Widevine... pour PC seulement !

by contact@comptoir-hardware.com
Si vous êtes du genre sensible quant à votre vie privée, alors vous avez peut-être déjà entendu parler du DRM Widevine. En effet, un plug-in apportant son support fait partie des ajouts de Google Chrome sur sa base libre Chromium, pour des raisons de licence, Widevine étant justement développé par Google... [Tout lire]
22 Oct 18:34

Routeur 4G et Wi-Fi TP-Link (150 Mb/s) : 53,99 euros

Le routeur mobile 4G TP-Link M7350 (150 Mb/s) est proposé par Amazon à 53,99 euros au lieu de 75 euros.
21 Oct 18:02

Willow : Disney officialise la production de la série Willow

by Uther
Évoquée de longue date, la série Willow est validée par Disney et devrait entrer en production l'année prochaine. L'équipe créative entend proposer une suite « rafraîchissante et amusante &raquo...
21 Oct 17:57

Honeycomb Aeronautical Reveals New Controls, Xbox Support and More

by Calum Martin
Honeycomb Aeronautical has revealed a series of new control options coming soon for flight simulation users across both PC and also for Xbox Series X|S. As reported by Key.aero, the new controls will build on the already released Alpha controls and also the upcoming Bravo and Charlie controls. Here’s the first detailed look at what […]
18 Oct 12:10

Indiafoxtecho MB-339 for MSFS Released

by Guillaume
Indiafoxtecho has released their MB339 jet trainer aircraft for Microsoft Flight Simulator. The rendition by Indiafoxtecho comprises two versions of the trainer; the Aermacchi MB-339A and the MB-339PAN, a version dedicated to the Freece Tricolori aerobatics team. The modeling features only a detailed rendering of the front cockpit, 8K textures for the liveries and a […]
17 Oct 07:09

Sony Spatial Reality Display : un écran « 3D stéréoscopique » de 15,6" à 5 000 dollars

Cet écran de 15,6" (3 840 x 2 160 pixels, 500 nits et contraste de 1 400:1) mesure 383 x 232 x 231 mm pour 4,9 kg. Il est donc imposant et lourd, en plus d’être cher. Mais il vise un objectif particulier : afficher une image donnant l’impression d’être en 3D stéréoscopique (une 3DS géante en quelque sorte).

Il dispose ainsi de capteurs pour suivre le déplacement de vos yeux et adapter l’affichage pour avoir l’impression d’un rendu 3D « sortant » de l’écran. Cela fonctionne grâce à une « microlentille optique ». « Un algorithme maison traite le contenu en temps réel pour chaque œil, sans lag. Cela permet au monde 3D d’apparaître aussi lisse que dans la vie réelle, même si vous vous déplacez », explique le fabricant. 

Ainsi « le contenu s'étend au plus profond de l'écran sous n'importe quel angle de vue. Le simple fait de vous déplacer, de haut en bas, d'un côté à l'autre, vous donne l'impression d'interagir avec le contenu juste devant vous », affirme le fabricant.

De plus amples informations et une vidéo de présentation sont disponibles sur cette page. Nos confrères de The Verge ont pu le prendre en main et livrent leurs premières analyses.

16 Oct 12:15

Pandémie – C’est la faute des PNJ

by Korben

Avertissement : News ultra OLD mais balek frère / soeur

Voici une pandémie un peu ancienne qui avec le recul et l’actualité est plutôt amusante à analyser.

« Une pandémie amusante ? Tu t’es pris pour Didier Raoult ou quoi ?? » me direz-vous…

Mais non, car cette pandémie s’est déroulée dans le jeu World of Warcraft. C’était par une belle après-midi d’avant l’automne, plus exactement le 13 septembre 2005. Blizzard avait peu de temps avant ajouté un nouveau donjon dans son jeu : Zul’Gurub.

Dans ce niveau, le boss prénommé comme mon arrière-grand-père Hakkar l’Écorcheur d’Âmes disposait d’un sort d’affaiblissement contagieux connu aussi sous le nom de « sang vicié ».

Le petit Johnny qui jouait sa meilleure partie de WoW dans sa chambre au fin fond de l’Arkansas, est alors tombé sur un bug permettant à l’infection de se propager aux animaux de compagnie du jeu (les Familiers) ainsi qu’aux Personnages Non Joueurs (PNJ).

Vous connaissez les PNJ et les animaux de compagnie et vous savez que ces derniers n’en font qu’à leur tête. Et bien ces petits malins ont transporté cette maladie virtuelle contagieuse hors des limites du donjon, ce qui a infecté très rapidement un grand nombre de joueurs de niveau faibles. Et cela a provoqué une véritable pandémie dans le jeu.

Les PNJ étaient contaminés, mais non malades, un peu comme nos patients asymptomatiques du moment.

Vous voyez maintenant le rapport avec l’actualité 🙂

Didier ?

Le truc intéressant dans tout ça, ça a été les réactions des joueurs qui finalement ont été assez proches de ce qu’il se passe en cas de véritable pandémie.

Certains joueurs ont déserté les grandes villes ou arrêté de jouer. Les plus faibles sont morts, d’autres, capables de pouvoirs de guérisons, ont lancé de véritables hôpitaux de campagne pour guérir les infectés. Parait même que certains joueurs passaient leur temps de partie à applaudir les soigneurs.

Certains ont joué le rôle de guide pour mettre à l’abri les gens perdus voulant échapper à l’infection. Les connards ont comme dans la vraie vie, tout fait pour infecter les autres joueurs de manière volontaire histoire de faire le plus de dégâts.

Et les abrutis n’ont pas cru à la pandémie comme si celle-ci n’était qu’une fausse rumeur en mode complote de pommes, se faisant à leur tour bêtement contaminer.

Ah ah ah. Ça me rappelle des choses…

Blizzard avait mis en place à l’époque des zones de quarantaine et a demandé aux joueurs de les respecter ce qu’ils n’ont évidemment pas fait.

Enfin, le problème a pu se résoudre le 8 octobre 2005 non pas grâce à une application Stop-Sang-Vicié installée sur le smartphone des joueurs et encore moins en fermant les tavernes de PNJ à partir de 22h, mais plutôt grâce aux patchs mis en place par Blizzard et à la réinitialisation des serveurs.

Bon, j’ai trouvé cette old-news intéressante, car mise en contexte avec ce moment unique que nous vivons. Surtout les réactions humaines de l’époque qui sont finalement les mêmes qu’aujourd’hui dans la vraie vie. D’ailleurs cet incident aurait servi de modèle d’analyse de pandémie.

Ah ça oui, la vie serait plus simple si on pouvait patcher et réinitialiser la planète de temps en temps.

14 Oct 16:39

Crucial MX500 de 2 To à 172,99 euros #PrimeDay

Amazon propose le SSD Crucial MX500 de 2 To (CT2000MX500SSD1) pour 172,99 euros au lieu de près de 250 euros.
12 Oct 17:08

Le LTV A-7E Corsair II progresse bien pour DCS World

by Cthulhus

Le premier addon de Flying Iron Simulations, le LTV A-7E Corsair II progresse bien pour DCS World d’Eagle Dynamics. L’éditeur fait le point sur cet avion mythique via son blog. L’éditeur explique en détails les prochaines phases du projet. L’A-7 va ajouter à DCS World un avion embarqué qui pourra évoluer avec logique au côté du F-14 déjà présent.

Flying Iron Simulations explique la manière dont sera développé ce produit. En deux phases, avec une première approche se focalisant sur le modèle de vol simple uniquement pour l’IA, les tests de base de l’EFM pour les joueurs, le test du HUD (cet avion dispose du tout premier HUD dit moderne dans le monde des avions de chasses) ; le codage des systèmes de base et le test d’une simulation simplifiée du TF41. Cette phase est désormais terminée.

La phase deux est maintenant bien engagée et celle-ci est largement détaillée dans le blog dont le lien est indiqué ci-dessous. Le modèle extérieur progresse bien comme l’attestent les images fournies. Vous pouvez découvrir le reste du blog via cette adresse.

L’article Le LTV A-7E Corsair II progresse bien pour DCS World est apparu en premier sur Avionic-Online.