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Les heures de gloire du paquebot Normandie
NEOMA Business School lance le premier Institut Confucius “Business” de France

Avec l'objectif de promouvoir la culture chinoise et de renforcer les échanges avec les autres pays, les Instituts Confucius « Business » s'appuient sur des universités ou des Ecoles pour proposer aux particuliers comme aux entreprises des cours de langues, des activités culturelles ou des modules orientés « business ».
Offrir aux entreprises et au grand public une meilleure compréhension de la Chine
Le NEOMA Confucius Institute for Business-Rouen a pour vocation d'accompagner les particuliers et les entreprises dans la découverte de la Chine. « Les motivations à pousser les portes de ce nouveau lieu d'échanges sont nombreuses : apprendre le chinois, maitriser les codes locaux en matière de business, développer de nouveaux marchés commerciaux… », explique Haiyan Zhang, Directeur du NEOMA Confucius Institute for Business-Rouen.
Cette nouvelle plateforme offre aux particuliers, via des cours de chinois et des ateliers découverte, un accès privilégié à la culture chinoise et à sa forme de pensée originale. L'Institut Confucius rouennais est également dédié aux relations économiques entre la Chine et la France et propose à ce titre des formations « sur mesure », répondant aux attentes et aux besoins de chaque professionnel et de chaque organisation. « Pour ce faire, nous nous appuyons notamment sur le réseau et le corps professoral d'excellence de NEOMA Business School, et sur son expertise forte en matière de management interculturel. Ceci représente un véritable atout », ajoute Haiyan Zhang.
Basé sur le campus rouennais de NEOMA Business School, l'Institut Confucius dispose d'un espace dédié offrant bureaux, salles de classe et de conférence. Il est également doté d'un centre de ressources documentaires et pédagogiques regroupant près de 3000 ouvrages (en français, anglais et chinois) sur l'histoire, l'économie, la littérature, la pensée, la gastronomie ou les arts.
La création de NEOMA Confucius Institute for Business-Rouen s'inscrit dans la continuité des relations étroites établies depuis plus de trois ans entre l'agglomération de Rouen (la CREA) et la Municipalité autonome de Tianjin située à 120 km de Pékin (Beijing). « Nous avons pu bénéficier, depuis la genèse de ce projet, du formidable soutien de la CREA, de Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères et de Geneviève Fioraso, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche », précise Haiyan Zhang.
Labellisé par le HANBAN (Bureau de la Commission pour la diffusion internationale du chinois), cet Institut est le fruit d'une collaboration entre NEOMA Business School et l'Université de Nankaï, prestigieuse université de Tianjin. NEOMA Confucius Institute for Business-Rouen bénéficie également du soutien de la Région Haute-Normandie et de la CCI International de Normandie.
NEOMA Business School : des relations privilégiées avec la Chine
« Nous nous félicitons que NEOMA Business School ait été choisie pour la création du 1er Institut Confucius « Business » de France. C'est non seulement une très belle reconnaissance pour notre Ecole mais également l'opportunité pour nous de resserrer des liens déjà très forts avec la Chine », souligne Frank Bostyn, Directeur général de NEOMA Business School.
L'Ecole entretient depuis de nombreuses années des relations privilégiées avec ce pays. Elle y compte près de 20 partenaires académiques. Chaque année, plus de 300 étudiants chinois rejoignent ses campus, faisant de la nationalité chinoise la nationalité la plus représentée au sein de NEOMA Business School. Cet historique avec la Chine a contribué à positionner l'Ecole comme partenaire privilégié pour la création du premier Institut Confucius “Business” en France. « Aujourd'hui, nos objectifs sont de continuer à développer des collaborations innovantes avec nos partenaires chinois, notamment en matière de Recherche et d'Executive Education. La création du NEOMA Confucius Institute for Business-Rouen s'inscrit pleinement dans cet esprit », précise Frank Bostyn.
La future CCI Ouest-Normandie évoquée
La chambre consulaire de Flers-Argentan a tenu son assemblée générale mardi soir. L'occasion d'évoquer le projet de fusion des CCI et de revenir sur la situation économique du début d'année 2014.
Article de Elodie DARDENNE
Lire cet article… Ouest-France Entreprises
Comment les ruptures conventionnelles poussent les seniors au chômage
Les désastreuses statistiques du chômage de février s'expliquent notamment par la forte progression du nombre de demandeurs d'emploi de plus de 50 ans et surtout de ceux qui approchent la soixantaine. Pour freiner ce mouvement, les règles de la rupture conventionnelles vont être durcies. Mais les entreprises anticipent et multiplient ces ruptures actuellement. Ce qui va encore peser sur le chômage
Article de Jean-Christophe Chanut
Lire cet article… La Tribune
L'offre en soins palliatifs en Haute-Normandie se renforce
Le Groupe Hospitalier du Havre (GHH) dispose désormais d'une unité de soins palliatifs (USP). L'unité spécialisée de 10 lits accueille depuis le 17 mars des patients en phase palliative avancée ou terminale d'une maladie grave et évolutive.
Conformément au Schéma Régional d'Organisation des Soins (SROS) 2012/2017, l'offre vient renforcer les 26 autres lits de soins palliatifs qui existaient déjà et qui restent ouverts dans les services confrontés à des fins de vie. L'USP havraise, située au 6ème étage de l'hôpital Jacques Monod, est un recours pour les situations les plus complexes.
La présence de symptômes rebelles ou réfractaires aux thérapeutiques nécessitant notamment une réévaluation de la situation plusieurs fois par jour figure au chapitre des critères d'admission.
Chaque patient est accueilli dans une chambre individuelle adaptée à la mobilité réduite et à l'hébergement temporaire d'un proche. Des locaux de repos et de détente pour les familles ont été prévus ainsi que des espaces de rencontre avec les médecins et les soignants. Depuis 2011, il existe une unité de soins palliatifs similaire de 10 lits au CHU de Rouen. A noter que l'hôpital de Pont-Audemer ouvre conjointement à celle du GHH une unité spécialisée de 5 lits.
L'autre enjeu des élections municipales : la création de la future métropole de Rouen
Pour la première fois, les électeurs votaient pour élire des conseillers communautaires. Cette nouveauté des municipales 2014 reste encore un peu obscure pour beaucoup…
Développement local : quand le CESE redécouvre le métier de développeur territorial
L'Europe valide les aides françaises aux projets éoliens et relance la filière
Effets de la pollution atmosphérique d'origine automobile sur la santé des policiers affectés à la circulation à Paris
Pollution de l'air : de l'instrumentalisation des enjeux environnementaux
Qualité de l'air : réduire l'exposition des Européens, priorité de la Commission
La Poste veut revoir le modèle de ses bureaux dans les grandes villes
La Poste estime que son réseau "n'est plus adapté" dans les grandes villes et veut créer des relais dans les gares ou commerces de proximité avec moins de services mais des horaires plus souples, selon des documents internes consultés mercredi par l'AFP.
Dans ces documents, dévoilés initialement par Le Monde, La Poste note que son réseau, avec un seul modèle de bureau, n'a pas évolué depuis 20 ans et "n'est plus adapté dans les grandes villes" où "le client veut tout, tout de suite".
Le groupe évoque donc la piste de "bureaux repensés" et "complétés par des Relais poste" situés dans des commerces de proximité ou des gares avec des "horaires plus larges" et une meilleure accessibilité, mais moins de services, comme les services bancaires.
Dans le document de travail, le groupe prévoit des projets pilotes en 2014 dans quatre agglomérations et une "mise en oeuvre" à partir de 2015.
Sollicitée, la direction de l'entreprise a reconnu que "les évolutions des villes, des modes de vie et la révolution numérique modifient les relations entre les clients et les services de proximité".
"Il est donc nécessaire que La Poste cherche à adapter son réseau", a indiqué le groupe, qui précise toutefois que ce projet n'en est qu'"au stade de la réflexion".
"Il implique un calendrier de travail sur le long terme, et reposera sur des expérimentations conduites en accord avec les collectivités locales", ajoute La Poste.
Pour Philippe Fouillou (SUD), "le but du jeu, c'est d'essayer de réorganiser les bureaux en fonction de leur potentialité", afin que "la Banque postale accapare les bureaux rentables pour développer sa politique commerciale".
Le syndicaliste y voit la "fin de la mission de service public" et "une avancée vers un bureau de poste purement commercial", redoutant qu'à terme, les bureaux en Zone urbaine sensible (ZUS) "qui nécessitent une présence humaine importante", ne soient par exemple "entièrement automatisés".
Pour les zones rurales, un autre document interne évoque l'idée de "faire entrer de nouveaux partenaires" dans les établissements.
Le groupe prévoit notamment un "test à venir dans dix bureaux d'une mutualisation avec les Caisses d'allocations familiales (CAF)" ou une diversification des formes de mutualisation avec les offices de tourisme, les maisons de santé ou les maisons de services publics.
Le groupe, qui emploie quelque 240.000 personnes, compte 17.000 points de contact (à fin décembre 2013), un niveau inscrit dans le contrat de présence territoriale signé avec les autorités. Le groupe fait le constat qu'à l'heure actuelle, 96,8% de la population habite à moins de 5 km d'un point de contact.
Hte-Ndie. Le chômage des seniors et de longue durée continue de croître
Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle-emploi en catégorie A, a diminué de 0,4% en février en Haute-Normandie et s'établissait à 101.959 soit 378 personnes inscrites en moins. Sur un an, la hausse du nombre des demandeurs d'emploi est de 2,5 % en Haute-Normandie alors qu'en France métropolitaine, on a enregistré une augmentation de 0,9 % en février et de 4,7 % sur un an.
Pour les inscrits de catégories B et C, personnes ayant exercé une activité réduite, on constate une hausse sensible de +1,1% en février en Haute-Normandie. Leur nombre s'établissait à 55.432 soit 587 inscriptions supplémentaires. Sur un an la hausse est de 6,0% en Haute-Normandie. Les trois catégories A, B et C confondues, en Haute-Normandie le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 0,1% en février et s'établissait à 157.391. Sur un an, il est en hausse de 3,7 % lorsqu'elle a été de +4,8 en France métropolitaine. La Haute-Normandie subit donc une croissance de la demande d'emploi nettement moins forte que la France métropolitaine. Si l'on s'en tient à la seule catégorie A, l'orientation est à la baisse depuis maintenant 3 mois : -0,4% en décembre, -0,1% en janvier, -0,4% en février.
Même chose chez les plus jeunes (moins de 25 ans). On constate même un recul global sur un an de -3,7% pour les catégories A et de -1,6% pour les catégories A, B et C. Dans la tranche des 25 – 49 ans, il y a une diminution en février (-0,9% en cat A et la stabilité pour les A, B et C) et des augmentations sur un an de +1,9% et +3,3% qui ralentissent.
En revanche, la dégradation est loin d'être enrayée pour les plus de 50 ans quelque soit la catégorie : +1% (cat A) et +0,8% (cat A, B et C) en février et +10,3% toutes catégories confondues sur un an. Ce mauvais chiffre se confond avec celui des inscriptions à Pôle-emploi depuis plus d'un an en augmentation de 11,6% alors que les inscriptions depuis moins d'un an sont en diminution de -2,3%.
Les offres d'emploi collectées par Pôle-emploi ont augmenté en Haute-Normandie, au cours des trois derniers mois, de 0,9% par rapport aux trois mois précédents. Cette hausse concerne les offres d'emplois non durables (moins de 6 mois, +0,4%) et les offres d'emplois durables (six mois ou plus, +1,4%).
Le constat d'un emploi moins pénalisé en Haute-Normandie qu'en France métropolitaine se vérifie dans l'intérim par le baromètre fourni par Prism'emploi. Le groupement professionnel qui réunit 90% de la branche annonce à la fin février 2014 une progression de l'emploi intérimaire de 5% sur un an en Haute-Normandie lorsqu'il y a un recul de 2,4% au niveau national. La région se situe au deuxième rang après l'Auvergne (+8%), devant la France-Comté (+4,4%). C'est le sud de la France qui provoque le recul national avec -9,9% en Languedoc-Roussillon et -9% en région PACA. Les chiffres de Prism'emploi diffèrent régulièrement de ceux que donne Pôle-emploi. Ainsi pour l'année 2013 (derniers chiffres disponibles), Prism'emploi faisait état d'un recul de -8,6% en France métropolitaine alors que Pôle-emploi donnait une progression de 6,9%. Pour la Haute-Normandie, le baromètre de Prism'emploi indiquait -6% et Pôle-emploi, +9,9%.
Carrefour Barentin organise sa journée de l'alternance - Tendance Ouest
Carrefour Barentin organise sa journée de l'alternance Tendance Ouest Carrefour Barentin recrutera cette année 24 jeunes qui seront formés aux métiers de la boucherie, de la poissonnerie ou encore aux métiers de la caisse et de l'équipement vente. Un stand sera installé dans la galerie commerciale. Les membres du magasin ... et plus encore » |
L'Etat et les partenaires sociaux s'engagent à développer les métiers de l'autonomie
Ce n'est pas bien de détruire les archives municipales quand on vient de perdre la mairie !
L'USH et le ministère lancent (enfin) leur appel à projets pour 10.000 logements sociaux accompagnés
Elaboration d'un cadastre d'émissions de polluants primaires dans la région Nord-Pas-de-Calais. Les transports automobiles
L’intercommunalité chef de file des stratégies foncières
Pont Mathilde à Rouen : les transporteurs font leurs comptes
Adaptation des logements au vieillissement: : soyons plus ambitieux dit le Cese
Urbanisme : la loi Alur est publiée
Les sept clichés les plus tenaces sur le vélo
L’auteur de ce blog publie ce jeudi 27 mars un nouveau livre, Le pouvoir de la pédale – Comment le vélo transforme nos sociétés cabossées, aux éditions Rue de l’Échiquier. L’ouvrage doit beaucoup au blog et à ses lecteurs. Juste retour des choses, voici ci-dessous, en avant-première, un extrait – adapté au format du blog – de Le pouvoir de la pédale.
Caricatures à usages multiples. Moyen de transport du pauvre, loisir du dimanche, talisman écologique ou portefaix du "bobo" : il est commun, et sans doute rassurant, de réduire le vélo à une caricature. La plupart de ces clichés, qui s’appuient sur quelques éléments tangibles, réussissent à concentrer en un seul objet de nombreux fantasmes: le vélo est à la fois un outil transparent mais qui suscite des comportements sournois, une source de détente et un facteur de tensions. Le cycliste est considéré alternativement comme lent et rapide, riche et pauvre, individualiste mais de gauche, profondément égoïste et naturellement altruiste, humble et arrogant.
Le vélo brise les idées reçues, casse les codes, appelle des raisonnements contre-intuitifs, souligne les contrastes. On l’aime ou on ne l’aime pas. Voire, c’est fréquent, on l’aime à certains moments, dans certains lieux, mais pas ailleurs. Ces clichés prêteraient à sourire s’ils ne servaient pas, trop souvent, de prétexte pour refuser de développer des politiques cyclables.
C’est le cliché le plus ancien. Dans les années 1950 et 1960, seul le plus riche, ou le plus frimeur, se permettait d’acquérir une "conduite intérieure". Le pauvre se contentait de rêver, chaque année, devant les modèles rutilants exposés au salon de l’auto, avant de repartir tristement sur sa vieille bécane. Cette image de "véhicule du pauvre" persiste aujourd’hui. À la campagne, ou dans les petites villes, la bicyclette est incarnée par ce vieux monsieur, mal fagoté, qui peine à petite vitesse sous un soleil de plomb ou protégé du déluge par une casquette élimée. Il fait pitié. En le dépassant, bien abrité par sa carrosserie, on aurait envie de lui lâcher : "Mon brave, laissez donc votre malheureux biclou dans le fossé ; on vous emmène."
Cette représentation, plus partagée qu’on ne le croit, pèse sur les infrastructures. Telle communauté de communes rechigne à voter des crédits substantiels, tel maire boude l’inauguration du parking à vélos et délègue un adjoint. Même en période de vaches maigres, "il faut peser un certain budget pour être pris au sérieux dans les couloirs d’un ministère", affirmait, en juin 2013, Pierre Toulouse, membre de l’équipe chargée d’élaborer un "plan vélo" au ministère des Transports. Le constat vaut dans les mairies. "Ce n’est pas un gros budget", lâche l’adjoint aux finances avec un rictus de mépris.
On pédale pour se défouler, gagner des critériums, battre ses copains sur les routes détrempées le dimanche matin, avant de brandir une coupe en métal sponsorisée par l’hypermarché du coin. Cette pratique, surtout masculine, est très répandue en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie ou en France. La compétition séduit tant de jeunes amateurs que certains, passionnés, s’engagent comme professionnels. Le mot "cyclisme", dans les médias, demeure associé à "performance", "critérium", "effort" et, depuis la fin du 20ème siècle, "dopage". Très populaire depuis les années 1980, le vélo tout terrain (VTT) convoque lui aussi le dépassement de soi, mais cette fois en montagne ou sur un terrain vallonné. L’émergence des cross-country, trials et autres enduros a permis la diffusion du vélo auprès de jeunes sportifs jusque-là réfractaires. Les compétitions de "dirt", consistant à effectuer des figures acrobatiques sur un bicyle motocross, ou BMX, impressionnent les foules.
Mais, réduit à cette image sportive, le vélo apparaît comme un objet étrange, inaccessible, difficile à manier. Pédaler, même en ville, serait réservé aux gars musclés qui aiment aller vite, se déguiser en coureur, transpirer et rouler "en danseuse" en fournissant un effort intense. Aperçu dans les lacets des cols alpins, sous le soleil impitoyable, le vélo est associé à la souffrance. Dans les rues de Paris, avant les années 2000, les rares cyclistes qui s’aventuraient dans la jungle urbaine entendaient parfois cette injonction, lancée par un quidam : "Baisse la tête, t’auras l’air d’un coureur !" C’est aussi le vélo-sport que Louis Nègre, maire (UMP) de Cagnes-sur-Mer, incrimine, en septembre 2012, lorsqu’il annonce une limitation inédite de la vitesse à 10 km/h sur la piste cyclable qui longe la Méditerranée : "Je ne voudrais pas qu’un cycliste, en tenue et en casque, égoïste et irresponsable, percute un enfant", se justifie alors l’élu.
3/ UN PASSE-TEMPS, TOUT AU PLUS
La scène se passe à Marseille, à proximité du parc Borély, le grand espace vert des quartiers sud. "Mais que faites-vous là ? Vous ne pouvez pas rester dans le parc pour faire du vélo !", lance cette femme, assise dans sa voiture, à une cycliste. "Faire du vélo", comme on fait un footing, de la salsa ou de l’italien. Une activité, sans doute respectable et distrayante, mais en aucun cas un moyen de transport. Un peu comme si une langue vivante, outil de communication, était reléguée au rang de passe-temps. Dans un clip destiné à promouvoir ses "services à la mobilité", le constructeur Peugeot met en scène une femme qui pousse un vélo dans la rue, un casque sur la tête, puis un homme qui fixe sa bicyclette à une barre, sur le toit de sa voiture. Le message est clair : Peugeot tolère le cycliste qui s’adonne au plaisir de la balade. Quand il aura fini de jouer, il descendra de selle et retrouvera sa berline.
L’image du vélo-loisir, sympathique et conviviale, rassure. La bicyclette s’épanouit à la campagne, loin du travail, des déplacements quotidiens. Elle est associée à la balade, aux vacances, aux journées de soleil, à la Paulette d’Yves Montand. C’est une occupation saine qui génère des recettes touristiques et ne menace pas l’ordre établi.
On ne peut pas imaginer tout le mal que l’écologie a fait au vélo… Depuis que René Dumont, candidat écologiste à la présidentielle en 1974, est arrivé en selle sur un plateau de télévision pour présenter son programme, on réduit la bicyclette au message écologique qu’elle est censée porter. Tel consultant, proclamé spécialiste en "développement durable", explique ses nouvelles trouvailles face à une caméra ; derrière lui, bien visible, on aperçoit un guidon. Un congrès de professionnels est consacré à ce même "développement durable". Un praticien se dévoue pour se montrer sur scène, juché sur un vélo. Une entreprise veut prouver ses "bonnes pratiques" : elle place un pictogramme représentant deux roues, un guidon et un pédalier sur la page d’ouverture de son site Internet. À l’automne 2013, sur des autocollants diffusés par le Front de Gauche, des personnages d’âge divers, assis sur un tandem à cinq places et brandissant un drapeau rouge, invitent à lutter contre la réforme des retraites. Une bicyclette en bandoulière, on se préoccupe de la planète, on se montre solidaire, on est quelqu’un de bien. Le vélo est un talisman que l’on exhibe, voire un crucifix éloignant le diable maléfique. Et voilà notre pauvre vélo, qui n’en demandait pas tant, transformé en talisman écolo, trônant en bonne place entre l’éolienne, la yourte et la couche lavable ; la version mobile de la bougie à laquelle voudraient revenir "ces abrutis d’écologistes décroissants".
Reste que l’argument environnemental, surtout s’il est cosmétique, se retourne comme un gant. Parfois, il se trouve quelqu’un qui lâche "l’écologie, ça commence à bien faire", comme s’y était risqué, en 2010, Nicolas Sarkozy, alors président de la République. C’est muni de ce solide argument que le mouvement breton des "bonnets rouges" a combattu la taxe sur les poids lourds, dite "écotaxe", à l’automne 2013.
Le vélo serait l’outil des privilégiés, ceux qui ne connaissent pas la vraie vie, qui ne mettent jamais les mains dans le cambouis, au contraire du peuple qui souffre et sait cultiver la joie simple d’une route nationale avalée à 115 km/h. Cette opposition entre cyclistes privilégiés et automobilistes victimes est devenue un lieu commun. En Pologne, un élu d’un petit parti de droite qualifie ainsi les cyclistes de "jeune aristocratie". Quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle de 2012, alors que ses rivaux organisent des meetings place de la Concorde et au bois de Vincennes, la candidate Marine Le Pen fustige "les bobos venus après le brunch au spectacle de la Concorde, avant de filer en Vélib’ à Vincennes voir si François a une cravate plus cool que Nicolas. À moins que la séance de yoga ne les oblige à renoncer à ces festivités". Lorsque Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, s’était prononcé, avant de changer d’avis, contre l’abaissement de la vitesse autorisée sur le périphérique parisien, il prenait la défense des banlieusards contraints de modérer leur vitesse afin que les riches Parisiens puissent profiter de l’air pur sur leur bicyclette.
Le bobo, au fond, c’est celui qui a plus d’argent, plus de facilités, qui parle comme un livre ou s’exprime par écrit, celui que l’on jalouse un peu. Le bobo se soucie davantage de son corps que de son héritage, préfère les légumes de saison à la friture, boit de l’eau gazeuse et non des sodas, privilégie l’être à l’avoir. Le bobo, c’est tout cela à la fois et aussi son contraire, mais au fond peu importe. Invoquer le bobo, c’est demander un peu de respect. Chacun étant bien entendu le bobo de quelqu’un d’autre. Dans l’imaginaire collectif, le bobo cycliste habite le centre-ville, dans ces quartiers autrefois populaires où l’on trouve désormais des magasins de décoration, des écoles privées et où les gargotes d’antan se sont transformées en restaurants trop chers et pas bons. Dans ces quartiers, point de culture automobile: lorsqu’un quidam assure qu’il va devoir "changer de plaquettes la semaine prochaine", on l’imagine atteint d’une grave maladie du sang.
À Soissons (Aisne), 30 000 habitants, les administrateurs d’une pépinière d’entreprise discutent des aménagements de leurs futurs locaux. Lorsqu’un participant propose d’installer un parking réservé aux cyclistes, l’assistance éclate de rire. Lorsque Delphine Batho, alors ministre de l’Écologie, prépare, en mai 2013, des mesures visant à encourager les salariés à se rendre au travail à vélo, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, secrétaire général de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), lâche au Figaro : "Nous avons cru à un gag. Nous avons actuellement d’autres préoccupations que l’usage de la bicyclette." Dominique Lebrun, coordonnateur interministériel pour le vélo, confie la perplexité qu’il provoque dans les couloirs du ministère des Transports. "Certains m’abordent, goguenards, en faisant mouliner leurs mains : “Alors, ça pédale ?”" Dans les collectivités, les chargés de mission sont souvent confrontés à des remarques similaires.
Lorsque le ridicule ne le tue plus, le vélo est un objet détesté. La scène se passe à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis). Comme presque tous les jours, un jeune père de famille remonte la rue qui mène à l’école maternelle sur son "vélo-cargo", une bicyclette dotée d’un baquet à l’avant. Ses deux enfants sont assis dedans. Derrière lui, un automobiliste, seul dans son habitacle, s’impatiente, klaxonne, s’agace. "Votre véhicule est problématique", lance-t-il au cycliste.
En janvier 2013, le tribunal d’Avignon convoque trois jeunes gens désœuvrés, prénommés Vincent, Thomas et Michaël, auteurs d’une mémorable virée motorisée, en juin 2012. Les trois gaillards, après un barbecue et un après-midi passé dans leur canapé devant le grand prix de Formule 1, avaient sillonné la campagne vauclusienne en voiture, à la recherche de cyclistes qu’ils visaient d’un pistolet tirant des billes en plastique. "Le scénario se répète à Vaison-la-Romaine ou Saint-Saturnin-lès- Avignon : à la vue de cyclistes, Michaël ralentit, ses copains sortent les armes et tirent. Puis ils partent en riant", rapporte le journal régional. Interrogés par la police, les trois copains déclarent "ne pas aimer les cyclistes car ils roulent de front et gênent les voitures".
Ce genre de confrontation brutale est presque toujours un débat "entre hommes", une explication "franche", un choc viril mais (pas toujours) correct. Les femmes n’y ont pas leur place. En selle, elles subissent parfois des sifflements, moqueries et propos salaces. Certains extrémistes, inspirés par des idéologies religieuses, dénient même aux femmes le droit de monter sur un vélo. Au début du 20ème siècle, en Europe, au moment où la bourgeoisie découvre ce moyen de transport, quelques esprits retors jalousent la liberté qu’il confère aux femmes. Elles y trouveraient un plaisir licencieux, imaginent même les plus tordus. Le vélo serait-il un instrument de liberté, y compris sexuelle ? En tous cas, la bicyclette dérange les religions. En 2009, la ville de New York a dû renoncer à un projet de piste cyclable dans le quartier juif hassidique de Williamsburg, à Brooklyn. Les autorités religieuses s’opposaient à ce que leurs fidèles puissent, à l’occasion, croiser des personnes de sexe opposé partiellement dévêtues…
Cet humain sans protection qui se déplace relativement vite et sans carrosserie n’en finit pas d’étonner. Le cliché revient souvent, au comptoir d’un bistrot, à un pique-nique entre amis ou dans le bureau d’un aménageur ou d’un élu. Demandez à des Parisiens combien de cyclistes sont morts dans la capitale en un an. La plupart donneront un chiffre compris entre 20 et 50 ; certains répondront "100" voire "1 000". Or, la réponse est précisément la suivante : "en moyenne 3, certaines années 0, et le record, enregistré en 2009, est de 6".
Or, selon un document de la FUB, aux Pays-Bas et au Danemark, on déplore une vingtaine de tués par milliard de kilomètres parcourus, alors que ce chiffre s’élève à environ 30 en Allemagne, 80 en France ou encore plus d’une centaine aux États-Unis. Comme le résume, encore, la FUB, "plus il y a de cyclistes, moins ils ont d’accidents". Enfin, une autre étude portant sur 107 pays révèle que le nombre de personnes tuées à vélo ou à pied est inversement proportionnel à la consommation de carburant par les véhicules motorisés. Cela s’explique aisément. Les cyclistes contribuent, par leur présence même, à ralentir la circulation. Plus ils sont nombreux, plus ils amènent les automobilistes et motards à lever le pied. De plus, dans une ville cyclable, on s’habitue à la présence de cyclistes, on sait qu’il est possible d’en croiser. On les "calcule".
Post-scriptum. Le pouvoir de la pédale sera disponible en librairie à partir de ce jeudi 27 mars. L'auteur est l'invité, ce mercredi 26 mars, de l'émission Le téléphone sonne, sur France-Inter, que le thème suivant: "Comment encourager l'usage du vélo?". A l'occasion de la sortie du livre, un débat sur l'avenir du vélo en France est organisé le jeudi 27 mars à 18h45 à la Maison du vélo, place de la Bastille, à Paris. Entrée libre, inscription auprès de Rue de l'Echiquier.
Et voilà, fin de l'autopromo.










