Des échanges de messages électroniques dévoilent que les agresseurs de Dylan faisaient partie d’une bande, qui organisait des descentes dans la rue pour frapper des gens.
Entre le 11 et le 13 mars, près de 20 jeunes yverdonnois âgés de 15 à 17 ans ont été interpellés par la police cantonale dans le cadre de l’enquête sur la mort de Dylan. Le jeune homme est décédé le 16 janvier après avoir été agressé par deux adolescents à la Place Bel-Air. L’audition de cinq jeunes a permis de révéler les inquiétantes pratiques d’une bande de mineurs: ces derniers échangeaient des messages électroniques dans le but d’organiser des descentes en pleine rue pour cogner des gens gratuitement.
«Selon les témoignages, 16 victimes de 14 à 18 ans ont été menacées ou frappées ces derniers mois», précise Philippe Jaton, porte-parole de la police cantonale. Deux d’entre elles avaient été hospitalisées en janvier. Au total, neuf plaintes ont été enregistrées pour menaces et agressions. Leurs auteurs présumés ont été interrogés et des perquisitions ont été effectuées.
Agressions préméditées
Au cours des interrogatoires, les agresseurs présumés de ces victimes ont expliqué que les «descentes» étaient organisées via des messageries électroniques. La bande se fixait des rendez-vous pour aller frapper sans raison des jeunes choisis au hasard en pleine rue.
Ils agissaient par surprise et en groupe, assénant des coups de poing et des coups de pied à la tête de leurs cibles et utilisant parfois un spray au poivre.
Dans la majorité des cas, les faits se sont déroulés au centre ville d’Yverdon-les-Bains et dans des manifestations populaires de la région.
L’un des mineurs, âgé de 16 ans, a été placé en détention provisoire au Centre pour adolescents de Valmont, à Lausanne. Il s’ajoute à deux autres jeunes arrêtés plus tôt dans le cadre de cette affaire et toujours à Valmont.
Lors de fouilles aux domiciles des prévenus les enquêteurs ont découvert deux armes factices, trois couteaux, deux sprays au poivre et deux pistolets à air comprimé. Une dizaine de grammes de marijuana et du matériel de conditionnement ont aussi été saisis.
Craintes de représailles
«Il s’agit de déterminer la manière dont les choses se sont exactement passées maintenant, explique le porte parole. Nous cherchons des témoignages additionnels pour compléter l’enquête. Or, il semblerait que de nombreuses victimes ne parlent pas par peur d’éventuelles représailles.» Les témoins potentiels sont priées de prendre contact avec la Police cantonale (021 644 44 44).
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Via messagerie, les agresseurs présumés s’organisent en groupe. Ils se fixent un rendez-vous pour s’acharner par surprise sur un autre jeune. Jérémie* en a été victime. «Je ne pouvais rien faire, j’étais encerclé par des gamins de 14-15 ans. Ils m’ont même arraché ma boucle d’oreille.
Ils croient qu’on est raciste.»
Des proches des auteurs présumés s’en défendent: «Ils nous cherchent, on les cherche. Si on nous met en prison ça n’arrangera rien. On aura encore plus la rage. C’est aussi l’influence qui veut ça.»
«C’est l’influence de l’autre et la pression du groupe, qui tend à une glorification de l’acte de violence gratuite», analyse le commandant de la police Nord vaudois Pascal Pittet, qui se dit «très inquiet» par la banalisation de ce type d’agressions. «Une forme malsaine de reconnaissance s’est développée, nos jeunes y sont confrontés tous les jours.» Le major Pittet évoque un «principe d’opportunités» des agresseurs qui visent des cibles dites faciles. «C’est très violent pour les victimes, qui sont dans une incompréhension totale de ce qui leur arrive, et qui se soumettent à une omerta terrible.»
A la suite du décès d’un mineur le 16 janvier 2014, place Bel-Air à Yverdon-les-Bains, d’importantes investigations ont été menées par la police. Elles ont mené à l’interpellation ces derniers jours de 18 auteurs présumés d’agressions, tous âgés de 15 à 17 ans.
Les jeunes ont expliqué qu’ils préparaient les agressions via des messageries, fixant des rendez-vous pour s’en prendre gratuitement à des jeunes dans la rue. Ils prenaient pour cible des personnes qu’ils ne connaissaient pas et agissaient par surprise, en surnombre, donnant des coups de poing et des coups de pied à la tête.
RAPPELS:
4 jours avant le meurtre d’Yverdon, un autre jeune tabassé car présumé raciste par ses agresseurs
«Je sortais d’un bar, rue du Lac, pour rentrer chez moi avec ma copine, quand on a commencé à nous insulter.
Au moins sept personnes nous ont suivis en nous traitant de racistes,
car sur ma veste est inscrit Hardcore United. Ils se sont rapprochés et j’ai été sprayé au poivre avant d’être tabassé. Ma copine était pétrifiée. Heureusement, des clients d’un autre bar, plus loin dans la rue, sont sortis et ont fait fuir les agresseurs. Lorsque la police est arrivée, il n’y avait plus personne.»
Tribus de jeunes: "racailles" issues de l’immigration contre "fachos" majoritairement suisses
Ce tragique fait divers résulte, comme le mentionne l’enquête de police, d’un réflexe conditionné déclenché par une marque de vêtements. Dylan avait beau n’appartenir à aucune tribu, sinon celle des jeunes heureux de vivre et des ados bien insérés, il a eu le «tort», ce soir-là, sur cette place Bel-Air d’Yverdon-les-Bains,de porter une veste Lonsdale tout récemment acquise.
Une veste d’une marque connotée «facho» par les «racailles»,
cette place, théâtre de la tragédie, est
un territoire «racaille», c’est-à-dire une zone d’Yverdon où tentent de se désennuyer quotidiennement des jeunes majoritairement issus de l’immigration,
Quant aux «fachos», du moins dans le langage des précédents, ce sont des jeunes majoritairement suisses, résidant plutôt dans la campagne environnanteet se réclamant en fait de différentes tribus aux sympathies politiques allant de l’extrême gauche à l’extrême droite.
«C’était un accident. C’est un type bien, celui qui a tué. Et celui qui est mort, c’était un raciste»,
En 2003, dans la commune francophone suisse d’Yverdon, Mickael, un jeune patriote de 18 ans, avait été massacré dans une gare par un groupe d’immigrés (notamment cap-verdien et « franco-algérien ») qui voulaient d’abord le racketter.
Vendredi dernier, dans cette même ville, un autre Suisse – âgé de 17 ans – est mort après avoir été frappé par un « suisso-colombien », dont la bande considérait la victime comme un « facho », « en raison notamment de sa veste griffée Lonsdale ».
Ils ont remarqué un jeune homme portant une veste de marque (LONSDALE, ndlr) et l’ado aurait alors incité son camarade à frapper la victime. Peu après, ce dernier a donné un unique coup de poing à la tête du jeune homme, provoquant sa chute.






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